
(ABC Bourse) - Prévisions sombres pour Thyssenkrupp : face à des charges massives liées à sa division acier, le géant industriel anticipe une lourde perte en 2026. Un signal fort alors que le groupe restructure en profondeur son portefeuille et tente de séduire de nouveaux investisseurs.
L’annonce a refroidi les marchés avant même l’ouverture. Ce lundi 9 décembre 2025, le conglomérat industriel allemand Thyssenkrupp a révélé prévoir une perte nette de 800 millions d’euros pour l’année 2026. En cause : les lourdes provisions liées à sa division sidérurgique, que le groupe tente toujours de céder à l'indien Jindal Steel International.
Basé à Essen, Thyssenkrupp traverse une phase de réorganisation intense, entre cessions, scissions d’activités et recentrage stratégique. "Grâce aux mesures prévues pour l'année en cours et déjà prises en compte, nous créons les bases d'une amélioration durable de nos bénéfices", a déclaré Axel Hamann, directeur financier du groupe. Mais les marchés n’ont pas accueilli ce message d’optimisme avec enthousiasme : le titre chutait de 3,9 % en avant-Bourse dans la foulée de l’annonce.
La division acier, poids lourd d’un portefeuille à alléger
Pour 2026, Thyssenkrupp a chiffré son flux de trésorerie disponible entre 300 et 600 millions d’euros, hors fusions et acquisitions. Un indicateur scruté de près par les investisseurs pour évaluer la capacité du groupe à générer des liquidités. L’an dernier, ce même indicateur était resté positif pour la troisième année consécutive, atteignant 363 millions d’euros.
Mais malgré ce signal favorable, l’unité sidérurgique du groupe continue de peser lourdement sur ses comptes. "Un environnement de marché toujours difficile", a reconnu Thyssenkrupp, justifiant ainsi les ajustements budgétaires et les provisions importantes pour l'exercice à venir.
Le bénéfice d’exploitation ajusté, autre indicateur clé, devrait quant à lui osciller entre 500 et 900 millions d’euros. Une fourchette inférieure aux 918 millions d’euros anticipés par les analystes selon un consensus interne à l’entreprise.
cessions en chaîne et dividende maintenu
Face à ce contexte, Thyssenkrupp accélère son programme de cessions. Le groupe a récemment procédé à la scission partielle de sa division navale TKMS et entend céder des participations dans l’ensemble de ses branches d’activité. L’objectif affiché : alléger sa structure pour redevenir attractif aux yeux des investisseurs et retrouver une dynamique de croissance plus stable.
Malgré la perte annoncée, la direction a proposé de maintenir un dividende stable à 0,15 euro par action pour l’exercice 2025, une manière d’envoyer un signal rassurant aux actionnaires, en attendant un éventuel redressement.
Alors que la vente de l’unité sidérurgique à Jindal Steel reste en suspens, 2026 s’annonce comme une année décisive pour Thyssenkrupp, pris entre assainissement financier et quête d’un nouveau souffle industriel.
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