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Eric Lombard (ministre de l'Économie) et Amelie De Montchalin (Ministre du Budget)
Les gros patrimoines sous la loupe du gouvernement : dans le cadre des discussions sur le budget 2025, l’idée d’une taxation accrue des plus riches refait surface. Entre pistes fiscales et tensions politiques, le projet suscite déjà de vifs débats.
Une taxation des gros patrimoines : un projet à l'étude
Lors d’une réunion avec des représentants socialistes, communistes et écologistes le 8 janvier, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a proposé une éventuelle taxation des patrimoines les plus élevés, selon des informations rapportées par L'Opinion. Cette initiative s’inscrit dans les efforts budgétaires visant à réduire le déficit de l’État, fixé à environ 50 milliards d’euros pour cette année.
Actuellement, l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) cible les biens immobiliers, mais la question de taxer le patrimoine financier, non inclus dans l’IFI, est sur la table. Un retour à une fiscalité plus large, comme l’ex-impôt de solidarité sur la fortune (ISF), pourrait être envisagé, bien que cela ne soit pas explicitement mentionné.
La succession et les très gros patrimoines dans le viseur
Parallèlement, un durcissement de la fiscalité sur les successions fait également partie des hypothèses avancées. Une récente étude de la Fondation Jean Jaurès et du think tank Hémisphère Gauche met en avant un potentiel colossal : une réforme de l’impôt sur les grandes transmissions pourrait générer 400 milliards d’euros entre 2025 et 2040, en ciblant uniquement le Top 1 % des plus riches.
Un collectif de plus de 100 entrepreneurs, dans une tribune publiée dans Les Échos, a récemment soutenu cette réforme en déclarant : « Taxez nos successions ! » Ils plaident pour un meilleur partage des richesses, en orientant les recettes vers des domaines clés comme la transition écologique ou l’éducation.
Une « taxe Zucman » pour les patrimoines de plus de 100 millions d’euros ?
Autre proposition évoquée par L’Opinion : une taxe spécifique sur les très gros patrimoines, dépassant 100 millions d’euros. Inspirée des idées de l’économiste Gabriel Zucman, cette mesure viserait une petite minorité d’ultra-riches. Le rendement potentiel permettrait de remplacer d’autres contributions prévues dans le budget initial, mais non applicables en 2025 sans une loi de finances rectificative.
Cependant, Bercy reste prudent et hésite à relancer un tel projet. Le précédent gouvernement de Michel Barnier avait tenté d’introduire une contribution similaire, mais celle-ci avait été bloquée en raison d’un vote de censure.
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Les échanges autour de ces pistes fiscales s’inscrivent dans un contexte de négociations tendues. Depuis le 8 janvier, Amélie de Montchalin et Eric Lombard, ministre de l’Économie, rencontrent les forces politiques pour trouver un compromis avant la déclaration de politique générale du Premier ministre François Bayrou prévue le 14 janvier.
Les Républicains, par la voix de Laurent Wauquiez, ont réaffirmé leur opposition à toute hausse d’impôts et exigent une baisse drastique des dépenses publiques. À l’inverse, la gauche milite pour une contribution plus importante des plus aisés.
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