(ABC Bourse) - Porté par une dynamique solide dans tous ses métiers, Crédit Agricole boucle l’année 2025 avec des performances financières remarquables, malgré une surtaxe d’impôt et un contexte économique contrasté.

Avec un bénéfice net de 7,1 milliards d’euros pour Crédit Agricole SA et 8,8 milliards pour le groupe, la banque mutualiste dépasse les attentes et trace une trajectoire ambitieuse jusqu’en 2028. En toile de fond : une croissance maîtrisée, des revenus record et une stratégie affirmée à l’international.
Des revenus au sommet malgré un contexte fiscal pesant
Crédit Agricole SA a terminé l’année 2025 avec un produit net bancaire en progression de 3,3 % à 28 milliards d’euros, et 39,9 milliards pour l’ensemble du groupe (+3,9 %). Ce niveau inédit de revenus a été atteint en dépit de l’impact d’une surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices, qui a coûté 280 millions d’euros au groupe pour l’exercice.
"Crédit Agricole est naturellement l'un des plus gros contributeurs social et fiscal en France compte tenu de la forte proportion de revenus générés sur le territoire notamment avec les caisses régionales", a souligné Olivier Gavalda, directeur général de Crédit Agricole SA.
L’effet négatif de la consolidation de la participation dans Banco BPM a également pesé : une charge comptable de 607 millions d’euros au quatrième trimestre. Pourtant, l’Italie reste un pilier stratégique : avec 1,1 milliard d’euros de profits générés, le pays pèse 14 % des résultats. Crédit Agricole détient désormais 20,1 % de Banco BPM, avec l’autorisation de la BCE de monter jusqu’à 29,9 % sans offre publique, et négocie des sièges au conseil d’administration.
Mobilité freinée, épargne dopée : les moteurs de performance
Tous les métiers ont progressé, à l’exception notable de la division mobilité. "Tous nos métiers sont au vert à l'exception de notre division mobilité pénalisée par la situation du marché automobile d'une façon générale, et en particulier des difficultés des constructeurs avec lesquels nous avons des accords comme Stellantis, et nos partenaires Tesla et le constructeur chinois GAC qui ont vu leurs ventes reculer", a expliqué Olivier Gavalda. Cette activité a nécessité des provisions de 80 millions d’euros en Grande-Bretagne à cause du scandale des crédits auto abusifs.
À l’inverse, les activités de marché, la gestion d’actifs via Amundi (avec 2.380 milliards d’euros d’encours fin 2025) et l’assurance (52,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel) ont enregistré des performances remarquables. La filiale LCL a dépassé le milliard d’euros de revenus trimestriels.
Objectif 2028 et croissance ciblée en Europe
Porté par une croissance organique robuste, le groupe entend accélérer en Allemagne sur le marché des PME-ETI, tout en gardant l’œil ouvert sur les opportunités d’acquisitions.
Le plan stratégique ACT 2028 s’appuie sur des fondations solides, avec un ratio CET1 de 11,8 %, un résultat brut d’exploitation de 12,45 milliards d’euros et 2,1 millions de nouveaux clients conquis en 2025. "Le groupe a poursuivi son développement en 2025 avec une forte dynamique de croissance dans tous les métiers", a commenté Eric Vial, président du conseil d’administration.
Crédit Agricole SA entend dépasser les 8,5 milliards d’euros de bénéfice en 2028. "Les résultats élevés que nous publions en 2025 confortent les ambitions de notre PMT ACT 2028", assure Olivier Gavalda, qui promet une année décisive à venir : "En départ lancé, l'année 2026 marquera la concrétisation de plusieurs initiatives stratégiques".
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