
(Actualisation: commentaires d'un analyste, contexte et cours de Bourse)
L'action Rubis progresse lundi matin, alors que le groupe de distribution de produits pétroliers a annoncé un projet de transformation en société anonyme (SA) dotée d'un directoire et d'un conseil de surveillance. Le cadre légal, fiscal et social de Rubis est actuellement défini par le statut juridique des sociétés en commandite par actions (SCA).
Vers 9h10, le titre s'adjugeait 1,1%, à 35,72 euros, après cette annonce "attendue par tous les investisseurs", commente Bernstein. Son analyste Guillaume Delaby explique dans une note envoyée à ses clients que Rubis deviendrait une société "classique", en ce sens qu'elle pourrait être plus facilement rachetée par un tiers. La valeur "acquiert désormais un nouvel attrait spéculatif réel", poursuit-il.
"Cette évolution s'inscrit dans la continuité de l'histoire du groupe et constitue une nouvelle étape dans le processus de succession et de transition managériale engagé par les deux fondateurs", a pour sa part justifié Rubis dans un communiqué.
"Après un examen approfondi de cette proposition, le conseil de surveillance a considéré que celle-ci était conforme à l'intérêt social de Rubis et de ses actionnaires et, en conséquence, a émis un avis favorable à l'unanimité sur le projet de transformation présenté par la gérance", a ajouté l'entreprise.
+ Dilution à venir +
En passant de la forme juridique de SCA à celle de SA, Rubis espère assurer "une continuité managériale forte autour de Jean-Christian Bergeron, appelé à présider le directoire, afin de poursuivre le développement de la société "en tant qu'acteur de référence dans les solutions énergétiques et de mobilité".
Par cette démarche, Rubis compte aussi stabiliser son actionnariat et renforcer son statut boursier "grâce à une structure juridique simplifiée, améliorant la lisibilité du groupe ainsi que son attractivité auprès d'un univers d'investisseurs large".
Jusqu'à présent, Rubis était en effet contrôlé par les associés commandités, représentés par Jacques Riou et Gilles Gobin, les deux fondateurs, ainsi que la fille de ce dernier, Clarisse Gobin-Swiecznik, qui détenaient moins de 3% du capital.
En échange de l'abandon de leurs droits spéciaux, ces associés commandités récupéreront 11% du capital de l'entreprise via l'émission de 12,7 millions de nouvelles actions. "Cette compensation s'inscrit dans la fourchette retenue dans le rapport établi par le cabinet Ledouble, expert indépendant mandaté par le conseil de surveillance", a souligné Rubis.
+ Une assemblée générale début décembre +
Le conseil de surveillance comprendrait ses 11 membres actuels et serait élargi pour accueillir Jacques Riou et Clarisse Gobin-Swiecznik. Marc-Olivier Laurent conserverait la présidence de cet organe de gouvernance.
L'opération est soumise à l'obtention auprès de l'Autorité des marchés financiers d'une décision de non-lieu à une offre publique de retrait et à l'approbation de l'assemblée générale des actionnaires commanditaires de Rubis qui se tiendrait le 9 décembre prochain.
Cette annonce intervient après que Patrick Molis et Ronald Sämann ont démissionné en juillet et mai derniers, respectivement, de leur mandat de membre du conseil de surveillance de Rubis. Tous deux avaient mené en 2024 et 2025 une campagne pour peser sur la gouvernance du groupe, allant jusqu'à réclamer l'abandon du statut de SCA.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
