
Les Bourses européennes devraient ouvrir de manière indécise vendredi, après un net repli du segment technologique jeudi à Wall Street, tandis que la tension persiste sur les cours du pétrole en raison de la situation au Moyen-Orient.
A SUIVRE EN FRANCE
L'agence d'évaluation financière Moody's annoncera vendredi soir sa décision concernant la note de crédit "Aa3" qu'elle attribue actuellement à la France, et qui est assortie d'une perspective négative. Cette décision interviendra dans un contexte délicat, alors que le gouvernement doit faire adopter son budget pour 2027 sans disposer de majorité au Parlement. L'exécutif doit en outre faire face à de fortes tensions sociales relatives, entre autres, à la question du pouvoir d'achat, qui ont donné lieu le week-end dernier à de vastes manifestations accompagnées de violences urbaines.
"Les tensions sociales compliquent encore davantage le vote du budget", indique ING, qui s'attend à un abaissement d'un cran de la note de Moody's, à "A1". Compte tenu de la détérioration des finances publiques, "l'exécutif ne dispose pratiquement d'aucune marge pour répondre [à la contestation sociale] par de nouvelles dépenses ou des baisses d'impôts", observe ING.
Du côté des entreprises, le motoriste et équipementier aéronautique Safran a maintenu vendredi ses perspectives pour 2026, après avoir fait état d'une croissance à deux chiffres de ses revenus au troisième trimestre, marqué par la vigueur de ses activités d'après-vente pour moteurs civils.
Le groupe de restauration collective et de services Sodexo a confirmé vendredi ses perspectives pour l'exercice en cours, après une croissance interne au-dessus de ses objectifs en 2025-2026.
Jeudi soir, le groupe de luxe Kering a annoncé un léger repli de son chiffres d'affaires en données comparables au troisième trimestre, dans "un contexte macroéconomique plus difficile >>.
Le numéro un mondial des cosmétiques L'Oréal a de son côté fait état d'une progression de son chiffre d'affaires supérieure aux attentes au troisième trimestre, soutenue par la croissance de toutes ses divisions.
Le groupe hôtelier Accor a revu en légère hausse ses perspectives financières pour 2026 après avoir bénéficié au troisième trimestre d'une amélioration des réservations au Moyen-Orient, ainsi que de plusieurs grands événements en France.
L'exploitant aéroportuaire ADP a confirmé ses perspectives pour 2026, après avoir fait état d'une légère hausse de son chiffre d'affaires sur les neuf premiers mois de l'année, dans un contexte marqué par un trafic passagers atone.
Le groupe de distribution de matériel électrique Rexel a de nouveau relevé ses objectifs pour 2026, après avoir enregistré une croissance à deux chiffres de son activité au troisième trimestre, notamment grâce à ses ventes dans les centres de données en Amérique du Nord.
L'exploitant de centres commerciaux Unibail-Rodamco-Westfield a confirmé son objectif de bénéfice net pour 2026, alors qu'il a enregistré une hausse de la fréquentation et des loyers de ses centres commerciaux sur les neuf premiers mois.
Le spécialiste du petit équipement domestique Seb a fait état de résultats en nette amélioration sur les neuf premiers mois de l'année et précisé ses objectifs pour l'ensemble de l'exercice.
L'équipementier automobile Valeo a confirmé ses objectifs pour 2026 tout en faisant état d'un renforcement des vents contraires sur certains de ses marchés, qui ont pesé sur ses ventes au troisième trimestre.
Le groupe de construction et de concessions Vinci a confirmé prévoir une progression de ses résultats en 2026, après avoir dégagé un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre, tiré notamment par la forte demande d'infrastructures pour l'intelligence artificielle.
Le fabricant de composants pour les industries aérospatiale et automobile Lisi a de son côté annoncé une croissance à deux chiffres de son activité au troisième trimestre, portée par l'aéronautique.
Vendredi après-Bourse, GTT publiera son chiffre d'affaires et ses commandes du troisième trimestre.
Vers 7h40, le contrat à terme sur le CAC 40 gagnait 0,4%, selon les données du courtier IG.
LES INDICATEURS ET EVENEMENTS DU JOUR
France: indices PMI préliminaires pour octobre (9h15)
Allemagne: indices PMI préliminaires pour octobre (9h30)
Zone euro: indices PMI préliminaires pour octobre (10h)
Etats-Unis: indices PMI préliminaires pour octobre (15h45)
Etats-Unis: indice de confiance des ménages de l'Université du Michigan pour octobre (16h)
ACTIONS
Les contrats à terme sur les marchés d'actions européens évoluent de façon contrastée vendredi matin.
Vers 7h40, le contrat à terme sur le DAX 40 à Francfort reculait de 0,1%, tandis que celui sur le FTSE 100 à Londres grappillait 0,1%, selon les données du courtier IG.
Jeudi, la Bourse de New York a clôturé en baisse après plusieurs publications de résultats décevantes dans le secteur technologique et un regain d'inquiétude sur les besoins de financement des acteurs de l'intelligence artificielle (IA), tandis que les tensions au Moyen-Orient ont fait grimper les cours du pétrole.
Soutenu par les bons résultats de Procter & Gamble (+5,6%), l'indice Dow Jones est parvenu à rester stable, à 52.867,98 points. Le S&P 500 a en revanche fini en baisse de 1,2%, à 7.663,43 points, et le Nasdaq Composite est retombé à son niveau de la mi-septembre en chutant de 2,6%, à 26.008,86 points.
Après leurs publications de résultats, le constructeur de voitures électriques Tesla a perdu 3,1%, tandis que Meta Platforms, la maison mère de Facebook, s'est affaissée de 7%, également pénalisée par ses projets de levées de capitaux pour financer ses projets dans l'IA.
"Les préoccupations concernant l'IA ne portent plus sur la technologie", indique Michael Antonelli, expert en stratégie de marché pour Baird Private Wealth Management. "C'est 'comment pouvons-nous tous financer cela en même temps?'"
En Asie, l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo fléchissait de 0,6% vendredi en fin de séance. L'indice Shanghai Composite perdait 0,4%, tandis que le Hang Seng de la Bourse de Hong Kong s'adjugeait 0,8%.
OBLIGATIONS
Vers 7h40, le taux de l'obligation du Trésor américain à dix ans montait de 1,6 point de base, à 4,97%. Le taux du titre à deux ans gagnait 2,3 points de base, à 4,67%.
Après des semaines de ventes massives de titres du Trésor américain, les investisseurs se sont précipités jeudi vers l'actif le plus sûr, faisant passer le taux à dix ans sous la barre des 5%.
Avant la séance agitée de jeudi, le rendement à dix ans s'était maintenu à un niveau égal ou supérieur à 5% pendant 19 jours consécutifs. Mais les investisseurs se sont détournés des valeurs technologiques, tandis que la flambée des prix de l'énergie a alimenté le repli du marché d'actions. Une grande partie de ces capitaux s'est alors dirigée directement vers les obligations du Trésor américain.
"C'est une journée classique de ruée sur le marché des titres du Trésor américain - et nous n'en avions pas vu depuis un certain temps! Les inquiétudes sur la technologie entraînent une fuite vers la qualité", a écrit Mohamed El-Erian, conseiller économique en chef chez Allianz, sur X.
CHANGES
Vers 7h40, l'euro cédait 0,1%, à 1,1212 dollar. Le billet vert gagnait 0,1% face à la devise japonaise, à 156,91 yens.
PETROLE
Les cours du pétrole progressent encore vendredi matin, après avoir grimpé jeudi en raison des attaques des rebelles houthis du Yémen contre les infrastructures énergétiques de l'Arabie saoudite.
Vers 7h40, le contrat de décembre sur le brent de mer du Nord coté à Londres gagnait 98 cents, soit 0,8%, à 114,15 dollars le baril. Le contrat de décembre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex montait de 92 cents, soit 0,9%, à 100,39 dollars le baril.
"Le ciblage persistant des infrastructures saoudiennes expose le marché à une volatilité accrue, car toute frappe réussie sur des installations de production majeures, des pipelines ou des terminaux d'exportation pourrait considérablement réduire l'offre physique", prévient Thadeu Dos Santos, directeur régional chez Infinox.
De son côté, l'Iran menace de frapper non seulement les bases et les navires de guerre américains, mais aussi les aéroports, les pipelines et d'autres cibles civiles dans les pays voisins du golfe Persique, si les Etats-Unis et Israël reprennent leur campagne aérienne.
Ces avertissements ont été lancés publiquement et dans des communications diplomatiques privées, selon le Wall Street Journal, qui ajoute que l'Iran conserve d'importants stocks de missiles et de drones ainsi que la capacité de les utiliser.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
