
Les Bourses européennes ont fini en hausse vendredi, portées par un rapport sur l'emploi américain décevant, qui atténue les craintes d'un relèvement des taux de la Réserve fédérale (Fed), malgré la nervosité persistante autour du détroit d'Ormuz.
L'indice Stoxx Europe 600 a fini sur un gain de 0,3%, à 660,25 points et après avoir enregistré en séance un nouveau plus haut absolu à 663,41 points. Le CAC 40 et le SBF 120 ont progressé de 0,2% chacun. Le premier a inscrit en séance un nouveau record à 8755,03 points. A Francfort, le DAX 40 s'est adjugé 0,7% et le FTSE 100 a affiché une progression de 0,3% à Londres.
Dans le même temps, la tendance était positive à Wall Street à l'approche de la mi-séance. Le Dow Jones et le S&P 500 progressaient de 0,2% et 0,6%, respectivement. Le Nasdaq Composite grimpait de 1,3%.
Les chiffres de l'emploi ont réservé une mauvaise surprise. Le département du Travail a fait part vendredi de la destruction de 23.000 emplois nets aux Etats-Unis le mois dernier, alors que les économistes s'attendaient à la création de 83.000 postes. Le ministère a également nettement révisé en baisse les créations de postes en mai et juin, à respectivement 63.000 et 20.000, contre 129.000 et 57.000 précédemment annoncés.
"La publication d'aujourd'hui conforte notre scénario d'une pause prolongée de la Réserve fédérale, mais il ne faut pas perdre de vue que, d'ici à la réunion du FOMC (comité de politique monétaire, ndlr) de septembre, nous aurons encore un rapport sur l'emploi, deux publications d'inflation et le symposium de Jackson Hole organisé par la Réserve fédérale", a réagi ING.
Sur le marché des taux, le rendement du 10 ans américain perdait un peu plus de 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 4,66%, entraînant dans son sillage ses équivalents européens. Le rendement du Bund allemand à 10 ans reculait d'1 point de base, à 3,15%.
Dans le sillage de l'évolution des taux, la monnaie européenne progressait de 0,3% face au billet vert, à 1,1564 dollar.
Jeudi soir, les marchés ont compris "soudainement que l'accord autour d'Ormuz [entre l'Iran et Oman, ndlr] pourrait ressembler davantage à une restriction iranienne qu'à une réouverture libre du détroit", souligne dans une note diffusée vendredi John Plassard, directeur des investissements de Cité Gestion.
"Selon les informations relayées par les médias locaux, Téhéran envisagerait d'interdire le passage aux navires américains et israéliens, tout en exigeant des compensations des pays jugés hostiles. Cette perspective a suffi à faire réapparaître la vieille équation qui hante Wall Street: pétrole plus cher, inflation plus persistante" et Réserve fédérale potentiellement plus restrictive, ajoute l'expert.
Dans ce contexte géopolitique incertain, les cours du pétrole s'inscrivent en hausse. Vers 17h50, le contrat d'octobre sur le brent de la mer du Nord coté à Londres gagnait 1,1%, à 83,40 dollars le baril.
ACTIONS A SUIVRE
-Airbus (+0,5%): l'avionneur européen a annoncé vendredi avoir livré 67 avions à 39 clients en juillet. Le groupe a par ailleurs reçu 204 commandes brutes le mois dernier.
-EUTELSAT(-4,6%): l'opérateur satellitaire a annoncé vendredi anticiper une progression de ses revenus et une stabilité de sa rentabilité lors de l'exercice 2026-2027 qui s'achèvera fin juin prochain, après avoir enregistré des résultats globalement supérieurs aux attentes des analystes en 2025-2026. Sur la période, Eutelsat a généré un chiffre d'affaires des activités opérationnelles de 1,2 milliard d'euros, en baisse de 2,4% en données publiées par rapport à l'exercice 2024-2025, mais en croissance de 1,8% en données comparables, c'est-à-dire à taux de change et périmètre constants.
-PORSCHE SE (+0,4% à Francfort): le principal actionnaire de Volkswagen réclame des mesures rapides pour améliorer la compétitivité du constructeur automobile allemand, après avoir comptabilisé des milliards d'euros de dépréciations sur son investissement. Porsche Automobil Holding SE a indiqué avoir comptabilisé 3 milliards d'euros (3,46 milliards de dollars) de dépréciations au premier semestre liées à son investissement, et 200 millions d'euros supplémentaires sur sa participation dans Porsche.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
