
(ABC Bourse) - À Paris, lors de l’assemblée générale de LVMH, Bernard Arnault a dressé un constat sans détour : l’avenir du groupe dépend désormais largement de l’évolution de la crise au Moyen-Orient. Dans un contexte géopolitique instable, le géant français voit ses perspectives de reprise fragilisées.
Devant les actionnaires réunis ce jeudi, le dirigeant a rappelé la gravité de la situation actuelle. "Vous aurez remarqué que le monde traverse actuellement une crise très grave au Moyen-Orient," a-t-il déclaré, avant d’ajouter : "Tout dépendra de l'évolution de cette crise." Un message clair, alors que le secteur du luxe espérait tourner la page de plusieurs années de ralentissement.
Une croissance de LVMH freinée par les tensions géopolitiques
Les effets de la crise se font déjà sentir. Au premier trimestre, la guerre en Iran a amputé d’au moins 1 % les ventes du groupe. Un signal faible en apparence, mais révélateur d’un ralentissement plus large qui touche l’ensemble du secteur.
Au-delà des chiffres, c’est le tourisme international qui se contracte. Moins de visiteurs en Europe signifie mécaniquement moins d’achats dans les boutiques de luxe, un levier essentiel pour LVMH. Après près de trois ans de stagnation, le rebond attendu semble désormais suspendu à des facteurs échappant totalement au groupe.
Bernard Arnault face au risque d’une "catastrophe mondiale"
Le dirigeant n’écarte aucun scénario. Si le conflit venait à s’apaiser rapidement, LVMH pourrait retrouver une dynamique positive dans toutes ses divisions. Mais l’incertitude reste totale.
En évoquant l’hypothèse d’une aggravation, Bernard Arnault a parlé d’une possible "catastrophe mondiale", rendant toute projection impossible. Sur le terrain, les tensions persistent, notamment dans le détroit d’Ormuz, où l’Iran a récemment saisi deux navires, renforçant la pression sur cette route maritime stratégique.
Les marchés financiers traduisent déjà ces inquiétudes. Depuis le début de l’année, le titre LVMH recule de 26 %, et accuse une baisse de 3 % par rapport à son niveau lors de la dernière assemblée générale. Un climat d’incertitude qui laisse les investisseurs dans l’attente d’un signal clair sur l’évolution du conflit.
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