(ABC Bourse) - Entre tensions internationales et flambée des coûts, Air France-KLM ajuste sa trajectoire pour 2026. Le groupe détaille ses prévisions et des résultats encore contrastés.

Le ciel s’assombrit pour Air France-KLM. Pris dans les turbulences géopolitiques et la hausse du carburant, le groupe aérien ajuste ses ambitions pour 2026, tout en dévoilant des résultats trimestriels encore fragiles.
Jeudi, la compagnie franco-néerlandaise a annoncé revoir à la baisse sa croissance de capacités pour l’an prochain, dans un contexte marqué par la crise au Moyen-Orient. En parallèle, ses comptes du premier trimestre montrent une activité en progression, mais toujours dans le rouge, fidèle à la saisonnalité du secteur.
Air France-KLM face à 2026, des ambitions revues sous pression
Le groupe prévoit désormais une croissance de ses capacités comprise entre 2% et 4% en 2026, contre une fourchette initiale de 3% à 5%. Même prudence du côté des investissements, attendus sous les 3 milliards d’euros, alors qu’ils étaient auparavant estimés autour de ce seuil.
Cette révision intervient dans un climat international tendu. La crise au Moyen-Orient pèse sur les perspectives du transport aérien, en particulier via son impact sur les prix de l’énergie.
Le carburant devient d’ailleurs une source d’inquiétude majeure. Air France-KLM anticipe une facture de 9,3 milliards de dollars pour 2026, soit une hausse de 2,4 milliards par rapport à 2025. Une progression qui pourrait rapidement rogner les marges.
Le directeur général Benjamin Smith a averti : "Si la hausse des prix du carburant ne se reflète pas encore dans les résultats que nous présentons aujourd'hui, elle pèsera sur les prochains trimestres".
Des résultats trimestriels en amélioration mais toujours déficitaires
Sur les trois premiers mois de l’année, Air France-KLM affiche un chiffre d’affaires de 7,48 milliards d’euros, en hausse de 4,4%. À changes constants, la progression atteint 8,3%, portée notamment par une hausse des prix des billets.
Le trafic suit également une tendance positive. La compagnie a transporté 22,3 millions de passagers, soit une augmentation de 2,3% sur un an. Le taux de remplissage s’établit à 86,3%, en légère progression.
Côté rentabilité, la situation reste contrastée. La perte opérationnelle atteint 27 millions d’euros, mais elle s’améliore de 301 millions d’euros sur un an. Une évolution liée notamment à la hausse des tarifs et à un décalage dans la comptabilisation du carburant.
La perte nette s’élève à 252 millions d’euros, en légère dégradation de 3 millions d’euros par rapport à l’an dernier. Un résultat qui reste habituel pour le groupe en début d’année.
Dans ce contexte, la direction assure garder le cap. Benjamin Smith souligne : "nous avons d'ores et déjà mis en place des mesures visant à soutenir notre performance financière grâce à une gestion rigoureuse des coûts et continuons de suivre la situation de près".
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