
La Bourse de New York a aligné une nouvelle séance de repli, jeudi, alors que les investisseurs se montrent de plus en plus préoccupés par les niveaux élevés du pétrole, qui s'installe désormais au-dessus des 100 dollars le baril en raison de l'extension du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
L'indice Dow Jones a reculé pour la quatrième séance consécutive, en perdant 0,6%, à 52.064 points, tandis que le S&P 500 a cédé 0,6%, à 7.591,70 points. Pour sa part, l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a abandonné 0,7%, à 26.081,72 points.
Les cours du brut ont poursuivi leur ascension alors que les inquiétudes pour l'approvisionnement mondial sont alimentées par l'escalade militaire dans le golfe Persique, qui entrave de nouveau l'essentiel de la circulation maritime dans la région productrice de pétrole. Le président américain, Donald Trump, a assuré lors d'un échange avec la presse mercredi soir que la guerre avec l'Iran "s'arrêter[ait] immédiatement après les élections de mi-mandat", qui doivent avoir lieu au début novembre. Cependant, de hauts conseillers de la Maison-Blanche ont évoqué en privé avec Donald Trump la possibilité que la guerre en Iran se prolonge jusqu'à la fin de son mandat, selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal.
"L'Iran a déclaré être prêt à une intensification de la guerre et le président Donald Trump a affirmé que le conflit durerait jusqu'aux élections de mi-mandat, ce qui confirme désormais que le marché intègre des tensions accrues sur l'offre pour quelque temps encore", a indiqué dans une note Dennis Kissler de BOK Financial.
Sur le marché pétrolier, le baril de brut léger américain (WTI) a dépassé jeudi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis juillet. Le contrat d'octobre a bondi de plus de 6,8%, à 102,62 dollars le baril, tandis que celui sur le Brent à échéance en novembre avance de plus de 6%, à 107,93 dollars le baril.
L'inflation reste au coeur des préoccupations car elle pourrait inciter la Réserve fédérale (Fed) à maintenir une politique de taux élevés plus longtemps que prévu pour contenir la hausse des prix et avoir également un effet sur la demande des ménages et des entreprises.
Jeudi, le département du Travail a fait état d'une accélération de la hausse des prix à la production le mois dernier aux Etats-Unis, à 0,4%, après une progression de 0,1% en juillet. Sur un an, l'inflation des prix à la production atteint 5,4%, ressortant cependant conforme aux attentes. Certains chiffres de ce rapport entrent dans le calcul de l'indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE), sur lequel se base la Fed pour sa politique de taux.
Les investisseurs attendent désormais vendredi la publication de l'indice des prix à la consommation (CPI) de septembre, dernier indicateur majeur avant la réunion de la Fed la semaine prochaine.
En Europe, la Banque centrale européenne (BCE) a de son côté décidé jeudi d'augmenter d'un quart de point ses taux directeurs, évoquant "des risques orientés à la hausse pour l'inflation et à la baisse pour la croissance économique" et les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient.
Sur le marché obligataire, le taux de l'obligation du Trésor américain à 10 ans a bondi de 0,11 point de pourcentage (11 points de base), à 4,954% tandis que celui du 2 ans, plus sensible à la politique monétaire de la Fed, s'est envolé de 14 points de base, à 4,567%.
L'indice DXY, qui mesure la valeur du dollar face à un panier de devises, gagnait 0,2%, à 98,99 points.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
