(ABC Bourse) - Schneider Electric veut muscler son activité dans les logiciels industriels avec PTC. Mais en Bourse, l’annonce passe mal : le titre décroche de plus de 8 % et plusieurs analystes s’interrogent sur le financement et le pari réalisé face aux bouleversements liés à l’IA.

Il suffit parfois d’une grosse acquisition pour refroidir brutalement les investisseurs. Schneider Electric en fait l’expérience ce 5 octobre : l’action du spécialiste de la gestion de l’énergie et de l’automatisation chute de plus de 8 % à 278,5 euros après l’annonce de l’acquisition de l’américain PTC.
Sur le papier, PTC doit permettre à Schneider Electric de renforcer son offre dans les logiciels industriels et son activité d’automatisation. Sur le marché, l’accueil se révèle beaucoup moins enthousiaste. La taille de l’opération, son financement et les incertitudes provoquées par l’intelligence artificielle dans le secteur alimentent les réserves des analystes.
Schneider Electric et PTC, une opération stratégique qui inquiète le marché
Oddo BHF résume l’ambivalence entourant l’acquisition en évoquant "un deal stratégique mais aussi opportuniste". Le courtier, qui affiche une recommandation "surperformer", avait anticipé la réaction négative du marché avant même l’ouverture.
Son analyste expliquait : "Bien sûr, le marché va certainement sanctionner le titre, le groupe se renforçant sur un segment qui interroge en ce moment (risque de disruption en lien avec l'IA) et il finance en partie cette acquisition par une augmentation de capital. Pour notre part, nous saluons l'acquisition d'un point de vue stratégique (partie manquante pour Schneider sur la partie discrete automation) et reconnaissons le sens du timing (le titre PTC est en recul de 29% depuis 1 an)".
Le recul de 29 % de PTC en un an offre donc à Schneider Electric un calendrier jugé intéressant par Oddo BHF. Mais le groupe s’expose dans le même temps à un marché où l’IA pourrait rebattre les cartes, tout en ayant recours à une augmentation de capital pour financer une partie de son acquisition.
JP Morgan, qui recommande de "surpondérer" Schneider Electric, s’attendait elle aussi à une réaction négative compte tenu de l’ampleur de l’opération. La banque voit malgré tout dans PTC un moyen de renforcer l’automatisation industrielle du groupe et de le placer au premier rang dans les logiciels de conception et de gestion du cycle de vie des produits.
Intelligence artificielle, financement, logiciels industriels, les risques qui pèsent sur Schneider Electric
Chez OxCap, avec une recommandation "pondération en ligne", la taille de l’opération, l’émission d’actions et l’endettement supplémentaire expliquent également les réserves. Le courtier décrit l’acquisition comme un pari "all-in" sur les logiciels industriels.
PTC donnerait à Schneider Electric une masse critique plus importante dans les logiciels et pourrait clarifier son positionnement entre matériel et logiciels. Une inconnue demeure pourtant au centre du dossier : la façon dont l’intelligence artificielle transformera la gestion du cycle de vie des produits, la conception assistée par ordinateur et les logiciels de fabrication numérique.
Citi, qui recommande pour sa part l’"achat", porte un regard plus favorable sur le calendrier choisi. Le courtier juge l’opération opportune après la baisse des valorisations du secteur provoquée par les craintes entourant l’IA. Il voit aussi un potentiel dans l’IA physique, avec le rapprochement des données, des modèles et du contrôle dans les applications industrielles.
PTC permettrait enfin à Schneider Electric d’étendre sa présence dans l’automatisation discrète, tout en complétant un portefeuille de logiciels davantage tourné vers les procédés industriels. Un intérêt stratégique reconnu par plusieurs analystes, au moment même où l’ampleur du pari fait chuter le titre de plus de 7 %.
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