Les investisseurs sanctionnent L’Oréal en Bourse après des ventes trimestrielles en deçà des attentes, en particulier en Asie. Le titre lâche plus de 6 % dès l’ouverture.

Le réveil est rude pour L’Oréal. À la Bourse de Paris, l’action du géant des cosmétiques a chuté de 6,4 % vendredi matin, à 366,6 euros, alors que le CAC 40 ne reculait que de 0,35 %. En cause : des ventes trimestrielles décevantes publiées la veille, qui n’ont pas convaincu les marchés.
Au quatrième trimestre 2025, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 11,25 milliards d’euros, en progression organique de 6 %, là où les analystes espéraient une hausse de 6,3 %, selon un consensus Visible Alpha. Une différence minime mais symbolique sur un groupe aussi valorisé que L’Oréal.
L’Asie du Nord freine, la Chine déçoit encore
C’est surtout en Asie du Nord que les chiffres ont inquiété. La région n’a enregistré qu’une croissance de 0,6 %, loin des 5,6 % attendus par les analystes. Le groupe reconnaît un contexte tendu et note que "hors Travel Retail" l'écosystème restait "difficile", même si le marché chinois "se stabilisait progressivement".
Les craintes des analystes portent désormais sur la capacité du groupe à maintenir un rythme de croissance suffisant face à une valorisation toujours élevée. Dans une note diffusée jeudi soir, Jefferies soulignait : "Le ralentissement du [taux de croissance annuel composé] sur deux ans à 4,0% au second semestre, contre 5,1% au premier semestre, va accélérer les inquiétudes quant au fait que le taux de croissance (et la surperformance du marché) est insuffisant pour justifier la valorisation".
Les analystes redoutent une sous-performance du titre
L’avertissement est clair : pour Jefferies, le marché pourrait bien se détourner du titre à court terme. Les analystes estiment que "Nous pensons que l'action pourrait nettement sous-performer ses pairs vendredi", un avis que la réaction immédiate du marché semble valider.
Alors que les performances du groupe restent globalement solides, la moindre déception sur une région stratégique comme l’Asie du Nord suffit à éroder la confiance. Le prochain trimestre s’annonce donc comme un test de crédibilité pour L’Oréal, aussi bien auprès des investisseurs que du grand public.
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