
La lumière au bout du tunnel? Les investisseurs veulent y croire ce mercredi, alors que le spécialiste des paiements électroniques Worldline a renoué avec la croissance au troisième trimestre, donnant ainsi des gages sur son redressement après plusieurs années marquées par moult péripéties.
Vers 12h30, l'action Worldline bondissait de 10%, à 11,30 euros, s'offrant de loin la plus forte hausse du SBF 120.
Le marché se montre réceptif au ton optimiste de Pierre-Antoine Vacheron, le directeur général de Worldline. "Le troisième trimestre confirme la poursuite des progrès [...] sur le plan opérationnel", s'est réjoui mardi soir le dirigeant dans un communiqué.
"Nous exécutons notre stratégie avec rigueur sur l'ensemble de nos marchés, comme en témoignent l'amélioration continue de la satisfaction client, la poursuite de la réduction de l'attrition des commerçants et la dynamique commerciale", a-t-il poursuivi.
Les données commerciales du troisième trimestre lui donnent des arguments de poids, qui ont de quoi convaincre, même les esprits les plus chagrins. Alors que Worldline vient d'achever son vaste programme de cessions, le chiffre d'affaires post-recentrage s'établit à 946 millions d'euros au troisième trimestre, en augmentation de 2,5% en organique sur un an.
+ Une copie meilleure que prévu +
C'est tout simplement mieux que prévu. Selon un consensus compilé par la société, les analystes escomptaient un chiffre d'affaires ajusté de 925 millions d'euros au troisième trimestre, quasi stable en organique (-0,1%). De surcroît, un tel niveau de croissance "n'avait plus été observé depuis le premier trimestre 2024", souligne Oddo BHF.
"Les services aux commerçants ont enregistré une croissance solide dans la plupart des régions et des secteurs, tandis que le redressement des services financiers continue", a détaillé Pierre-Antoine Vacheron.
De fait, en données ajustées, les ventes dans les services aux commerçants ont progressé de 4% en organique au troisième trimestre, tandis qu'elles ont reculé de 3,3% dans les services financiers. Ces deux chiffres excèdent le consensus, qui tablait respectivement sur une hausse plus limitée de 1,6% et une baisse plus marquée de 6,6%.
Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, Worldline maintient son cap pour 2026. La société anticipe toujours cette année un chiffre d'affaires stable ou en légère croissance, associé à un excédent brut d'exploitation (EBE) ajusté allant de 630 millions d'euros à 650 millions d'euros. En parallèle, l'entreprise prévoit toujours cette année un flux de trésorerie disponible compris entre -60 millions d'euros et -40 millions d'euros.
+ La convalescence prendra du temps +
En réaction à cette publication, les analystes se montrent mesurés, voire philosophes. S'il y a "du mieux" et que "certains éléments opérationnels [...] incitent à "un certain optimisme", "le chemin est encore long pour se rapprocher des objectifs de moyen terme", relève Invest Securities. En parallèle, la pression concurrentielle pose question à l'intermédiaire financier, qui constate en outre que la "structure financière très endettée" de Worldline l'amènera à se refinancer d'ici 2028.
Une certaine retenue pour laquelle opte également Oddo BHF. "Cette publication du troisième trimestre confirme que la situation est en train de s'améliorer pour Worldline, même s'il reste encore beaucoup à faire pour afficher des performances opérationnelles satisfaisantes", juge Oddo BHF.
Et de pointer du doigt les défis persistants: le chiffre d'affaires net reste en baisse organique de 1% au troisième trimestre, l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) demeure sur des points bas et le flux de trésorerie disponible est toujours dans le rouge.
Le tout, sachant qu'un nuage noir pointe le bout de son nez à l'horizon. Avec "le retour de l'inflation", Oddo BHF entrevoit des "incertitudes grandissantes sur l'évolution de la consommation des ménages en Europe", ce qui ne manquerait pas d'entraver la convalescence de Worldline. En somme, une hirondelle ne fait pas le printemps.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
