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Actualité publiée le 12/05/26 13:53

SES grimpe en Bourse, porté par des résultats robustes et l'espoir d'une vente de fréquences aux Etats-Unis

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L'action SES s'inscrit en hausse mardi, les investisseurs saluant la publication de résultats trimestriels nettement supérieurs aux attentes des analystes par le groupe satellitaire luxembourgeois, désormais transformé par l'intégration d'Intelsat. Vers 13h45, le titre s'adjugeait 5,1%, à 7,85 euros, et signait la plus forte hausse de l'indice SBF 120.

Derrière cette réaction euphorique, les analystes soulignent toutefois qu'une partie significative des robustes performances de SES provient d'un élément positif non récurrent dans l'activité aviation, ce qui alimente déjà le débat sur la solidité de la dynamique de résultats sous-jacente.

Au premier trimestre de 2026, SES a enregistré un chiffre d'affaires de 847 millions d'euros, en croissance de 3,1% sur un an en données comparables, c'est-à-dire à taux de change et périmètre constants, et un excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté de 404 millions d'euros, en hausse de 5%. Ces deux indicateurs ont respectivement dépassé de 3% et 11% les anticipations du marché, relève JPMorgan, dans une note envoyée à ses clients.

Mais cette performance inclut un élément positif de 81 millions d'euros lié à une restructuration de contrat dans l'aviation, intégré par SES dans ses propres prévisions mais qui n'avait pas été anticipé par les analystes. Sans cet effet exceptionnel, Bernstein estime que le chiffre d'affaires du groupe serait ressorti inférieur de 7% aux estimation des analystes au trimestre dernier, tandis que l'Ebitda ajusté aurait été relativement conforme au consensus.

+ Maîtrise des coûts +

Cette réserve n'a toutefois pas empêché les investisseurs de saluer plusieurs signaux jugés encourageants, à commencer par l'amélioration spectaculaire de la rentabilité. La marge d'Ebitda ajusté est remontée à 47,7% au premier trimestre de cette année, contre seulement 40,6% au quatrième trimestre de 2025, période marquée par le poids inhabituellement élevé des ventes d'équipements à faible marge. La baisse des coûts, dans le sillage de l'intégration d'Intelsat, rassure également le marché. Au 31 mars dernier, les charges de personnel de SES ont reculé de 20% sur un an en données comparables et ses dépenses opérationnelles ont diminué de 9%. Les dépenses d'investissement sont attendues autour de 700 millions d'euros pour l'ensemble de cette année.

Cette discipline financière contribue à crédibiliser le scénario de synergies promis lors du rachat d'Intelsat, opération qui a profondément modifié la taille et le profil du groupe. Pour les investisseurs, l'enjeu est désormais de savoir si SES peut transformer cette nouvelle dimension en flux de trésorerie récurrents, dans un secteur soumis à une concurrence technologique et tarifaire de plus en plus intense.

Au-delà des chiffres consolidés, les activités de SES considérées comme stratégiques continuent d'afficher une croissance soutenue. Le chiffre d'affaires du segment "gouvernements" a progressé de 8,8% en données comparables lors du dernier trimestre, tandis que les revenus de la division "mobilité", qui regroupe notamment l'aviation et le maritime, ont bondi de près de 38%, souligne Oddo BHF. Ces deux pôles représentaient ainsi près de 53% des ventes du groupe au 31 mars 2026, contre 45% un an plus tôt. SES revendique désormais une trentaine de compagnies aériennes clientes et environ 3.000 appareils utilisant ses services.

Dans le même temps, les satellites O3b mPOWER 9 et 10 sont entrés en service commercial en février dernier, renforçant les capacités de SES en orbite terrestre moyenne (ou MEO pour Medium Earth Orbit), un segment considéré comme l'un des principaux relais de croissance du groupe. Les satellites O3b mPOWER 11, 12 et 13 doivent être lancés d'ici à la fin de l'année, tandis que SES poursuit son projet "meoSphere" visant à l'entrée en opération d'ici à 2030 d'une nouvelle génération de constellation MEO.

+ Plan de vol confirmé +

Le groupe a par ailleurs confirmé viser pour l'exercice en cours un chiffre d'affaires et un Ebitda ajusté globalement stables par rapport à 2025, en considérant qu'Intelsat est consolidé dans ses comptes depuis le 1er janvier 2024. Cela revient à prévoir un chiffre d'affaires proche de 3,51 milliards d'euros et un Ebitda ajusté autour de 1,53 milliard d'euros cette année. Pour cette période, les intermédiaires financiers tablaient jusqu'à présent sur un chiffre d'affaires de 3,43 milliards d'euros et un Ebitda ajusté de 1,5 milliard d'euros.

A ce stade, les analystes ne devraient pas relever de manière significative leurs estimations de résultats pour 2026. Au-delà de l'effet ponctuel favorable enregistré dans l'aviation, plusieurs segments historiques du groupe continuent en effet de se contracter, ce qui incite le marché à rester prudent sur la trajectoire sous-jacente de l'activité.

Les fragilités historiques du groupe restent en effet visibles. Les activités matures du segment "médias", qui demeurent le coeur de métier traditionnel de SES, ont reflué de 11% au premier trimestre, à 285 millions d'euros, tandis que les services de données fixes ont vu leurs revenus s'effondrer de 16,9%, sous l'effet d'une pression tarifaire persistante et de la concurrence des constellations en orbite terrestre basse comme Starlink.

+ Un oeil sur la bande C +

La hausse de l'action SES mardi reflète aussi un autre facteur plus spéculatif: l'espoir d'une nouvelle réaffectation des fréquences de la bande C aux Etats-Unis. La semaine dernière, le régulateur américain des télécommunications, la Federal Communications Commission (FCC), a voté la mise aux enchères de jusqu'à 180 mégahertz (MHz) de spectre de la bande C au second semestre de 2026. Cette opération pourrait représenter une manne financière conséquente pour SES, qui détient 90% de la bande C depuis le rachat d'Intelsat, selon JPMorgan.

Plusieurs analystes considèrent désormais cette option comme un puissant catalyseur de hausse pour le cours de Bourse de l'opérateur satellitaire, susceptible de compenser les interrogations persistantes sur la croissance organique de son chiffre d'affaires. En 2022, la FCC avait récolté 81 milliards de dollars en cédant 280 MHz de spectre de la bande C avant de redistribuer 9,7 milliards de dollars aux opérateurs satellitaires vendeurs sous la forme d'indemnités au titre de leurs investissements passés et des opérations effectuées pour libérer les fréquences.

En filigrane, les premiers mois de 2026 illustrent ainsi la nouvelle équation stratégique de SES: convaincre les investisseurs que son repositionnement vers les services gouvernementaux, la mobilité et les infrastructures souveraines européennes peut durablement prendre le relais d'activités dans les médias en déclin structurel. Mardi, les investisseurs ont choisi de privilégier cette promesse de transformation. Reste à savoir si les prochains trimestres permettront de confirmer que la croissance affichée ce printemps n'était pas uniquement liée à un effet ponctuel favorable.

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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