source IG Markets / LSEGToutes les interventions du président de la Réserve Fédérale sont surveillées mais celle-ci revêt un caractère particulier. Elle intervient quelques semaines après l’investiture de Donald Trump et dans un contexte où la Fed a fait une pause sur les baisses de taux en raison de l’absence de nouveaux progrès sur le front de l’inflation.
Lors de sa dernière conférence de presse post réunion de la Fed il y a quelques jours, Jerome Powell a indiqué qu’il n’avait pas encore eu de contact avec le nouveau président. Donald Trump avait, dans un premier temps, commencé à mettre la pression en duplex à Davos : « Avec les prix du pétrole qui vont baisser, j'exige que les taux d'intérêt baissent immédiatement et, de la même manière, ils devraient baisser partout dans le monde ». Le coup de pression s’était poursuivi juste après la réunion de la Fed où Donald Trump avait accusé Powell et la Fed de ne pas avoir « réussi à arrêter le problème qu’ils ont créé avec l’inflation ».
Mais certains députés républicains pourraient être tentés de remettre la pression sur Jerome Powell sur ces deux jours d’audition, alors que la confiance des consommateurs américains se replie depuis deux mois, d’après l’indice publié par l’Université du Michigan, et que les anticipations d’inflation des consommateurs se sont sensiblement redressées sur la même période.
L’inflation PCE, mesure d’inflation préférée de la Fed, celle qu’elle utilise dans ses projections trimestrielles, est encore ressortie à 2.8% il y a quelques jours, marquant un sixième mois consécutif sans nouveau progrès vers l’objectif de 2% de la Fed. Elle a même un peu rebondi sur cette période de deux trimestres, passant de 2.6% à 2.8%. Même si nous sommes loin du pic de 2022 à 5.6%, cette absence de progrès a bien évidemment été remarquée par la Fed, ce qui a justifié le changement de discours de Jerome Powell en décembre mais également en janvier.
Et dans le contexte de forte incertitude commerciale, Jerome Powell ne devrait pas changer son fusil d’épaule devant les sénateurs, il plaidera probablement la patience avant de nouvelles baisses de taux, attendant d’y voir plus clair concernant les effets sur les prix et l’emploi des nouvelles politiques mises en place par l’administration Trump.

Alexandre Baradez