
(Actualisation: commentaires de Christine Lagarde, contexte)
(Agefi-Dow Jones)--La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés jeudi, comme attendu par les observateurs, mais a revu à la hausse ses prévisions de croissance.
"Sur les taux d'intérêt, nous réaffirmons que nous sommes dans une bonne position, ce qui ne signifie pas pour autant que nous soyons statiques. Une décision unanime a été prise aujourd'hui concernant les taux", a expliqué la présidente de la BCE Christine Lagarde à l'occasion de la conférence de presse.
Le taux de rémunération des dépôts, le principal taux directeur de l'institution, est ainsi maintenu à 2%. Le taux des opérations principales de refinancement est toujours fixé à 2,15% et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40%.
"Le conseil des gouverneurs est déterminé à assurer la stabilisation de l'inflation au niveau de son objectif de 2% à moyen terme. Il suivra une approche s'appuyant sur les données pour déterminer, réunion par réunion, l'orientation appropriée de la politique monétaire", a souligné la BCE dans son communiqué.
L'inflation dans la zone euro s'est établie à 2,1% sur un an en novembre, comme en octobre, après 2,2% en septembre et 2% en août.
La BCE avait déjà opté pour le statu quo lors de ses trois dernières réunions. La dernière réduction des taux de l'institution monétaire remonte à juin dernier. Il s'agissait alors de la huitième en un an. De juin 2024 à juin 2025, la BCE avait ainsi divisé par deux son taux de rémunération des dépôts.
+ Des prévisions d'inflation et de croissance relevées pour 2026 +
La BCE a procédé, à l'occasion de cette réunion de politique monétaire de décembre, à plusieurs ajustements dans ses prévisions. Elle prévoit désormais 2,1% d'inflation totale moyenne en 2025, 1,9% en 2026 puis 1,8% en 2027 et enfin 2% en 2028. En septembre dernier, ces prévisions étaient respectivement de 2,1% en 2025, 1,7% en 2026 et 1,9% en 2027.
"L'inflation a été revue à la hausse pour 2026, principalement car les services [de l'Eurosystème, ndlr] anticipent désormais un tassement plus lent de l'inflation dans le secteur des services", a expliqué l'institution monétaire. Les hausses passées dans les prix de l'énergie devraient cependant créer un effet de base plus favorable, ce qui pèsera à la baisse sur les taux annuels d'inflation à court terme.
La BCE a également revu à la hausse ses prévisions de croissance. La BCE s'attend désormais à 1,4% de progression du PIB de la zone euro en 2025, 1,2% en 2026 et 1,4% en 2027 et 2028. En septembre dernier, ces prévisions étaient respectivement de 1,2% en 2025, 1% en 2026 et 1,3% en 2027.
En 2025, "l'économie a fait preuve de résilience. Elle a progressé de 0,3% au troisième trimestre, principalement grâce à la hausse de la consommation et des investissements. Les exportations ont également augmenté, avec une contribution significative du secteur chimique. La composition sectorielle de la croissance a été dominée par les services, en particulier dans le secteur de l'information et de la communication, tandis que l'activité dans l'industrie et la construction est restée stable. Cette tendance à une croissance tirée par les services devrait se poursuivre à court terme", a jugé Christine Lagarde, selon le texte de son discours publié sur le site de la BCE.
La présidente de l'institution monétaire a par ailleurs salué "un marché du travail robuste", avec un taux de chômage au sein de la zone euro de 6,4% "proche de son plus bas historique" et un taux d'emplois vacants "à son plus bas niveau depuis la pandémie".
"Les tensions géopolitiques, en particulier la guerre injustifiée menée par la Russie contre l'Ukraine, restent une source majeure d'incertitude. En revanche, les dépenses prévues dans les domaines de la défense et des infrastructures, associées à des réformes visant à améliorer la productivité, pourraient stimuler la croissance plus que prévu", a également souligné Christine Lagarde.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
