La recapitalisation d’Eutelsat semble porter ses fruits. Moins déficitaire, l'opérateur spatial garde le cap sur ses ambitions 2025-2026.

Après une année 2024 marquée par une perte abyssale, le groupe spatial français Eutelsat annonce une nette amélioration de ses résultats au premier semestre de l’exercice 2025-2026. Sa perte nette a été ramenée à 236,5 millions d’euros, contre 873,2 millions un an plus tôt. Une performance saluée d’autant plus que l’opérateur maintient ses objectifs financiers, malgré un contexte toujours instable.
L’entreprise vise toujours une stabilité de son chiffre d’affaires opérationnel à l’horizon juin 2026, assortie d’une marge d’Ebitda ajusté "légèrement inférieure" à celle de 2024-2025. Sur ce même périmètre, ses revenus se sont élevés à 573,8 millions d’euros au premier semestre, soit une baisse de 4,3 % en données publiées, mais de seulement 0,6 % à périmètre et taux de change constants.
Objectifs maintenus et investissements massifs en orbite basse
La rentabilité brute du groupe continue de s’éroder. L’Ebitda ajusté a reculé de 8 % sur un an, à 308,2 millions d’euros, ce qui représente 52,1 % du chiffre d’affaires global (591,6 millions d’euros). À la même période l’an dernier, cette marge atteignait encore 55,2 %. En dépit de cette pression sur sa rentabilité, Eutelsat tient son cap et prévoit désormais des dépenses d’investissement brutes à hauteur de 900 millions d’euros sur l’exercice en cours. Ce niveau reste élevé, bien qu’en baisse par rapport à la fourchette de 1 milliard à 1,1 milliard d’euros anticipée précédemment, et très supérieur aux 449,8 millions d’euros engagés sur 2024-2025.
L’ambition est claire : sécuriser les actifs essentiels à long terme. Grâce à deux augmentations de capital réalisées récemment pour un total de 1,5 milliard d’euros, l’opérateur assure que ses projets sont financés jusqu’en 2030. Ces fonds soutiendront notamment la pérennisation de la constellation de plus de 650 satellites en orbite terrestre basse (LEO), un héritage stratégique du rachat de OneWeb en 2023.
Eutelsat entend également conserver "une structure financière saine", avec un ratio d’endettement net sur Ebitda de 2,7 visé fin 2025-2026, après être passé de 3,92 fin 2024 à seulement 2 au 31 décembre dernier.
L’État français devient le premier actionnaire du groupe
La nouvelle donne capitalistique change aussi la gouvernance. À l’issue de la recapitalisation, l’État français devient l’actionnaire majoritaire de l’opérateur avec 29,65 % du capital. Il devance Bharti Space Limited (17,88 %), l’État britannique (10,89 %), l’armateur CMA CGM (7,46 %) et le Fonds stratégique de participations (4,99 %).
Ce soutien étatique massif témoigne d’un intérêt croissant pour les enjeux de souveraineté spatiale et de connectivité. Dans un secteur en recomposition, Eutelsat s’impose comme un acteur stratégique à suivre de près.
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