
NEW YORK Le groupe bancaire américain JPMorgan a fait part mardi d'un bénéfice net en hausse de 41% et nettement supérieur aux attentes des analystes au deuxième trimestre, soutenu par la résistance de la consommation aux Etats-Unis et par une forte activité sur les marchés de capitaux.
La première banque américaine a encaissé un bénéfice net de 21,2 milliards de dollars, soit 7,70 dollars par action, pour la période d'avril à juin, à comparer avec un profit de 14,99 milliards de dollars, soit 5,24 dollars par action, un an plus tôt. Les analystes s'attendaient à un bénéfice de 5,59 dollars par action au deuxième trimestre.
L'action reculait de 2,4% dans les échanges de préouverture à Wall Street après ces résultats. Le titre a gagné 3,4% depuis le début de l'année et s'inscrit en hausse de plus de 16% sur un an.
Le produit net bancaire ajusté de la banque, l'équivalent du chiffre d'affaires, a bondi de 28%, à 57,35 milliards de dollars, contre 44,91 milliards de dollars un an auparavant, alors que les analystes s'attendaient à un produit net bancaire de 51,1 milliards de dollars.
JPMorgan continue de profiter de la bonne santé de l'économie américaine grâce aux solides bénéfices des entreprises et à une consommation des ménages de bonne facture malgré les taux d'intérêt élevés et l'inflation. L'appétit des investisseurs sur les marchés d'actions et la flambée des fusions-acquisitions au premier semestre, avec près de 2.500 milliards de dollars de transactions selon Dealogic, a également permis à la banque d'encaisser de robustes commissions.
"Les performances ont été fortes dans l'ensemble du groupe, et le produit net bancaire de chaque segment d'activité a atteint un nouveau record", a indiqué le PDG Jamie Dimon, cité dans un communiqué. Il a évoqué une économie américaine qui "fait preuve d'une résilience remarquable cette année, avec une reprise des investissements des entreprises et des embauches. Cette vigueur s'appuie sur plusieurs facteurs favorables, notamment les investissements en capital liés à l'intelligence artificielle, les mesures de relance budgétaire et les avantages d'une réglementation plus efficace".
Jamie Dimon a cependant averti que "plusieurs risques évoluent sous la surface comme des plaques tectoniques, notamment les tensions géopolitiques et les guerres, une inflation tenace, d'importants déficits budgétaires mondiaux et des prix des actifs élevés. Nous ne pouvons pas prédire comment ces forces finiront par se manifester", a-t-il indiqué.
Dans la banque d'investissement et de financement, le produit net bancaire de JPMorgan au deuxième trimestre a bondi de 27%, à 24,8 milliards de dollars, tiré notamment par la hausse de 33% des recettes des activités de négoce sur les marchés d'obligations, d'actions ou de devises et le bond de 21% des commissions dans les émissions de titres et les fusions-acquisitions.
La banque de détail a de son côté vu ses revenus augmenter de 8%, à 20,27 milliards de dollars, soutenus par la hausse des intérêts et des volumes de crédit.
Le revenu net des intérêts de JPMorgan, qui représente la différence entre les intérêts perçus et ceux versés aux déposants, a augmenté de 10% sur un an au cours du trimestre, à 25,6 milliards de dollars, dans un contexte de taux élevés. La Réserve fédérale (Fed) américaine a laissé ses taux inchangés au cours du trimestre alors que ses responsables redoutent une accélération de l'inflation en raison notamment de la flambée des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran.
JPMorgan a légèrement relevé sa prévision de revenu net des intérêts cette année, à 105,5 milliards de dollars, contre une prévision de 103 milliards de dollars à la fin du premier trimestre.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
