
(ABC Bourse) - Grève des salariés, plan de réduction massif, restructuration mondiale... Rien n’aura empêché Ubisoft de signer un trimestre positif. Le géant français du jeu vidéo a dévoilé un chiffre d’affaires stable à 318 millions d’euros pour la période d’octobre à décembre 2025, tiré par les performances d’"Assassin's Creed", "Avatar" et "The Division".
Dans un communiqué publié jeudi, le PDG Yves Guillemot s’est félicité d’un trimestre "solide" et "au-delà de nos attentes". Les "net bookings", indicateur privilégié du groupe, s’élèvent à 337,7 millions d’euros, en hausse de près de 12 % par rapport à l’année précédente.
Un succès porté par ses franchises historiques
En neuf mois, Ubisoft a engrangé 1,1 milliard d’euros de réservations nettes, en progression de 17,6 %. Le moteur de cette dynamique ? Des licences bien connues : "Assassin's Creed" poursuit sur sa lancée, tandis que "Avatar: Frontiers of Pandora", relancé par une extension et la sortie au cinéma du troisième volet, a trouvé son public.
Sorti en décembre 2023, le jeu inspiré de l’univers de James Cameron a bénéficié d’un regain d’intérêt fin 2025. Même constat pour "The Division", qui continue de séduire. Ces succès n’ont pourtant pas suffi à effacer les défis colossaux du groupe.
Une restructuration douloureuse pour les salariés
Déjà affaibli par des reports de jeux et l’annulation de plusieurs titres, Ubisoft prévoit une perte opérationnelle d’un milliard d’euros sur l’année. En cause : des partenariats décalés, un calendrier bouleversé et un plan de réduction des coûts drastique de 200 millions d’euros sur deux ans.
Mi-janvier, l’entreprise annonçait la suppression de jusqu'à 200 postes sur son site de Saint-Mandé (Ile-de-France), qui compte environ 1.100 salariés. Cette décision s’inscrit dans une réorganisation globale qui a déjà conduit à la fermeture de studios à San Francisco, Osaka, Halifax et Leamington, ainsi qu’à des restructurations à Abu Dhabi, en Finlande et en Suède.
En parallèle, Ubisoft a connu cette semaine une grève de trois jours. Plusieurs centaines d’employés français ont protesté contre la décision de revenir à cinq jours de travail en présentiel. Une mobilisation rare dans le secteur, qui illustre le climat de tension sociale au sein de l’éditeur, pourtant numéro 1 du jeu vidéo en France.
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