
(Zonebourse.com) - Les Bourses européennes ont viré à nouveau dans le rouge au 27e jour de conflit au Moyen-Orient. L'espoir d'une détente rapide entre les Etats-Unis et l'Iran s'est évaporé suite à l'échec des négociations de paix. En milieu d'après-midi, heure française, Donald Trump a pris la parole en conférence de presse pour aborder l'enlisement des discussions avec l'Iran et l'évolution des affrontements entre Washington et Téhéran. A la clôture des marchés ce jeudi, le CAC 40 a perdu 0,98% à 7 769,31 points mettant fin à une série de trois hausses consécutives. L'Eurostoxx 50 a reculé de 1,55% à 5 561,88 points.
A Wall Street, les indices évoluent aussi en territoire négatif. Vers 17h45, le Dow Jones perd 0,75%.
Trump : "C'est eux qui me supplient de faire un accord"
L'administration Trump affirme avoir proposé un plan en 15 points à l'Iran pour mettre fin à la guerre. Selon un communiqué de l'agence de presse iranienne Tasnim, l'Iran a répondu à ces 15 points en demandant notamment une indemnisation et des réparations de guerre, une fin de la guerre sur tous les fronts. Teheran aussi indiqué que sa souveraineté sur le détroit d'Ormuz est un droit naturel et légal qui doit être reconnu. La source a précisé qu'il s'agit des conditions de l'Iran, indépendamment des demandes formulées lors du deuxième cycle de négociations nucléaires à Genève, tenu quelques jours avant la guerre américano-israélienne de février contre Téhéran.
"Les Iraniens nous supplient de trouver un accord, je ne sais pas si ce sera possible, si on est disposé à le faire... Ils auraient dû le faire il y a quatre semaines, même il y a deux ans", a déclaré Trump dans cette conférence de presse.
Hier, le président américain a affirmé une nouvelle fois que l'Iran discutait d'un accord de paix avec Washington, une affirmation niée par Téhéran en raison de la crainte, selon le président américain, des dirigeants iraniens chargés de "négocier" de se faire "tuer par les leurs".
"Nous sommes en train de les anéantir complètement", affirme le chef d'Etat américain concernant les affrontements, assurant avoir touché les "capacités militaires de l'Iran à un niveau sans précédent". "Nous sommes l'armée la plus forte du monde, de très loin. (...) Nous détruisons leurs stocks de missiles, de drones, leurs capacités industrielles, (...) leurs forces aériennes", a-t-il expliqué.
Par ailleurs, Trump a encore blâmé l'Otan. L'Iran a "tiré un missile qui avait une portée de 2 500 km, en direction" de la base stratégique américano-britannique Diego Garcia, et "les Britanniques (...) ne voulaient pas se faire entraîner dans le conflit". "On est très déçu de l'Otan. L'Otan n'a vraiment rien fait", fustige le locataire de la Maison Blanche.
Sur le marché des matières premières, le brent continue de progresser et de dépasser la barre des 100 dollars. Vers 17h50, il est en hausse de plus de 5% à 108,53 dollars. Le WTI avance de 4,23% à 95,02 USD.
"Je pensais que les prix du pétrole allaient augmenter davantage et les bourses s'écrouler encore plus", avoue Donald Trump, mais la situation actuelle "témoigne sans doute du fait qu'ils ont confiance dans le président américain et les personnes autour de cette table", a fait savoir Trump sur ce point.
Pour Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM, "des rebonds techniques sont possibles. Mais un retour durable de la hausse est conditionné à un début de négociations entre les Américains et les Iraniens. Nous en sommes loin, a priori. Les signaux qui nous parviennent sont contradictoires. Sur une note positive, l'Arabie Saoudite a confirmé avoir réussi à faire transiter 40% de son pétrole qui habituellement passe par le détroit d'Ormuz via son oléoduc Est-Ouest. Point négatif, nous commençons déjà à percevoir l'impact de l'inflation sur les chaînes de production".
Edenred et Quadient en fort repli
Du côté de la cote, Edenred a dévissé de près de 18%, terminant lanterne rouge du SBF 120. L'Autorité italienne de la concurrence (AGCM) a ouvert une enquête visant Edenred Italia et sa maison mère Edenred SE pour un possible abus de position dominante sur le marché des titres-restaurant, a-t-elle annoncé ce matin. Le régulateur s'inquiète notamment d'une stratégie mise en place après l'instauration d'un plafond légal sur les frais de remboursement. L' AGCM soupçonne qu'Edenred aurait alors modifié unilatéralement les conditions d'acceptation des titres électroniques, en supprimant l'intégration directe avec les systèmes de caisse des grandes enseignes au profit de solutions d'interconnexion tierces, plus coûteuses. Le groupe aurait aussi imposé des conditions moins favorables, comme des délais de remboursement allongés.
Quadient a chuté de 14,20%, affichant une des plus fortes baisses du SRD. La plateforme mondiale d'automatisation au service de connexions professionnelles sécurisées et durables est pénalisée par ses résultats annuels 2025. Ses revenus sont en repli de 5,2%, à 1,036 milliard d'euros. L'Ebitda s'est affaissée de 7,2%, à 230 MEUR, la marge brute a reculé de 5,7%, à 771 MEUR, tandis que le résultat opérationnel est passé de 123 MEUR, à -8 MEUR.
Par ailleurs, Trigano a reculé de 1,55% alors que son chiffre d'affaires au premier 2025/2026 de 1,78 MdEUR est en hausse de 6,2%, mais légèrement inférieur aux attentes. Les analystes restent pourtant optimistes, évoquant une dynamique solide et un carnet de commande fourni. Le groupe a d'ailleurs confirmé sa perspective d'une amélioration de sa rentabilité pour 2025/26 et annoncé le versement d'un acompte sur dividende de 2,10 EUR par action au titre de l'exercice 2026.
En revanche, Kering a grappillé 0,06% après longtemps avoir occupé la tête du CAC 40 en cours de séance. Le titre avait progressé de 2,5% peu avant 14h, après un "pre-close call" de fin de trimestre tenue la veille et jugé encourageant. Cette conférence téléphonique a semble-t-il rassuré les analystes quant à la dynamique de l'activité du groupe de luxe sur les trois premiers mois de l'année. "Les indications données par la société sur le ce premier trimestre nous conduisent à légèrement ajuster en baisse nos prévisions de croissance sur 2026 pour refléter un rythme d'amélioration séquentielle plus modéré notamment chez Gucci", explique Oddo BHF dans son étude.
En Europe, H&M (-2,18%) s'est replié après avoir publié un chiffre d'affaires en deçà des attentes du marché au titre de son premier trimestre, tout en se montrant rassurant concernant l'impact du conflit au Moyen-Orient. Le groupe suédois, numéro deux mondial du prêt-à-porter, a fait état ce matin de revenus nets en baisse de 10% à 49,6 milliards de couronnes suédoises sur les trois mois clos fin février. Grâce à la réduction de ses coûts, le bénéfice opérationnel du distributeur ressort toutefois en hausse de 26% à 1,51 MdSEK sur les trois derniers mois, alors que le consensus ne visait que 1,43 Md.
Cette performance s'avère inférieure aux prévisions des analystes, qui visaient 50,2 milliards en moyenne.
Copyright © 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.
