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Arcelor Mittal

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Actualité publiée le 28/11/25 12:16

Le gouvernement rejette la nationalisation d'ArcelorMittal malgré un vote symbolique

(ABC Bourse) - Alors que les députés ont voté pour une nationalisation d’ArcelorMittal France, l’exécutif s’y oppose frontalement. Entre bras de fer politique et enjeux économiques, l’avenir de la sidérurgie se joue ailleurs.

Jeudi soir, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi portée par LFI visant à nationaliser ArcelorMittal France. Une décision saluée par les syndicats, mais immédiatement rejetée par le gouvernement, qui dénonce une illusion politique coûteuse. L’aciériste, de son côté, juge le projet inefficace face aux défis industriels réels.

Cette loi symbolique intervient dans un contexte de tension sociale accrue. ArcelorMittal a annoncé en avril une réorganisation entraînant la suppression de 260 postes. Une annonce qui a ravivé la colère des salariés et mobilisé la CGT. "C'est un vote historique, c'est une victoire qui a été arrachée grâce à la mobilisation des travailleurs et des travailleuses et de toute la CGT", s’est félicitée Sophie Binet, secrétaire générale du syndicat, appelant le gouvernement à "respecter le vote qu'il y a eu au Parlement".

Le gouvernement ferme face à une initiative jugée "populiste"

Si le texte a reçu le soutien de la gauche, les macronistes ont voté contre et le Rassemblement national s’est abstenu. Son avenir législatif reste incertain, notamment au Sénat, dominé par la droite. Roland Lescure, ministre de l’Économie, n’a pas mâché ses mots au lendemain du vote. Il a dénoncé "une réponse populiste à un problème structurel", ajoutant que "la France a besoin d'un cap industriel clair, pas d'une prétendue formule magique que serait la nationalisation".

Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, partage cet avis et alerte sur une autre priorité : "Le véritable enjeu, ce n'est pas de nationaliser Arcelor, c'est de se battre contre les importations massives d'acier chinois, c'est un débat au niveau européen".

Le gouvernement s’oppose fermement à ce projet qu’il chiffre à trois milliards d’euros. Pour Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, "ce vote crée l'illusion d'une protection, mais il ne résout ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pèsent sur la filière". Selon lui, "l'avenir de la sidérurgie française ne se joue pas dans les postures. Il se joue dans des décisions courageuses : protéger l'acier européen à Bruxelles, investir, alléger les impôts de production, sécuriser les sites, lutter contre la concurrence déloyale".

ArcelorMittal défend sa stratégie et renvoie vers l’Europe

Face à cette pression politique, le groupe sidérurgique reste inflexible. Dans un communiqué transmis vendredi, il assure qu’une nationalisation "ne permettrait en aucun cas de résoudre les problèmes rencontrés par l'industrie de l'acier en France et en Europe". Il souligne au contraire que "les leviers sont européens".

La Commission européenne a d’ailleurs présenté un plan visant à réduire les quotas d’importation d’acier étranger et à doubler les droits de douane au-delà de ces seuils (50 % contre 25 % actuellement). Une mesure jugée essentielle par le groupe : "Le marché européen de l'acier est inondé d'importations massives à bas prix, qui ont un effet dévastateur pour les producteurs européens. L'Europe doit défendre son marché de l'acier et appliquer au plus vite les mesures de défense commerciale annoncées en octobre, ainsi qu'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières efficace".

En interne, la direction d’ArcelorMittal doit aussi faire face à un rapport critique du cabinet Secafi, mandaté par le CSEC. Le document pointe un "choix stratégique assumé de privilégier la distribution aux actionnaires, au détriment de l'anticipation". Une analyse contestée par la direction, mais qui alimente la colère syndicale.

Le groupe emploie plus de 7 000 salariés dans le nord de la France, répartis sur sept sites industriels. Pour les Insoumis, seule la nationalisation peut garantir la pérennité des emplois et la relance écologique de la filière. Mais en l’état, l’initiative parlementaire semble condamnée à rester un coup d’éclat politique sans lendemain.

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