
Les Bourses européennes devraient ouvrir de manière indécise lundi après le décrochage du segment technologique vendredi à Wall Street, et à la veille des élections de mi-mandat aux Etats-Unis.
A SUIVRE EN FRANCE
Fitch Ratings a abaissé vendredi soir la perspective associée à sa note de crédit pour la France, en soulignant l'affaiblissement de la croissance dans l'Hexagone depuis cet été, l'augmentation de ses coûts d'emprunt et le creusement de son déficit public. L'agence d'évaluation financière a maintenu sa note "A+", mais sa perspective est passée de "stable" à "négative".
Fitch a indiqué avoir apprécié la détérioration des indicateurs d'endettement de la France au regard de la fragmentation de son paysage politique et du mouvement social qui secoue le pays, autant d'éléments qui risquent de compliquer le redressement des finances publiques.
Dimanche, La Plateforme automobile a annoncé que les immatriculations de voitures particulières neuves en France avaient augmenté de 7% sur un an en octobre, en données brutes.
Du côté des entreprises, l'équipementier ferroviaire Alstom a publié lundi des résultats préliminaires inférieurs à ses prévisions pour le premier semestre et a abaissé ses perspectives pour l'exercice 2026-2027.
L'équipementier automobile Forvia a confirmé ses objectifs financiers pour 2026, alors que son chiffre d'affaires a connu un recul moins prononcé que celui du marché au troisième trimestre.
La société de services informatiques Sopra Steria a de son côté annoncé lundi avoir finalisé l'acquisition de l'activité "manufacturing engineering" de Daher Industrial Services, pour un montant qui n'a pas été communiqué.
Lundi après-Bourse, Coface publiera ses résultats du troisième trimestre.
Vers 7h50, le contrat à terme sur le CAC 40 gagnait 0,2%, selon les données du courtier IG.
LES INDICATEURS ET EVENEMENTS DU JOUR
France: indice PMI du secteur manufacturier pour octobre (9h50)
Allemagne: indice PMI du secteur manufacturier pour octobre (9h55)
Zone euro: indice PMI du secteur manufacturier pour octobre (10h)
Etats-Unis: indice PMI du secteur manufacturier pour octobre (15h45)
Etats-Unis: indice ISM du secteur manufacturier pour octobre (16h)
ACTIONS
Les contrats à terme sur les marchés d'actions européens évoluent de façon contrastée lundi matin.
Vers 7h50, le contrat à terme sur le DAX 40 à Francfort montait de 0,1%, tandis que celui sur le FTSE 100 à Londres reculait de 0,2%, selon les données du courtier IG.
L'issue des élections de mi-mandat aux Etats-Unis pourrait déterminer la capacité du président américain, Donald Trump, à faire progresser ses priorités législatives.
"Nous pensons que les marchés seront plus satisfaits d'une situation d'impasse" si les élections de mi-mandat aux Etats-Unis aboutissent à un pouvoir divisé à Washington, selon Steve Englander, responsable de la recherche sur les devises du G10 et de la stratégie macroéconomique pour l'Amérique du Nord chez Standard Chartered. Une large victoire des démocrates, en particulier un net virage à gauche, pourrait peser sur les prévisions de croissance et sur le dollar américain, selon lui. En revanche, si les républicains déjouaient les attentes et conservaient la Chambre des représentants et le Sénat, bien que cela soit peu probable, cela pousserait probablement les rendements obligataires et le dollar américain à la hausse, ajoute-t-il.
Vendredi, la Bourse de New York a clôturé en forte baisse alors que les valeurs technologiques ont décroché après le mauvais accueil réservé aux publications trimestrielles d'Amazon et d'Intel, qui ont relancé les inquiétudes sur le financement de l'intelligence artificielle (IA).
L'indice Dow Jones a terminé en baisse de 1,1%, à 51.770,31 points, et le S&P 500 a reculé de 1,8%, à 7.580,07 points. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a chuté de 2,9%, à 25.437 points.
L'action Intel s'est effondrée de 28,6% et a entraîné dans son sillage AMD, qui a dévissé de 10,9%. Amazon a de son côté perdu 1,4%.
Sur l'ensemble du mois d'octobre, le Dow Jones a gagné 1,2%, mais le S&P 500 a reculé de 1,9% et le Nasdaq a chuté de 6,5%.
En Asie, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a cédé 0,3% lundi. L'indice Shanghai Composite s'adjugeait 0,9% en fin de séance, tandis que le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong montait de 0,5%.
OBLIGATIONS
Vers 7h50, le taux de l'obligation du Trésor américain à dix ans cédait 0,8 point de base, à 4,93%. Le taux du titre à deux ans gagnait 0,6 point de base, à 4,60%.
Les obligations d'Etat françaises peuvent sembler attrayantes sur un graphique d'écarts historiques, mais elles sont en concurrence non seulement avec les titres du Trésor américain, mais aussi avec les obligations d'Etat japonaises à plus haut rendement pour attirer les capitaux japonais, ainsi qu'avec Google, Microsoft et le cycle d'investissement dans l'IA, explique Masahiko Loo, responsable de la stratégie obligataire chez State Street Investment Management.
"Avec des écarts OAT-Bund se situant désormais autour de 160 points de base, les OAT peuvent sembler historiquement bon marché, mais bon marché ne signifie pas nécessairement attrayant. La perspective négative de Fitch et l'incertitude politique et budgétaire persistante devraient maintenir la volatilité à un niveau élevé jusqu'à l'élection présidentielle d'avril 2027. Aux niveaux actuels, l'écart plus large pourrait simplement être une compensation du risque et non une opportunité d'achat évidente", précise Masahiko Loo.
CHANGES
Vers 7h50, l'euro gagnait 0,2%, à 1,1188 dollar. Le billet vert montait de 0,2% face à la devise japonaise, à 157,85 yens.
PETROLE
Les cours du pétrole reculent lundi matin, alors que les opérateurs surveillent les efforts diplomatiques pour relancer les négociations de paix entre Washington et Téhéran.
Vers 7h50, le contrat de janvier sur le brent de mer du Nord coté à Londres perdait 3,20 dollars, soit 2,8%, à 110,23 dollars le baril. Le contrat de décembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex abandonnait 3,38 dollars, soit 3,3%, à 100,74 dollars le baril.
Le vice-président des Etats-Unis, J.D. Vance, a envoyé un message à Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, dans le but de relancer les pourparlers de paix, a rapporté le Wall Street Journal.
Pendant ce temps, les principaux membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés ont décidé dimanche de garder une production stable en décembre, alors que les risques géopolitiques restent élevé, le marché craignant que les Etats-Unis reprennent leurs frappes contre l'Iran après les élections de mi-mandat.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
