ça pourrait bien arriver en France aussi…
Avec environ 1/3 des agriculteurs qui vont partir à la retraite. L'agriculture française reste étranglée et sous pression constante de 2 fléaux majeurs : le vieillissement des chefs d'exploitation dû à un manque d'attrait professionnel et des conditions de travail jugées difficiles, une rémunérations qui ne sont pas la hauteur des autres professions notamment par rapport à la quantité de travail fourni par UHT. Un ensemble qui ne permet que difficilement d'envisager y fonder une famille.
Hors, on constate une chute de natalité importante pour 2023 au niveau national : autrefois, la France pouvait compter sur sa population agricole qui était grand pourvoyeuse d'enfants qui permettaient notamment de maintenir les écoles dans les villages et donc une certaine vie sociale. Cette époque là est révolue.
Avec la volonté du gouvernement de rebaisser les prix notamment des denrées alimentaires, c'est pas ce qui va aider le monde agricole à se redresser pour offrir de meilleurs conditions de vie et de travail et envisager d'y fonder une famille pour succéder à l'exploitant.
Un agriculteur d'aujourd'hui est de plus en plus isolé sur son lieu de travail quand autrefois les grands travaux permettaient entraide, partage et soutien...
Offrir un horizon acceptable et digne à chaque composante du pays, c'est le devoir de la nation et c'est une responsabilité qui incombe au corpus politique quoiqu'il en dise …
Annonce de la fin de l’avantage du gazole non routier en France
https://www.legifiscal.fr/actualites-fiscales/3542-annonce-fin-avantage-gazole-routier.html
En Allemagne, ça fume et c'est du jamais vu…
Des milliers de tracteurs dans Berlin, les agriculteurs ne décolèrent pas
AFP -15 janvier 2024 à 5:41 PM UTC+1
Des milliers d'agriculteurs allemands sur leurs tracteurs ont bloqué lundi le centre de Berlin et promis de rester mobilisés tant que le gouvernement d'Olaf Scholz ne renoncera pas à ses projets de suppression d'avantages fiscaux pour leur profession.
"Plus vite le gouvernement allemand proposera une solution pour retirer ses projets d'augmentation d'impôts, plus vite les agriculteurs quitteront la rue", a prévenu le président de la Fédération allemande des agriculteurs, Joachim Rukwied.
Après une semaine de protestation, le monde agricole veut maintenir la pression sur la coalition au pouvoir dans un contexte de mécontentement croissant de la population allemande.
Devant la Porte de Brandebourg, des milliers d'agriculteurs ont accueilli avec des huées le ministre des Finances Christian Lindner, le traitant de "menteur" et lui ordonnant de "dégager" alors qu'il prenait parole sur un podium.
"Ce gouvernement doit démissionner", affirmait Paul Brzezinski, 73 ans, un producteur de lait basé au sud-est de Berlin, résumant un sentiment qui semblait largement partagé.
Les raisons de la colère: l'annonce en décembre d'une réduction des subventions au secteur en raison d'un rappel à l'ordre des juges constitutionnels portant sur les strictes règles budgétaires de l'Allemagne.
Face aux protestations, la coalition gouvernementale formée des sociaux-démocrates, verts et libéraux a quelque peu rétropédalé en début d'année.
Elle a maintenu l'avantage fiscal sur les véhicules pour la sylviculture et l'agriculture. De plus, elle a décidé de supprimer progressivement et non d'un coup l'avantage pour le gazole agricole "afin de donner aux entreprises concernées davantage de temps de s'adapter".
M. Lindner a ainsi lancé aux manifestants que "leur mobilisation avait déjà payé".
Mais ces concessions sont jugées insuffisantes par les manifestants. "Il faut que le sujet du gazole agricole soit résolu. Ensuite on pourra parler du reste", a prévenu Joachim Rukwied.
"Depuis des années, on est malmené. Mais là c'est le bouquet: jamais on a vécu un tel manque de respect", a déclaré à l'AFP Ute Rötz, productrice de céréales bio de 58 ans près de Magdebourg (est).
Le ressentiment semblait dominer parmi les manifestants, comme Martina Magg- Riedesser, venue de Biberach (sud): "Nous nous faisons constamment taper sur les doigts, nous avons été constamment prescrits, réglementés, régulés et maintenant ça suffit. C'est fini, nous ne nous laissons plus faire."
"Largement plus de 5.000 tracteurs", selon la police, ont bloqué les rues de la capitale et fait retentir leur klaxon. Certains protestataires ont été interpellés après avoir fait exploser des pétards.
Sur les véhicules stationnés le long de la grande avenue berlinoise Unter den Linden, beaucoup de slogans exprimaient leur défiance contre la coalition tripartite d'Olaf Scholz baptisée "feu tricolore" en raison des couleurs symbolisant les partis qui la composent.
"Éteignez le feu tricolore, ça suffit", était écrit sur l'un d'entre eux. Et sur un autre: "Le feu tricolore doit dégager".
Une rencontre lundi entre des représentants des agriculteurs et des chefs des groupes parlementaires des partis au pouvoir s'est terminée sans avancée concrète.
Vendredi, le ministre de l'Agriculture, Cem Özdemir, doit ouvrir à Berlin "la Semaine verte", plus grand salon agricole d'Allemagne, qui s'annonce dores et déjà mouvementé.
La mobilisation des agriculteurs renforce la pression sur le gouvernement dont le taux d'approbation de la politique n'a jamais été aussi bas. L'extrême droite, qui a le vent en poupe, particulièrement dans l'est du pays, cherche à tirer profit de la fronde des agriculteurs.
Dans un récent sondage réalisé pour le quotidien Bild, 64% des Allemands ont déclaré qu'ils souhaiteraient un changement d'exécutif.
Différents secteurs, de la métallurgie à l'éducation en passant par les transports, ont organisé des manifestations ces dernières semaines, dans un contexte de croissance en berne et de hausse des prix.
Le PIB allemand s'est contracté de 0,3% l'an dernier, selon les données communiquées lundi.
Les grèves des cheminots ont paralysé les transports la semaine dernière, tandis que les métallurgistes et les employés du secteur public ont organisé des débrayages en décembre pour réclamer des hausses de salaires.
Salut mon gars !
Voici un article qui reprend mon intervention précédente mais en Allemagne, comme quoi le mal est commun....
Même avec une affaire qui tourne, et je le rappelle, g interdit a mon dernier fils de reprendre la ferme.
Trop de contraintes, trop d'emmerdes, trop de bâtons dans les roues.
Il trouvera facilement mieux ailleurs....
Aujourd'hui a Toulouse, grosse manifestation pour mettre en lumière ces difficultés, pour rien sûrement sinon depuis le temps qu'on manifeste, beaucoup de choses auraient dû s'améliorer, ce qui n'est pas le cas....
Le malaise agricole s'étend en Europe comme une épizootie avec comme facteur multiplicateur le monde poly-tique, qui ne comprend décidément pas grande chose de la vie à la ferme et comment on y gagne de l'argent ou pas…
Le malaise des petits exploitants nourrit la colère agricole en Allemagne
Actualité AFP publiée le 15/01/24 22:49
Depuis plus d'un siècle, la famille de Marc Bernhardt gère une exploitation de vaches laitières, dans la campagne saxonne, dans l’est de l’Allemagne. Mais passer le flambeau à une nouvelle génération sera difficile, prévient l'éleveur.
Ses coûts de production ont augmenté de "40%" depuis la guerre en Ukraine, et le prix de son électricité a bondi de "50%", dit-il à l’AFP. "Si on continue comme ça, on devra faire autre chose", déplore l’agriculteur de 37 ans, installé à Freital, au sud de Dresde.
Alors que les revenus moyens des agriculteurs allemands ont grimpé de 45% l'an dernier, les exploitations familiales, qui représentent la moitié des entreprises du secteur en Allemagne, souffrent toujours de coûts de production élevés qu’elles peinent à assumer.
Des difficultés qui peuvent expliquer l'ampleur de la mobilisation des agriculteurs depuis le début de l'année contre la suppression d'avantages fiscaux pour le diesel agricole.
Des milliers d'entre eux étaient rassemblés avec leurs tracteurs lundi à Berlin, devant l'emblématique Porte de Brandebourg, pour clôturer une semaine de mobilisation contre ce projet.
- "Même travail, moins d'argent" -
Dans son exploitation d'une centaine de vaches laitières, où il cultive aussi des céréales et du maïs, Marc Bernhardt travaille seul avec son père. Ce dernier avait repris la ferme au début des années 1990, revenue à la famille après des années de collectivisation sous le régime communiste de l'Allemagne de l'Est.
Aujourd'hui, la production laitière est entièrement automatisée, les vaches allant d’elles-mêmes vers la machine de traite, qui fonctionne sans intervention humaine. Un robot aspirateur fait régulièrement le ménage dans l’étable.
Pour Marc Bernhardt, la suppression des exonérations sur le diesel entraînera une baisse de "10 à 15%" de ses subventions. En Allemagne, plus de la moitié des revenus agricoles dépendent des aides publiques.
"C’est injuste de fournir la même quantité de travail, pour moins d’argent", proteste le solide barbu.
Membre d'un collectif indépendant d'agriculteurs, il s'est lui aussi rendu à Berlin pour manifester lundi.
La suppression des niches fiscales a été décidée pour boucher les trous du budget 2024 du pays, après un rappel à l'ordre de la Cour constitutionnelle.
Le gouvernement a estimé qu'avec la hausse des revenus des agriculteurs ces dernières années, la branche pourrait absorber ces augmentations de coûts.
"C'est une juste contribution", s'est défendu le ministre des Finances libéral Christian Lindner lundi devant les agriculteurs à Berlin. "Mon but n'est pas d'affaiblir l'agriculture", a-t-il lancé, sous les sifflets des manifestants.
Selon les chiffres du secteur, les agriculteurs allemands ont dégagé en moyenne un bénéfice annuel de 115.400 euros en 2023 dans le cadre de leur activité principale: un record et environ 45% de plus qu'en 2022.
Ces bons résultats s’expliquent par les "hausses de prix à court terme" sur les marchés ces deux dernières années, sur fond d'inflation dans l’ensemble des pays développés, précise à l’AFP Martin Odening, professeur d'agroéconomie à l'Université Humboldt de Berlin.
- Diversifier ses revenus -
Mais "il ne faut pas oublier les pertes des années précédentes, d'autant que les prix restent volatiles", fixés sur des marchés mondiaux, souligne M. Odening. Certains ont d’ailleurs déjà diminué récemment, notamment le lait.
Surtout, le niveau de revenu "n’est qu’une moyenne", relève l’expert. "Certaines exploitations n’ont pas réussi à compenser la hausse des coûts avec cette hausse du chiffre d’affaires", signale-t-il.
A cela s’ajoutent pour les petites structures de coûteux investissements pour respecter les normes environnementales ainsi que les difficultés pour trouver de la main-d’œuvre et un repreneur lorsque l'exploitant part à la retraite, selon une étude de la DZ Bank.
Ces facteurs rendent difficile la survie économique des fermes familiales et des petites et moyennes structures, alors que la concurrence internationale impose des niveaux de rentabilité toujours plus importants.
"On se demande vraiment si cela vaut encore le coup d’avoir une petite exploitation comme la nôtre", témoigne Nathalie Diebow, 26 ans, actuellement en formation, qui a manifesté jeudi dernier à Cottbus (est).
Le nombre de fermes en Allemagne, en baisse de 12% entre 2010 et 2020, devrait passer de 256.000 actuellement à 100.000 d'ici 2040, selon DZ Bank. Avec ce phénomène de concentration, leur taille moyenne devrait passer de 64,8 à 160 hectares.
Pour diversifier ses revenus, Marc Bernhardt a quant à lui décidé d'ouvrir une auberge, une ferme éducative et d'installer des panneaux solaires. Mais rien ne remplacera pour lui la production de lait: "J'ai ça dans le sang."
Il n'y a déjà presque plus de paysans, et bientôt plus d'agriculteurs....
Seul subsistera les fermes usines et même pas bio.
Déjà pour compenser le manque de motivation des gens de la terre, et surtout parce que seuls les industriels auront les fonds nécessaires et les appuis politiques suffisant pour produire ..,.?....
Non mé....
... rien que le titre !
Je vais essayer d'enfoncer une porte ouverte....
Est on obligé de créer une nouvelle loi pour gérer cela ?
Ne peut on pas tout naturellement utiliser la loi du bon sens...?....
Apparemment....
Y'a même maintenant pour attaquer "La Collective du lait et des produits laitiers" chargée de la promotion des produits laitiers et financée par un prélèvement sur les ventes de production.
pourtant, ça a permis grâce au prix peu élevé d'avoir des repas consistants dans les écoles et qu'un certains d'enfants mangent à leur fins.
Aujourd'hui, on préfère dénoncer le sale lobby laitier dans les cantines et acheter de la merde d'importation en plats cuisinés en sauce d'une centrale de restauration collective.
La sauce, c'est pour réchauffer et c'est pratique : on voit plus rien correctement…
Message complété le 29/11/2023 13:42:05 par son auteur.
CORRECTION : lire "qu'un certain NOMBRE d'enfants mangent à leur FAIMs."
gars d1
« « Je note : " L'aîné est déjà parti et g interdit au dernier a devenir agriculteur, sf en couverture..."
C'est bien triste pour toi, je compatis... J'ai vécu avec les quotas laitiers. » »
Parlons en des quotas laitiers. A cette époque, l’état limitait la production.
Mais, avant, en 1954, Mendes France, plus intelligeant , a décidé de la distribution de lait dans les écoles.
Je me souviens qu'en hiver, l’instituteur mettait le casier sur le poêle tout en hauteur , et à l’heure de la récré….miam, miam.
Hélas, par la suite, les poli-tocards sont devenus de plus en plus cons.
Je note : "Je vois trop de collègues, très bons techniquement, galérer et vivoter."
ça fait un moment que ça dure, … non ?
C'était déjà comme ça dans les années 80, on avait une Jersiaise qui avait pissé 15 000 litres en première lactation de mémoire en 87 avec 55 de taux de matière grasse.
Début décembre 77, mon père avait semé un nouveau blé fourrager de l'INRA : on avait fait 82 quintaux /ha où la moyenne nationale était même pas encore à 50. On faisait de petite botte à l'époque, ça chiait un botte tous les 1,20 mètres, les andins étaient tellement gros que la presse avait du mal à y avaler.
On a aussi fait dès le début : du triticale avec de bons rendements et une très bonne qualité de paille pour l'élevage qui faisait du bon fumier...
Je ne suis pas saisissable.
Je gagne plutôt bien ma vie et je compte fortement ralentir dès l'année prochaine. Je ne souhaite pas que mes enfants reprennent car ils peuvent gagner leur vie ailleurs et avec beaucoup, beaucoup mais beaucoup moins d em.erde que dans ce métier.
Si t'es pas capable de t'y investir nuit et jour tous les jours, tout le temps avec un tempérament de tueur, c'est pas la peine de faire ce métier.
Je vois trop de collègues, très bons techniquement, galérer et vivoter.
Donc, pour ma progéniture, interdiction de s'installer.
Nos terres ont un avenir immobilier. Pas la peine de se tuer ...
Je note : " L'aîné est déjà parti et g interdit au dernier a devenir agriculteur, sf en couverture..."
C'est bien triste pour toi, je compatis... J'ai vécu avec les quotas laitiers.
La première de mon père n'existe plus depuis longtemps, c'est devenu une maison de néo-rural.
Chaque fois que je vais chez mon père, je vois juste à coté la ruine agricole qu'est devenu notre second exploitation reprise 1984 et cédée en 2005...
Le connard qui exploite maintenant plus de 2500 hectares sur plusieurs départements, arrive pas suivre avec ses porte chars et son matériel en vrac et au final, tout finit en retard...
Les maïs étaient sec avec un bon taux d'humidité, au final, il a moissonné "mouillé" et il court toujours pour finir ses semis d'automne...
Comme il faut n'importe comment, il a jugé de bon de redrainer mais dans l'autre sens : au final, il a coupé tout le système qui était efficace...
Pitoyable et affligeant. Et dire que c'est l'agriculture de demain.
Quand je vois des aberrations pareilles, j'en suis à souhaiter que le Crédit Labricole finisse par tout saisir…
: (
Oui.
Même constat mais plus court.... Comme je l'ai toujours dit :" y a trop de paysans" .
Ça se confirme.
Et comme je le dis depuis peu, je n'installerai pas mes fils. L'aîné est déjà parti et g interdit au dernier a devenir agriculteur, sf en couverture...
Mais ne vous inquiétez pas, vous mangerez toujours, du pas cher et pas bon. Pas grave, ça vous laissera plus d argent pour l' I phone....
Un peu de lumière au fond du puits qui peine à se remplir, ça peut pas faire de mal.
Le calendrier de la réforme de la PAC a débuté le 1 janvier 2023 :
Vu l'année agricole 2023, le système mis en place devrait déjà être rudement éprouvé et pas sûr que le compte promis y soit vraiment…
La nouvelle législation, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2023, ouvre la voie à une "PAC plus équitable, plus verte et davantage axée sur les performances."
Quelques réflexions personnelles...
"En avril 2023, en Tarn-et-Garonne, le nombre de suicides d'agriculteurs a déjà atteint celui de toute l'année 2022", alerte le président de la FDSEA. Certains, lassés, n'auront pas donc attendu des « enièmes » promesses qui se terminent le plus souvent en mensonges, mais personne au final pour en parler non plus… Car plus que jamais actuellement, on préfèrent les effets d'annonces au jugement de bilan sur preuves et résultats…
Dans un monde qui tournerait rond, les marchandises, les denrées et les productions agricoles du pays sont vendues à leur juste prix qui permet de rémunérer dignement le producteur sans que l'on soit obligé de lui faire l'aumône (d’une aide au revenu de base) pour compléter le prix bas qu'il a consenti afin qu'on préfère lui acheter ses produits locaux plutôt que d'acheter de l'alimentation venu d'importation de pays socialement "moins-disant".
Mais voilà, même modifiée, c'est toujours pas ça…
Vu de loin, la nouvelle PAC semble une aubaine pour les agriculteurs qui auraient bien de tort de se plaindre vu tout ce qu'ils touchent comme aides, et qu'en plus, elle serait « une PAC plus équitable, plus verte et davantage axée sur les performances". On y prône le locavorisme, le bio et l’écologie, idées consensuelles à la mode dans les soirées « Gratin ».
Vu de près, c'est très inégalement réparti en termes de région, de territoires et de terroirs, l'année 2023 a été globalement mauvaise sur de nombreux plans et pour de nombreuses productions agricoles, alternant les phénomènes météo extrêmes. Certaines productions agricoles en IGP, labels et autres ont largement souffert de la sécheresse et difficultés à pouvoir irriguer pour conserver à minima des niveaux de productions satisfaisant garantissent des revenus décents dans des territoires ruraux difficiles.
Certains font encore et toujours la course aux hectares et aux aides tandis que d'autres beaucoup plus petits finissent pas crever de n'avoir pu agrandir et moderniser leur exploitation à un moment où l'heure de travail effectif agricole reste déplorablement et durablement faiblement rémunéré notamment dans l'élevage en proie à différentes problématiques économiques et sanitaires depuis plusieurs décennies.
Enfin ce qui donné d’une main est souvent repris d’une autre dans un habile jeux de gobelets nommé « Bonneto » : ainsi, il est déjà prévu pour le début de la décennie 2030 de supprimer le carburant détaxé pour l’agriculture. On voit bien que ceux qui décident n’ont jamais eu à faire rentrer du gasoil avec un compte bancaire faiblement approvisionné ou à découvert, et alors que c’est essentiel de pouvoir faire tourner les engins agricoles pour que l’exploitation puisse tout simplement honorer ce qu’elle doit…
Je note : "Cette enveloppe est traditionnellement organisée en piliers. Le premier, qui recouvre les aides directes, est de 6,7 milliards d'euros en France, dont 3,2 milliards pour l'aide au revenu de base. "
Cela revient bien à dire et reconnaitre encore une fois que l'on force certains agriculteurs à produire à perte en échange d'une aide au revenu de base. A Quand donc le revenu minimum garanti sur une exploitation agricole au travers de la vente de ses productions? Il y a depuis de nombreuses années, des surfaces minimum d'installation destinées à assurer un minimum de production pour une exploitation, mais toujours rien pour prix « départ » de l’exploitation.
Donc toujours aussi peu d'engagement sur les prix, il y a quelques semaines, un agriculteur du nord de la France passait à la télé sur France 2 parce qu'il offrait de pouvoir glaner les patates gratuitement qui restaient au champs après passage des engins de récoltes (une tradition), il lui a été demandé combien il les vendait en gros, il a répondu 0,10 euros le kg : la journaliste lui a répondu « c’est pas cher du tout » et il a rétorqué que c’était les prix du marché. Hors, trouver actuellement des pommes de terres à moins de 2,5€ le kg reste un exploit.
Ce fait permet de constater que les circuits économiques de l’agro-alimentaire et de la distribution en GMS / RHF cristallisent les marges comptables au détriment du revenu du producteur fournisseur en amont de la chaine de profit. Ces acteurs économiques abusent de leur position de chaine distribution locale en confisquant une partie du pouvoir d’achat que le consommateur pourrait mettre sur la table pour mieux rémunérer les agriculteurs, les producteurs.
On a donc développé le concept de «De la ferme à la table» : mais on commence déjà rire jaune actuellement en constatant que l'on en revient toujours au même problème qui reste le prix des denrées produites au départ de la ferme. Avec un pouvoir d’achat en baisse, le consommateur reprend ses vieilles habitudes et retombe invariablement dans l’ornière du prix bas, pour retourner au final fair ses courses dans la zone artisanal périphérique moins disante en terme de prix.
Que dirait-il si on lui demandait de travailler à prix bas « low-cost » avec un complément en RSI pour avoir le SMIC ? Il est assez facile de comprendre que ce serait un joyeux bordel social dans les rues, sur les rond-points et pas seulement…
De nouvelles structures de distributions des acteurs de la GMS se sont d’ailleurs organisés pour contrer l’essor du « «De la ferme à la table» et la perte de vitesse des marchés locaux hebdomadaires désertées. D’abord, en forte croissance sur le quart « Sud-Est » de la France, elles ont vocation à developper leur essor sur toute la France et prolifèrent ainsi vers un grand maillage national tandis que la distribution en hyper-marché régresse nettement (fin de règne pour l’hyper-consommation). Ainsi le groupe de l’enseigne « Grand Frais » dépasse maintenu les 2 milliard d’€ de CA annuel et poursuit encore son extension à grande vitesse.
A chaque époque, donc les modèles de distribution s’adaptent se réinventent pour continuer de continuer de se faire grâcement du beurre sur l’argent du beurre, avec un certain mépris constant de la crémière et de ceux remplissent les berthes à lait.
Le prix offert reste dans beaucoup de cas insuffisant sauf en « valorisation directe / circuit court » et reste comprimé par le système de distribution qui préfère serrer le kiki du fournisseur en amont pour préserver ses marges et continuer à se battre pour le pouvoir d'achat du consommateur.
Le nombre de consommateurs étant plus élevé que le nombre d'agriculteurs, c'est assez facile de savoir qui gagne au final pour imposer sa loi, d'autant que les produits restent périssables et que s’ils ne sont pas vendus, ils sont finalement perdus pour le circuit commercial. Certes, ce dernier point d’ailleurs évolue, mais ce n’est généralement pas ce qui mettra plus d’argent dans la poche du producteur.
Enfin l’agriculture est souvent pointée du doigt comme la coupable de la disparition de la biodiversité, et de problèmes écologiques importants, mais il conviendrait grandement que la société civile se regarde de près le nombril car elle est responsable de beaucoup de choses aussi qui, elles aussi, contribuent nettement à dégrader l’environnement rural et l’agriculture qu’on y pratique :
* L’urbanisme galopant des zones périphériques des villes qui repoussent l’agriculture souvent à replier sur des terres de moins bonnes qualité ou il faudra plus grand pour produire pareil en prélevant sur les espaces naturels environnants…
* L’aridification des fonds de vallées perméables par l’usage irraisonnée du tout béton / tout Goudron…
* L’extention inexorable du réseau routier, des infrastructures, des bretelles, rond-point, élargissements de piste cyclables goudronnée
* L’évacuation trop rapide des eaux pluviales qui ne peuvent plus percoler
* L’insuffisance de traitement des eaux usées et de trop nombreux débordements de stations d’épuration qui ont irrémédiablement dégradé les limiers aquacoles et les berges des bassins hydriques locaux,
* Les rejets industriels dans les lieux vivants environnants, les multiples déchets de démolitions urbaines,
* Les montagnes de déchets urbains enfouies à la campagne dans un trou que la plupart des citadins ignorent
* Les productions intensives pour tirer des prix de production, vers le bas et le moins-disant
* Le mauvais entretien des abords routiers, autrefois réservoir sans commune mesure de biodiversité locale et aujourd’hui en grand partie composé uniformément de quelques graminées et composés qu’on retrouve partout.
* La non séparation des eaux pluviales des réseaux de collecte d’égoût,
* L’insuffisance de capacité de stockage des eaux de pluies tombées en excès pour pourvoir réguler ensuite la mise à disposition
* La guerre des tranchées concernant les piscines et les bassines,
* Un piètre et insuffisant recyclage de certains déchets polluant l’environnement
* Le flux tendu, l’incapacité à gérer des stocks, responsables de la prolifération en sous-traitance des entrepôts de logistique et de l’intensification du traffic routier poids lourds, dont paradoxalement les agglomération ne veulent plus,
* La solution des réseaux d’eau et des bassin hydrologiques par des résidus de plus en plus concentrés de médicaments et pilules contraceptives
* La prolifération des algues vertes issue des stations d’épurations inaptées à une surpopulation temporaire estivale et débordement récurrent, une surpopulation côtière empochant le milieu maritime proche de digérer les eaux de rejet trop riches en divers composés tels que l’azote, les phosphates, les métaux lourds etc.
* La plantation de nombreuses espèces invasives et allergisantes décoratives plantées en milieu urbain qui finissent en lieu rural par dégrader irrémédiablement les environnement qu’elles colonisent (renouée du Japon, etc.)
« En dix ans, 100 000 exploitations agricoles ont disparu en France, d'après le recensement agricole décennal
Cela représente une baisse d'environ 20% en dix ans d'après l'enquête. Une tendance depuis les années 1970. » (article publié le 09/12/2021)
J’ai fait des études agricoles de 1979 à 1984 et agro-alimentaires en 2002 / 2003 : soit un recul de près de 40 ans et au final, je constate que tristement et amèrement malgré toutes les réformes successives et soit-disant des tombeaux de textes pour moderniser la PAC, outil de régulation des productions agricoles n’ont amené guère plus loin. J’en veux notamment pour preuve que la plupart des agriculteurs avant les quotas laitiers vivant beaucoup plus heureux qu’aujourd’hui. Il est certain que si on avait pu réaliser une étude comparative de l’indice de Gini pour ces années et le secteur, on se rendrait bien compte de lente et inexorable dégradation du bonheur d’exploiter un ferme agricole qui conduit certains, acculés par les problèmes de structure, d’investissements et de dettes à vouloir se suicider.
Enfin, j'ai une pensée pour les pêcheurs qui ne sont guère mieux traités…
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La politique agricole commune: 2023-2027
La politique agricole commune est essentielle pour assurer l’avenir de l’agriculture et de la sylviculture, et pour atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe.
New CAP
Le 2 décembre 2021, l’accord sur la réforme de la politique agricole commune (PAC) a été formellement adopté. La nouvelle législation, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2023, ouvre la voie à une PAC plus équitable, plus verte et davantage axée sur les performances.
Elle vise à garantir un avenir durable aux agriculteurs européens, à apporter un soutien plus ciblé aux petites exploitations et à offrir aux pays de l’UE davantage de souplesse pour adapter les mesures aux conditions locales.
L’agriculture et les zones rurales sont au cœur du pacte vert pour l’Europe, et la PAC 2023-2027 sera un outil essentiel pour atteindre les ambitions de la stratégie «De la ferme à la table» et de la stratégie en faveur de la biodiversité.
(Suite des textes au lien indiqué)
https://agriculture.ec.europa.eu/common-agricultural-policy/cap-overview/cap-2023-27_fr
Te prends pas la tête pour les MP.
Qd tu passes dans la région, fais un tour dans le coin et on ira bouffer des croissants chez JC.
Il lui reste 2 chocolatines ....
🤪
Dans les hautes sphères, c’est bien connu, les paysans, y compris les éleveurs, ne travaillent que 2 heures/jour, et 4 jours/semaine.
Et en plus, ils sont bourrés de fric ! C’est d’ailleurs pour ça qu’il y en a tant qui se suicident.
Alors, taxons, taxons (c’est pas des impôts qui , eux , baissent, soi-disant), imposons des normes et interdictions toujours plus, et ….j’ai lu ce soir, info ou intox ?, que « vend des layettes » veut imposer des masques sur le museau des vaches parce qu’elle rotent du méthane.
En voilà une idée qu’elle est bonne , comme aurait dit Coluche.
Par les temps de joies et de fêtes qui règnent actuellement, je pense que d’autres mouvements pourraient se joindre ou suivre ceux des paysans.
C’est peut-être ce que cherche le Gvt, car les « flaches balles » sont à limite d’utilisation. (date de fraîcheur norme E.U.). Et ça ferait de l’exercice pour les hommes à dard-matin (des fois qu’ils s’encroûteraient)
(Waine. mon message en MP va viendre)
Je sors d'une réunion du syndicat. Ça fait longtemps que je n'en avais pas fait une ....
C'était sur les problèmes réglementaires de l'eau a venir.
Pour faire vite, on va nous augmenter les droits de pompage de 60% l'année prochaine, puis de 80% l'année suivante avec 40 % de droit de pompage en moins.
Bref, avec moins d'eau et plus chère il faut que l'on fasse autant, voire mieux peut être...?...
C'est la vie. Nos zom politiques , déjà déconnecté du prix de la baguette connaissent encore moins les réalités de la production agricole.
Il y a de grosses manifestations a venir tout au long de l'année.
Ça commence jeudi a Toulouse....
Pas de grande chose changé pour la survie économique en milieu agricole hostile
Coincé entre le ciseau des hausses des entrants de productions et des prix de vente qui plafonnent et stagnent : les marges qui s'étaient un peu améliorées ces dernières années, se retrouvent comprimées, étranglées.
On préfère défendre le pouvoir d'achat du consommateur que notre agriculture vivrière, souvent de proximité : un parodoxe complet vu les discours tenus par rapport à l'alimentation locavore et tout un tas d'idées "Top à la mode" dans les soirées "gratin".
Normal : y'a plus d'électeurs…
REPORTAGE. "Jeune, on en rêve, vieux on en crève"... la colère des jeunes agriculteurs
Publié le 22/11/2023
l'essentiel
Avec la flambée des prix de l'énergie comme des matières premières et l'augmentation des coûts pour le matériel et la terre, le métier devient de plus en plus dur et les jeunes agriculteurs n'arrivent pas à vivre décemment de leur travail, malgré les heures et les efforts quotidiens qu'ils font à la ferme. Les éleveurs sont particulièrement impactés. Reportage au marché au cadran de Rabastens de Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées.
https:// www.ladepeche.fr/2023/11/22/reportage-jeune-on-en-reve-vieux-on-en-creve-la-colere-des-jeunes-agriculteurs-11594356.php
waine70
« « La police évolue, c'est bien ! Pour certains riverains, y a encore du boulot... » »
Du boulot... ? Il serait plus exact de dire « mission impossible ».
De couper les oreilles d’un âne, ça n’en fera jamais un cheval de course.
gars d1
« « Concernant les battages de nuit et les moissons qui peinent à se terminer ..//.. Je propose qu'on envoie les plaignants cueillir à la faucille les blés et d'apprendre aussi à gerber, c'est fortement conseillé... » »
En voila un qui connaît fort bien son sujet. Beaucoup plus que moi.
Mais, à mon tour de proposer : Je propose qu'on envoie « paître » les plaignants (paître étant dans le vrai sens du terme, bien sûr...).
Que ces plaignants (les 35 heures du monde agricole étant la règle sans dérogation aucune, quelque soient les conditions extérieures) ) se passent de pain, viennoiseries et autres « friandises », légumes, …et aillent brouter de l’herbe dans les prés où ils trouveront leur bonheur.
Ou même mieux ! Qu’ils déménagent , pour s’installer dans une île, entre plaignants, en toute autarcie, sans la moindre industrie, ni le moindre approvisionnement depuis les continents !
Une île sans paysans, sans coq, sans vache, sans clocher d'église, sans voisins , ....
Concernant les battages de nuit et les moissons qui peinent à se terminer
De retour de Bretagne en randonnée (Côtes d'Amor, Finistère) j'avais pu constater les nombreux retards de moissons dans la région estimés la semaine dernière sur France Inter à environ plus de 30% des surfaces restant à récolter.
Le problème est liée à l'important pluviométrie de juillet qui a retardé beaucoup de moissons.
En conséquence, les pailles se salissent sous l'effet du développement de moissure, les pailles à récolter pour les litères sont de moins bonne qualité, car les tiges creuses sensées absorber les jus de litières s'écrasent et se fracturent en plusieurs morceaux peu efficace pour assurer des paillages corrects.
La conséquence directe, c'est que la qualité du lait peut potentiellement être altérée avec des mamelles plus sales avant traite, favorisant le risque de contamination avec des spores butyriques.
Concernant le grain exposé à l'humidité, il va petit à petit perdre de ses qualités boulangères (cas du blé). On va aussi perdre du poids spécifique qui permet de juger de la qualité du blé livré à la vente. Le risque encore en cas de fortes intempéries reste la germination sur pieds et déclassement des blés en "Alimentation animale" assimilable à un blé fourrager, et donc perte de de valeur commerciale.
Le risque encore avec les averses, c'est reprise d'humidité pour le grain qui doit récolté de manière optimale à 16% de taux d'humidité. En période humide et avec de la rosée de plus, ça devient difficile. Le risque en cas de sur-humidité à la récolte, c'est l'échauffement rapide en cellule de stockage, avec consommation de la valeur fourragère énergétique du grain, le risque de moisissures avec présence potentielles d'afflatoxines toxiques pour l'alimentation
https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/aflatoxins-food
Les moissons de nuits ont de toutes temps existé avec le matériel agricole moderne. A ceux ses débuts, c'était d'ailleurs la rareté des machines et des ETA de moissons qui faisant que l'on travaillait aussi la nuit jusqu'à l'apparition de la rosée. Maintenant, c'est la taille des exploitations et du parcellaire.
Je propose qu'on envoie les plaignants cueillir à la faucille les blés et d'apprendre aussi à gerber, c'est fortement conseillé...
Gerber étant dans le vrai sens du terme, bien sûr...
Message complété le 25/08/2023 17:57:43 par son auteur.
CORRECTION :
lire " A SES débuts, c'était d'ailleurs la rareté des machines et des ETA (Entreprises de Travaux Agricoles) de moissons qui FAISAIT que l'on travaillait aussi la nuit jusqu'à l'apparition de la rosée.