(ABC Bourse) - Un coup de pouce pour les études, un virement pour l’apport d’un appartement… Dès 2026, ces gestes de solidarité familiale devront être déclarés. Sinon, l’administration fiscale pourra revenir vous réclamer des droits des années plus tard.

Envoyer un peu d’argent à un enfant en fin de mois ou participer à l’achat immobilier d’un petit-enfant n’a rien d’inhabituel. Pourtant, à partir du 1er janvier 2026, ces virements entre proches pourraient ne plus être considérés comme de simples gestes de soutien. En cause : une réforme fiscale qui oblige à déclarer la majorité des dons manuels en ligne, même ceux qui passent par un virement bancaire.
Ce nouveau dispositif vise à renforcer la transparence des flux d’argent familiaux et à automatiser les vérifications. En parallèle, les banques françaises ont renforcé leurs systèmes de sécurité dès le 9 octobre 2025. Désormais, chaque virement devra être validé en vérifiant la correspondance entre le nom du bénéficiaire et l’IBAN. Une mesure mise en place pour éviter les arnaques, mais qui rend aussi chaque transaction beaucoup plus traçable. "Le fraudeur intercepte une facture légitime et remplace l’IBAN par le sien", explique Julien Lasalle du Comité national des moyens de paiement.
Déclarer ou risquer un redressement fiscal
Dès 2026, toute somme transmise à un proche, si elle n’est pas considérée comme un "présent d’usage", devra être déclarée en ligne sur impots.gouv.fr. Il peut s’agir d’un virement, d’un chèque ou même d’un don en liquide. "Presque tous les dons doivent être déclarés", précisent les textes. Seuls les cadeaux modestes faits à l’occasion d’un anniversaire ou d’un mariage peuvent encore échapper à cette règle.
Si un virement n’est pas déclaré comme un don manuel, il pourra être redressé à tout moment, sans limite de prescription, sur la base de l’article 757 du Code général des impôts. Et ce, même des années après, si l’administration en prend connaissance à travers une transaction comme un achat immobilier, un placement ou une succession.
Dans les faits, les virements importants entre générations, pour aider à financer des études ou un logement, sont les plus susceptibles d’attirer l’attention du fisc. Avec la déclaration en ligne obligatoire, les seuils d’abattement, comme les 100 000 € entre un parent et un enfant, seront mieux surveillés.
Dons d'argent, abattements et télédéclaration
Face à ces nouvelles règles, il devient crucial de comprendre comment structurer ses dons. En ligne, un parent peut donner jusqu’à 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans, sans payer de droits. Il existe aussi un abattement complémentaire de 31 865 € pour les dons familiaux en numéraire, à condition que le parent ait moins de 80 ans et que l’enfant soit majeur.
Pour bénéficier de ces abattements, il faut impérativement déclarer officiellement le don. Cela déclenche le compteur des 15 ans. Le formulaire Cerfa 2735 restera exceptionnellement utilisable pour certains cas spécifiques : personnes âgées sans accès au numérique, dons à des mineurs protégés.
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La règle est donc simple : chaque virement familial important pourrait être requalifié. Pour éviter toute mauvaise surprise, mieux vaut le déclarer, bénéficier des abattements, et conserver les preuves. Sans cela, un simple virement bancaire d’aujourd’hui pourrait devenir, demain, un sujet de redressement fiscal.
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