La BCE redoute une nouvelle flambée de l'inflation liée à l'énergie

7 846,55 1,33%
Tous les sujets
    04/03/2026 16:37:09
    mêmes erreurs que par le passé .... l'inflation à 1% = économie à l'asphyxie , laissez donc respirer !
    0
    Répondre
    04/03/2026 16:37:09

    (ABC Bourse) - Après l’explosion des prix en 2022, la Banque centrale européenne ne veut plus commettre la même erreur. La flambée du pétrole liée aux tensions au Moyen-Orient ravive la crainte d’une nouvelle poussée d’inflation en Europe.

    Les souvenirs de la crise inflationniste de 2022 restent très présents à Francfort. Alors que les tensions militaires au Moyen-Orient font déjà grimper les prix du pétrole, la Banque centrale européenne redoute de revivre une flambée des prix comparable à celle qui avait surpris les autorités monétaires il y a trois ans.

    À l’époque, l’institution avait tardé à réagir face à une inflation alimentée par la pandémie et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Aujourd’hui, la guerre déclenchée autour de l’Iran et ses répercussions sur l’énergie obligent les responsables monétaires à se montrer beaucoup plus prudents.

    Inflation et énergie, la BCE déterminée à ne plus répéter l’erreur de 2022

    En 2022, la BCE avait qualifié la hausse des prix de phénomène temporaire. Les taux d’intérêt n’avaient été relevés qu’en juillet, plusieurs mois après la Réserve fédérale américaine et la Banque d’Angleterre.

    La situation avait rapidement échappé aux prévisions. L’inflation dans la zone euro avait dépassé les 10 %, soit cinq fois l’objectif fixé à 2 % par la banque centrale et un niveau inédit depuis la création de l’euro.

    Un responsable de la BCE reconnaît désormais que cette erreur d’analyse ne doit plus se reproduire. "Nous devons absolument éviter de qualifier l'inflation de 'transitoire'", a-t-il expliqué sous couvert d’anonymat.

    Dans le contexte actuel, l’évolution des prix dépend largement de la situation géopolitique au Moyen-Orient. "L'orientation de la politique de la BCE est désormais entre les mains des généraux", ajoute la même source, soulignant que les marchés énergétiques réagissent directement aux développements militaires.

    La guerre a déjà provoqué une hausse des prix du pétrole cette semaine. Les distributeurs de carburant pourraient rapidement répercuter ces coûts supplémentaires sur les automobilistes.

    La suspension par le Qatar de ses livraisons de gaz naturel liquéfié renforce aussi les inquiétudes. Les pays européens, désormais beaucoup plus dépendants des importations de GNL depuis la réduction des achats d’énergie russe, pourraient devoir affronter une concurrence accrue avec les acheteurs asiatiques.

    Guerre en Iran, pétrole et taux d’intérêt : le dilemme de la BCE

    La situation économique reste toutefois différente de celle de 2022. Les politiques monétaires et budgétaires sont aujourd’hui plus restrictives, et la vague de dépenses qui avait suivi la pandémie s’est largement dissipée.

    L’inflation reste néanmoins fragile. Une baisse des prix du pétrole en début d’année avait permis de ramener l’inflation globale sous l’objectif de 2 %, mais la hausse récente de l’énergie pourrait inverser cette tendance.

    Les économistes de Nordea estiment que la mémoire de la crise précédente pourrait peser sur les décisions futures. "Le pic inflationniste de 2022 étant encore frais dans les mémoires, il est possible que les anticipations d'inflation soient moins ancrées, et la BCE tentera de ne pas commettre deux fois la même erreur de réaction trop tardive", écrivent Tuuli Koivu et Anders Svendsen.

    Le problème pour la banque centrale est que les hausses de taux n’agissent sur l’économie qu’avec un décalage de 12 à 18 mois. Intervenir trop vite pourrait freiner la croissance, tandis qu’une réaction trop tardive risquerait de laisser l’inflation s’installer.

    Certains responsables jugent toutefois que l’expérience de 2022 doit servir de leçon. "Nous avons eu ce débat en 2022 et nous avons clairement été trop timides", reconnaît un autre décideur de la BCE.

    Dans un tel scénario, la banque centrale pourrait agir plus rapidement si les prix de l’énergie s’envolaient durablement. "Si nous étions à nouveau confrontés à ce débat entre croissance et inflation, cette leçon serait encore fraîche dans l'esprit de tous et nous devrions évidemment agir plus rapidement", ajoute ce responsable.

    Pour l’instant, les projections officielles de la BCE continuent d’anticiper une inflation inférieure à 2 % cette année et l’année prochaine. Cette perspective laisse une certaine marge pour absorber une hausse modérée des prix de l’énergie.

    La réunion du 19 mars devrait donc se dérouler sans décision immédiate sur les taux. Sur les marchés financiers, certains investisseurs ont pourtant commencé à anticiper un possible durcissement de la politique monétaire, évaluant entre 20 % et 30 % la probabilité d’une hausse des taux cette année.

    0
    Répondre

      Forum de discussion Cac 40

      202603041637 1096318