
(ABC Bourse) - Les résultats sont dans le vert, mais l'action Safran pique du nez. Vendredi 23 octobre 2026, le géant français de l'aéronautique perdait 6,82 % à la Bourse de Paris, à 282 euros vers 10h20, heure française. Une chute brutale alors que le groupe vient d'annoncer une progression de 13,4 % de son chiffre d'affaires organique au troisième trimestre.
Entre juillet et septembre, Safran a réalisé neuf milliards d'euros de ventes, légèrement au-dessus des 8,99 milliards anticipés par les analystes. Ses activités de fabrication et d'entretien de moteurs continuent de progresser. Mais à Paris, où le CAC 40 reculait de 0,59 % au même moment, le titre enregistrait la deuxième plus forte baisse de l'indice.
Pourquoi l'action Safran chute en Bourse malgré des ventes en hausse
Sur le papier, les performances trimestrielles de Safran ont pourtant de quoi rassurer. L'équipementier profite de la production de moteurs aéronautiques et des besoins d'entretien des appareils déjà en circulation. Deux activités qui soutiennent ses revenus depuis plusieurs trimestres.
Le problème se situe du côté des perspectives. Les investisseurs redoutent que la croissance des ventes de pièces de rechange ralentisse durablement, avec des effets qui pourraient se prolonger jusqu'en 2027.
Cette inquiétude trouve son origine dans les difficultés rencontrées par les compagnies aériennes. Confrontées à l'augmentation du prix du carburant, certaines réduisent leurs capacités de transport. Une évolution susceptible de peser sur la demande de pièces nécessaires à l'entretien des moteurs.
Pour Safran, cette activité représente un enjeu financier important. L'après-vente comprend la maintenance, les pièces détachées et les prestations techniques facturées aux compagnies aériennes. Elle permet au constructeur de continuer à générer des revenus longtemps après la livraison initiale d'un moteur.
Les analystes de Jefferies ont d'ailleurs constaté un ralentissement de la croissance du marché des pièces de rechange dans la propulsion, avec une évolution conforme à leurs attentes. Cette tendance nourrit les interrogations sur le rythme de progression des prochains exercices.
À plus longue échéance, les prévisions restent pourtant ambitieuses. JPMorgan estime que le chiffre d'affaires du marché des pièces de rechange pourrait être multiplié par six entre 2024 et 2040.
Safran affiche une croissance de 18,7 % dans l'après-vente de ses moteurs
Malgré les turbulences boursières, l'activité industrielle de Safran continue d'afficher une progression soutenue. Au troisième trimestre, sa division Propulsion, qui représente plus de la moitié de ses ventes, a enregistré une croissance organique de 13,2 %.
Les activités d'après-vente de cette division ont même progressé de 18,7 %. Un chiffre qui montre que l'entretien des moteurs civils continue de soutenir les résultats du groupe, malgré les interrogations sur les années à venir.
Dans son communiqué, Safran explique que sa croissance est "portée par la montée en cadence de la production et la solide dynamique de l'après-vente pour moteurs civils".
Cette activité repose en partie sur CFM International, la coentreprise créée avec l'américain GE Aerospace. Ensemble, les deux industriels développent les moteurs CFM56 et LEAP, qui équipent des avions court et moyen-courriers d'Airbus et de Boeing.
Safran intervient également dans la fabrication de moteurs d'hélicoptères, dans les équipements destinés aux lanceurs de satellites et dans les systèmes de propulsion de missiles. Une diversité d'activités qui lui permet de profiter aussi des besoins du secteur militaire.
Le directeur général Olivier Andriès insiste sur ce volet dans le communiqué du groupe : "Dans le secteur de la défense, nos activités bénéficient d'un marché porteur, et nous renforçons nos capacités de production pour préparer la croissance à venir".
La progression de la production et des services de maintenance reste donc au cœur des résultats trimestriels de Safran, tandis que les investisseurs surveillent désormais l'évolution des commandes de pièces de rechange et les capacités des compagnies aériennes à maintenir leurs dépenses d'entretien en 2027.
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