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Actualité publiée le 19/03/26 15:43

La BCE temporise mais prévoit une inflation plus forte et une croissance qui se tasse

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(Actualisation: décision prise à l'unanimité, commentaire de la présidente de la BCE)

(Agefi-Dow Jones)--La Banque centrale européenne (BCE) a une nouvelle fois laissé ses taux directeurs inchangés jeudi, comme attendu par les observateurs, et a révisé à la hausse ses prévisions d'inflation ainsi qu'à la baisse ses anticipations de croissance.

Le taux de rémunération des dépôts, le principal taux directeur de l'institution, est ainsi maintenu à 2%. Le taux des opérations principales de refinancement est toujours fixé à 2,15% et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40%. Cette décision a été prise à l'unanimité des membres du conseil des gouverneurs de la BCE.

"La guerre au Moyen-Orient a considérablement accentué l'incertitude entourant les perspectives, créant des risques à la hausse pour l'inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique. Elle aura une incidence significative sur l'inflation à court terme via le renchérissement de l'énergie. Ses implications à moyen terme dépendront de l'intensité et de la durée du conflit ainsi que de la manière dont les prix de l'énergie affectent les prix à la consommation et l'économie", a souligné la BCE dans son communiqué.

"Le Conseil des gouverneurs est en bonne position pour faire face à cette incertitude", assure la BCE. "Nous partons d'une bonne base. Je ne dis pas que nous sommes dans une bonne situation. Mais nous sommes bien positionnés", a appuyé la présidente de la BCE Christine Lagarde au cours d'une conférence de presse.

L'inflation dans la zone euro est toujours sous l'objectif de 2% à moyen terme de la BCE mais elle est légèrement remontée en février. L'indice des prix à la consommation harmonisé (ICPH) ressort ainsi à 1,9% sur un an en février au sein de l'union monétaire, après 1,7% sur un an en janvier, selon des données définitives publiées mercredi par l'agence européenne de la statistique Eurostat.

L'inflation dans la zone euro fluctuait entre 2% et 2,2% entre août et décembre.

+ Des cours du pétrole qui flambent +

La guerre des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, déclenchée le 28 février dernier, est néanmoins en train de rebattre les cartes en matière d'inflation, alors que les cours du pétrole ont explosé depuis. Le baril de brent se négociait autour de 73 dollars avant le conflit. Il tutoie désormais les 115 dollars. Le contrat sur le Brent pour livraison en mai bondissait de 6% ce jeudi vers 14h35, à 113,86 dollars le baril. Cela représente une progression de près de 56% depuis le début du conflit.

L'escalade des attaques contre les infrastructures pétrolières et gazières du golfe Persique a fait entrer la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l'Iran dans une nouvelle phase dangereuse qui menace d'aggraver la crise énergétique mondiale. Mercredi, l'Iran a frappé des sites gaziers dans les pays du Golfe, provoquant des dommages "considérables" sur le complexe de gaz naturel liquéfié (GNL) de Ras Laffan au Qatar, selon RFI. Ras Laffan représente 20% de l'offre mondiale de GNL, selon le broker spécialisé dans le pétrole PVM. Téhéran a dit réagir à l'attaque contre son site gazier offshore de South Pars.

Du fait de ce contexte, la BCE a intégré exceptionnellement des informations allant jusqu'au 11 mars, "une date d'arrêté plus tardive que d'ordinaire", pour ses nouvelles projections économiques. L'institution monétaire vise désormais 2,6% d'inflation totale en 2026 puis 2% en 2027 et 2,1% en 2028. Lors de ses dernières estimations en décembre dernier, la BCE visait une inflation totale de 1,9% en 2026, 1,8% en 2027 et 2% en 2028.

Dans ses nouvelles projections, la BCE a également révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro dans son scénario de référence à 0,9% en 2026, 1,3% en 2027 et 1,4% en 2028. Jusque là, la Banque centrale européenne anticipait une croissance de 1,2% en 2026, 1,4% en 2027 et en 2028.

"Une perturbation prolongée de l'approvisionnement en pétrole et en gaz se traduirait par une inflation supérieure, et une croissance inférieure, aux projections de référence", a d'ailleurs prévenu la BCE dans un communiqué. "Les implications pour l'inflation à moyen terme dépendent de manière cruciale de l'ampleur des effets indirects et de second tour d'un choc énergétique plus important et plus persistant", précise encore l'institution monétaire.

+ Des banques centrales attentistes +

La BCE avait déjà opté pour le statu quo lors de ses cinq dernières réunions. La dernière réduction des taux de l'institution monétaire remonte à juin dernier. Il s'agissait alors de la huitième en un an. De juin 2024 à juin 2025, la BCE avait ainsi divisé par deux son taux de rémunération des dépôts.

Mercredi soir, la Réserve fédérale (Fed) américaine a maintenu son taux directeur dans une fourchette de 3,5% à 3,75% et s'est montrée peu pressée d'assouplir encore sa politique monétaire, compte tenu du risque inflationniste engendré par la flambée des cours du pétrole.

La Banque du Japon, la Banque nationale suisse, la banque centrale suédoise (Riksbank) et la Banque d'Angleterre ont elles aussi opté pour le statu quo monétaire jeudi.

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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