
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse lundi matin après la fin de semaine difficile essuyée par Wall Street, où les grands indices ont enfoncé des supports importants vendredi alors que l'absence de développements encourageants au Moyen-Orient dissuade toujours les investisseurs de repartir à l'achat.
Les contrats à terme sur indices suggèrent pour l'instant un recul de 0,4% pour le DAX à Francfort, de 0,2% pour le FTSE 100 à Londres et de 0,4% pour l'Euro STOXX 50. Quant au CAC 40 à Paris, il devrait céder autour de 0,3% selon les premières indications disponibles.
Les marchés d'actions américains viennent d'essuyer cinq semaines consécutives de baisse, ce qui ne leur était plus arrivé depuis le printemps 2022, date à laquelle la tendance avait été plombée par l'envolée de l'inflation et les craintes de hausses de taux agressives de la part de la Fed.
Sur l'ensemble de la semaine, le Nasdaq a reculé de 3,2%, entrant désormais en phase de correction, l'indice à forte pondération technologique évoluant désormais plus de 10 % en dessous de son niveau record atteint environ cinq mois auparavant.
Si le Dow Jones a limité ses pertes hebdomadaires à 0,9%, le S&P 500 a suivi le même mouvement pour lui aussi se rapprocher du seuil de correction de 10% en terminant la semaine à 8,7% de son plus haut historique inscrit fin janvier.
Les contrats à terme sur indices préfigurent pour l'instant une ouverture pratiquement inchangée à New York.
Si le marché parisien a réussi vendredi à éviter une quatrième semaine dans le rouge, le CAC accuse une baisse de plus de 10% sur le mois écoulé. Il évolue désormais à ses plus bas niveaux depuis septembre dernier.
Le STOXX 600 a quant à lui cédé plus de 9% sur les quatre dernières semaines et revient à des planchers depuis le début du mois de décembre.
Une fébrilité nourrie par l'incertitude
"Les marchés sont toujours fébriles, conséquence de l'incertitude géopolitique, des anticipations de hausses importantes des taux directeurs par les banques centrales et de la remontée des taux longs, parfois à des niveaux inquiétants comme au Japon", commente ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
"A court terme, seule une bonne nouvelle sur le front de la guerre en Iran pourrait changer la donne", estime l'analyste.
Les derniers développements au Proche-Orient ne semblent pas aller dans ce sens.
Dans un entretien accordé au Financial Times, le président américain a affirmé lundi vouloir "prendre le pétrole iranien", allant jusqu'à envisager la prise de l'île de Kharg, principal terminal d'exportation du pays.
Les investisseurs semblent avoir désormais renoncé à voir émerger une fin prochaine au conflit en l'absence de résultats concrets sur le front diplomatique.
Un gros problème demeure: en l'absence de visibilité sur une prochaine sortie de crise, la résurgence des anticipations d'inflation due à l'envolée des prix du pétrole continue de peser lourdement sur le moral des intervenants.
Sur le marché de l'énergie, les craintes de voir la guerre contre l'Iran réduire durablement l'offre mondiale continuent de l'emporter, ce qui conduit le brent à reprendre sa trajectoire haussière pour dépasser le seuil des 115 dollars le baril ce matin.
Avec un gain de 1,2%, le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) se hisse de son côté au-dessus du cap des 100 dollars, au plus haut depuis l'été 2022.
"Même les fonds spéculatifs, qui ont souvent une stratégie contrariante, réduisent leur exposition aux actifs risqués et préfèrent suivre le reste du marché en se positionnant sur les matières premières (énergie, produits agricoles) et les options de vente hors de la monnaie pour gérer le risque", explique Christopher Dembik, chez Pictet.
Prudence de mise avant l'inflation européenne et l'emploi américain
La prudence pourrait aussi peser sur la tendance avant une semaine qui s'annonce chargée sur le front des indicateurs économiques.
Les jours qui viennent seront en effet animés par les données préliminaires de l'inflation de mars dans la zone euro, l'enquête ADP sur l'emploi privé ou encore l'indice ISM manufacturier aux Etats-Unis.
Les statistiques mensuelles sur l'emploi américain tomberont vendredi, alors que les Bourses européennes et Wall Street seront fermées pour le Vendredi Saint.
Côté devises, l'euro reste pénalisé par les craintes suscitées par l'impact de la guerre au Proche-Orient, même si ses fluctuations sont moins marquées que lors des semaines précédentes. La monnaie unique se stabilise ce matin autour de 1,1515 face au dollar, toujours à des planchers depuis la fin 2025.
Le yen et le franc suisse, qui profitent depuis un mois de leur statut de valeur refuge, restent fermes.
L'or s'inscrit en légère hausse de 0,8% à 4 561,1 dollars l'once sur le marché future mais reste encore très loin de son niveau d'avant l'offensive israélo-américaine contre l'Iran en accusant une baisse de près de 13% sur le mois écoulé.
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