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Actualité publiée le 08/09/26 07:31

Mistral lève 3 milliards d'euros avec Samsung et atteint 21 milliards de valorisation

(ABC Bourse) - Mistral vient de signer un tour de table hors norme pour la tech européenne. Derrière les 3 milliards d'euros apportés par ses investisseurs se joue désormais une autre bataille : celle des modèles, des data centers et de la puissance de calcul nécessaire pour rester dans la course mondiale à l'IA.

Mistral vient de changer brutalement de catégorie. La start-up française d'intelligence artificielle a annoncé ce mardi 8 septembre 2026 une levée de fonds de 3 milliards d'euros en série D, menée par Samsung avec le Scaleup Europe Fund géré par EQT et PSG Equity. Une opération qui porte sa valorisation à 21 milliards d'euros, soit 24,7 milliards de dollars.

Trois ans et demi après sa création par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, Mistral devient l'entreprise d'IA la mieux valorisée d'Europe. L'argent doit lui permettre d'accélérer dans la recherche, l'entraînement de ses modèles et surtout ses capacités de calcul, alors que la société française tente de construire une alternative européenne aux géants américains.

Mistral lève 3 milliards d'euros et atteint 21 milliards de valorisation

Le montant donne immédiatement la mesure de l'opération. Mistral présente ces 3 milliards d'euros comme "la levée la plus importante jamais réalisée dans le secteur des technologies en Europe". Samsung mène le tour de table aux côtés du Scaleup Europe Fund, géré par EQT, et de PSG Equity, déjà entré au capital lors de la précédente levée de septembre 2025.

Pour Mistral, cette manne doit d'abord servir à poursuivre le développement technologique de l'entreprise. Arthur Mensch détaille précisément les priorités : "L'objet de cette levée est d'accélérer sur la recherche et le passage à l'échelle de l'entraînement des modèles. Grâce à ce financement, nous sommes aussi capables d'accroître les capacités de calcul, et continuer la construction de notre infrastructure de calcul en Europe pour pouvoir héberger nos modèles et le cloud d'IA que l'on développe".

Cette puissance financière arrive à un moment où la concurrence ne laisse guère de répit. Mistral s'était fait une place parmi les développeurs de grands modèles de langage dès ses débuts, mais ses modèles ne figurent plus parmi les plus avancés du marché. Depuis cet été, l'entreprise distribue aussi GLM-3.5 de Z.ai, tandis que les modèles open weight chinois ont fortement progressé.

La société française cherche donc d'autres terrains pour grandir. Elle déploie désormais des solutions d'IA auprès de grands groupes comme CMA CGM, Airbus ou ASML. Le groupe néerlandais avait lui-même investi 1,3 milliard de dollars lors de la précédente levée de fonds.

Samsung accompagne le virage de Mistral vers les data centers

L'arrivée de Samsung à cette échelle n'est pas totalement une surprise. Le groupe sud-coréen avait déjà investi dans Mistral lors de sa série B. Cette fois, le fabricant d'électronique et de semi-conducteurs prend une participation significative dans l'entreprise française.

Mistral ne veut plus dépendre uniquement de ses modèles. La start-up s'est lancée dans ses propres capacités de calcul et exploite des data centers en France et en Suède. Son objectif est particulièrement imposant : atteindre un gigawatt de puissance déployée d'ici à 2030, soit l'équivalent de la puissance d'un réacteur nucléaire.

Cette infrastructure devient elle-même une activité commerciale. Microsoft a signé au début de l'été un contrat de plusieurs milliards de dollars pour accéder à la puissance de calcul de Mistral en Europe. La société dispose désormais de ses modèles, de ses applications, de sa plateforme et de data centers équipés de puces Nvidia.

Ce développement intervient alors que Mistral continue de placer la souveraineté au centre de son positionnement, dans une période où "les entreprises et les gouvernements évaluent les dépendances technologiques à long terme, les exigences en matière de gouvernance des données et les choix de déploiement inhérents à tout investissement dans l'IA."

La société reste dirigée et contrôlée par ses fondateurs français et son capital demeure majoritairement européen, selon Arthur Mensch. Pour le dirigeant de 33 ans, cette structure "reflète notre pénétration dans les différents marchés du monde, à la fois en Europe, aux Etats-Unis et en Asie".

Les dimensions de Mistral ont déjà peu à voir avec celles de ses débuts. L'entreprise compte désormais plus de 1.000 salariés répartis dans quatre bureaux et vise un milliard d'euros de revenus annuels récurrents d'ici à la fin de l'année. Ses activités s'étendent de l'Europe aux Etats-Unis, à l'Asie et au Moyen-Orient, avec des grands comptes qui recherchent des solutions d'IA pouvant être déployées dans un cadre souverain.

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