
(Agefi-Dow Jones)--Les Bourses européennes s'inscrivent majoritairement en baisse lundi matin, alors que la guerre au Moyen-Orient est entrée dans sa troisième semaine, tandis que les investisseurs attendent plusieurs décisions de politique monétaire dans les prochains jours, dont celle de la Réserve fédérale (Fed) américaine.
Vers 11h20, l'indice Stoxx Europe 600 reculait de 0,4%, à 593,7 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 perdaient 0,4% chacun. A Francfort, le DAX 40 cédait aussi 0,4%, tandis que le FTSE 100 grappillait moins de 0,1% à Londres.
Selon un article du Wall Street Journal publié dimanche soir, l'administration Trump prévoit d'annoncer cette semaine que plusieurs pays ont accepté d'aider à escorter le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Les discussions avec ces pays se poursuivent pour déterminer si ces opérations commenceraient avant ou après la fin de la guerre, selon le quotidien américain.
Donald Trump a ensuite déclaré aux journalistes qu'il avait "exigé" que sept pays environ envoient des navires de guerre pour maintenir le flux de pétrole, affirmant que, puisqu'ils dépendent du pétrole du golfe Persique, "ces pays viennent protéger leur propre territoire, car c'est leur propre territoire."
"La paix semble lointaine, et même un cessez-le-feu paraît peu probable à court terme", juge le courtier PVM spécialisé dans le pétrole. "Pour le régime iranien, le détroit d'Ormuz reste le levier le plus puissant dans son affrontement existentiel avec les Etats-Unis et Israël. Washington, quant à lui, ne se montre guère disposé à faire des concessions tant que l'Iran n'aura pas capitulé", ajoute-t-il.
Dans ce contexte, les cours du pétrole avoisinent 100 dollars le baril, en raison des craintes persistantes de perturbations de l'offre. Lundi, le contrat de mai sur le brent de mer du Nord coté à Londres progressait de 1,2%, à 104,33 dollars le baril.
En dehors du conflit au Moyen-Orient, l'agenda économique sera dominé cette semaine par les annonces de politique monétaire d'un grand nombre de banques centrales, aux premiers rangs desquelles la Banque du Japon (BOJ), la Banque d'Angleterre (BOE), la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale.
Elles font face à "un dilemme que résume le mot stagflation", commente Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF. "Qu'est-ce qui menace le plus: 'stag(nation)"ou "(in)flation' ? Aucune banque centrale n'est à même d'y répondre cette semaine. Fed, BCE, BOJ, BOE, toutes vont laisser leur taux directeur inchangé. Mais il leur faudra bien donner une appréciation de la balance des risques sur les semaines/mois à venir', détaille l'économiste.
Sur le marché des changes, l'euro gagne 0,3% face au billet vert, à 1,1453 dollar.
ACTIONS A SUIVRE:
-COMMERZBANK (+4,2% à Francfort), UNICREDIT (-2,2% à Milan): le groupe bancaire italien a annoncé qu'il allait lancer une offre d'échange de titres pour porter sa participation dans Commerzbank au-delà de 30%, mais a précisé ne pas s'attendre à prendre le contrôle de la banque allemande.
-SOITEC (+5,5%): le fabricant de plaques de silicium sur isolant et le groupe chinois National Silicon Industry Group (NSIG) ont annoncé vendredi soir avoir prolongé de dix ans leur partenariat par une extension de leur licence commerciale. Les deux groupes souhaitent ainsi répondre "à la demande croissante de la Chine pour les produits et technologies SOI (silicium sur isolant) de Soitec", ont-ils expliqué.
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