
(Actualisation: précisions sur les résultats, commentaires d'analystes et réaction en Bourse)
(Agefi-Dow Jones)--Le groupe de luxe Kering a indiqué mardi tabler sur un retour à la croissance et à une meilleure rentabilité en 2026, après un exercice 2025 encore difficile pour Gucci mais où l'arrivée de Luca de Meo semble avoir servi d'électrochoc.
Vers 11h15, l'action Kering gagnait 11,5% à la Bourse de Paris, effaçant l'essentiel de ses pertes depuis le début de l'année.
"Kering aborde 2026 avec un objectif clair: renouer avec la croissance et améliorer ses marges, dès cette année", a indiqué le groupe dans un communiqué.
+ Un nouveau plan stratégique en ligne de mire +
Luca de Meo présentera le 16 avril prochain un plan stratégique qui guidera une "nouvelle phase de transformation" et doit permettre au groupe de rattraper son retard sur certains de ses concurrents dans un contexte redevenu un peu plus porteur pour les achats de luxe au niveau mondial.
Depuis son arrivée en septembre dernier, le directeur général a déjà pris des mesures énergiques d'allégement du bilan, en cédant pour plus de 2 milliards d'euros d'actifs immobiliers et en se séparant de la division Kering Beauté, cédée à L'Oréal pour 4 milliards d'euros.
Kering a également écrémé son réseau de magasins et réduit ses dépenses d'investissement hors immobilier (Capex), à 792 millions d'euros en 2025 contre 1,11 milliard d'euros en 2024.
Ces mesures ont permis de réduire la dette et d'assurer le paiement du dividende en dépit de la contraction des résultats, apprécient les analystes d'Invest Securities.
Le groupe proposera le versement d'un dividende ordinaire de 3 euros par action au titre de l'exercice écoulé, ainsi qu'un dividende exceptionnel de 1 euro lié à la cession de Kering Beauté à L'Oréal, qui sera versé une fois l'opération clôturée et "pas avant le 4 juin 2026", a précisé Kering.
+ Gucci convalescent +
L'an dernier, le chiffre d'affaires du groupe à la tête de Gucci, Yves Saint Laurent ou encore Bottega Veneta a reculé de 10% à taux de change et périmètre constants, à 14,68 milliards d'euros.
Les ventes ont été pénalisées par une demande atone, notamment en Chine, et par des effets de change négatifs liés à la baisse du dollar face à l'euro. Kering a en outre pâti de la difficulté de sa marque phare, Gucci, à se reconnecter avec les attentes des consommateurs.
Sur l'ensemble de l'exercice écoulé, la marque a vu ses ventes chuter de 19% et a pesé sur la performance d'ensemble du groupe. Au quatrième trimestre, les ventes de Gucci ont reculé de 10% sur un an, en données comparables, ce qui marque une "nouvelle amélioration séquentielle" (soit d'un trimestre sur l'autre), selon Kering.
La directrice financière du groupe, Armelle Poulou, a souligné lors d'une conférence téléphonique le succès des nouveaux produits lancés par Gucci, notamment les sacs à main qui ont réalisé une performance positive au dernier trimestre. "Le lancement de la collection La Famiglia, présentée en septembre 2025 et déployée progressivement en boutique depuis début janvier, ainsi que l'introduction de nouveautés, ont contribué à raviver l'intérêt pour la maison", a ajouté Kering.
+ Le point bas a été probablement atteint +
Pour l'ensemble de l'exercice 2025, Kering publie un bénéfice net de 72 millions d'euros, contre 1,13 milliard d'euros l'année précédente. Hors charges exceptionnelles de restructuration, le bénéfice net des activités poursuivies est ressorti à 532 millions d'euros l'an dernier, a précisé le groupe.
Le résultat opérationnel courant (ROC) s'est contracté de 33%, à 1,63 milliard d'euros, faisant ressortir une marge opérationnelle de 11,1%.
"Dans l'ensemble les ventes de Kering au quatrième trimestre sont supérieures de 2% aux attentes et le résultat opérationnel courant [de l'année] est également légèrement supérieur au consensus", notent les analystes de Barclays.
"A ce stade du cycle, le marché ne lit plus la performance passée mais la crédibilité du redressement", ajoute Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro. L'amélioration récente des performances du groupe en Asie et l'absence de révision en baisse des perspectives de Gucci constituent des signaux positifs dans un contexte de bas de cycle pour le secteur luxe, ajoute l'analyste.
COMMUNIQUES FINANCIERS DE KERING :
http://www.kering.com/fr/finance
Agefi-Dow Jones The financial newswire
