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Actualité publiée le 08/06/26 09:15

Bouygues et Orange progressent en Bourse après la signature de l'accord pour racheter SFR

bourse Orange

(Actualisation: commentaire d'analyste et cours de Bourse)

Les opérateurs de télécommunications Bouygues Telecom, Orange et Free-Groupe Iliad ont annoncé samedi avoir signé un protocole d'accord pour l'acquisition des principaux actifs d'Altice France, parmi lesquels SFR, sur la base d'une valeur d'entreprise de 20,35 milliards d'euros.

A la Bourse de Paris, les actions Bouygues et Orange s'inscrivent en hausse lundi en début de matinée, les investisseurs saluant les conditions de l'opération annoncée durant le week-end. Le titre de la maison mère de Bouygues Telecom s'adjugeait 0,4% vers 9h05, à 50,38 euros, tandis que celui de l'ex-France Télécom accélérait de 1,4%, à 17,68 euros.

La répartition du prix de rachat de SFR reste inchangée par rapport à l'offre indicative annoncée le 17 avril dernier, à savoir environ 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Free-Groupe Iliad et 27% pour Orange. Ces pourcentages pourraient varier d'ici à la finalisation de l'opération, en fonction de l'évolution des bases de clients.

Le prix de la transaction fera l'objet d'ajustements comptables incluant un complément de prix susceptible d'atteindre 650 millions d'euros. Ces ajustements tiendront également compte du montant exact de la dette nette à la date de clôture de l'acquisition et du respect des engagements financiers et réglementaires du vendeur jusqu'à cette date. En octobre 2025, Altice France avait rejeté une première offre émanant de ces trois opérateurs télécoms, qui valorisait sa cible à 17 milliards d'euros, dette incluse.

Des indemnités de rupture, comprises entre 100 millions et 2 milliards d'euros, ont aussi été convenues.

Le périmètre de l'opération englobe la plupart des actifs d'Altice France, mais exclut les participations dans les sociétés ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe Altice France dans les départements et régions d'outre-mer.

+ D'importantes synergies au programme +

Dans le cadre de l'opération, l'activité "B2C", qui comprend notamment la téléphonie mobile de SFR pour les particuliers, sera partagée entre Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange, tandis que la partie "B2B" dédiée aux entreprises sera reprise par Bouygues Telecom. Les autres actifs et ressources, notamment les infrastructures et les fréquences, seront partagés entre Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange, à l'exception du réseau mobile de SFR en zone non dense qui serait repris par Bouygues Telecom.

Les parts de Bouygues Telecom, de Free-Groupe Iliad et d'Orange représenteraient, respectivement, 52%, 27% et 21% du chiffre d'affaires des actifs concernés par l'opération, et 42%, 33% et 24% de leur Ebitdaal, soit le résultat opérationnel courant avant prise en compte des dotations aux amortissements des immobilisations corporelles et incorporelles, et de l'impact des charges liées aux rémunérations sous forme de stock-options/actions. L'an passé, ces actifs ont réalisé un chiffre d'affaires de 8 milliards d'euros et un Ebitdaal de 2,6 milliards d'euros.

Dans une note envoyée à ses clients, JPMorgan a salué le montant des synergies anticipées par les repreneurs de SFR. Orange a indiqué dans son propre communiqué que les synergies de coûts attendues de la transaction seraient supérieures à 500 millions d'euros en rythme annuel cinq ans après sa finalisation, principalement grâce à l'optimisation des infrastructures, du réseau et des actifs de distribution. Ainsi, après réalisation de ces synergies, l'Ebitdaal du périmètre acquis représenterait une contribution positive d'environ 900 millions d'euros par an dans les comptes d'Orange France. "Les coûts d'intégration estimés s'étaleront sur cinq années pour un total de 1,3 milliard d'euros", a ajouté le groupe.

L'ex-France Télécom prévoit de financer cette opération par de la dette et réitère son ambition de conserver un ratio dette nette sur Ebitdaal des activités télécoms autour de 2 à moyen terme. Orange confirme également sa politique d'allocation du capital avec une croissance progressive du dividende vers un plancher situé à 0,85 euro par action pour celui payable en 2029, au titre de l'exercice 2028.

De son côté, Bouygues Telecom anticipe des synergies de coûts d'environ 1 milliard d'euros par an, dont le plein effet est attendu en 2034, en raison du délai d'intégration de l'activité "B2B" de SFR. Les coûts d'intégration liés à l'opération sont estimés entre 3,5 milliards et 4 milliards d'euros pour Bouygues Telecom, qui compte la financer par un emprunt bancaire totalement sécurisé auprès de banques partenaires.

Dans ce contexte, JPMorgan a relevé lundi son objectif de cours sur l'action Orange de 21 à 21,80 euros, et rehaussé sa cible sur le titre Bouygues de 62 à 73 euros. L'intermédiaire financier a confirmé sa recommandation "surpondérer" sur ces deux valeurs.

+ Un bouclage attendu au second semestre de 2027 +

Le partage de SFR entre Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange, et donc la réduction à trois du nombre d'opérateurs télécoms en France, présenterait plusieurs avantages selon les membres du consortium. Cela leur permettrait de renforcer les investissements dans la résilience des réseaux très haut débit, dans la cybersécurité, mais aussi dans l'innovation et les nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle. Bouygues Telecom, Free-Groupe Iliad et Orange espèrent également consolider la maîtrise d'infrastructures stratégiques pour le pays et préserver un écosystème concurrentiel au bénéfice des consommateurs.

Une phase de consultation s'ouvre désormais avec les instances représentatives du personnel des entreprises concernées, afin de mener un dialogue responsable et constructif et d'assurer la réussite de l'opération pour l'ensemble des parties.

Elle doit par ailleurs obtenir l'approbation des autorités compétentes, notamment au titre du contrôle des concentrations. La signature de la documentation juridique définitive est attendue au second semestre de cette année, tandis que la réalisation de la transaction pourrait intervenir au second semestre de 2027.

"Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée", ont rappelé les parties.

Agefi-Dow Jones The financial newswire

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