
(Agefi-Dow Jones)--Le cours de l'or n'en finit plus de grimper, sur fond de tensions géopolitiques, de baisse du dollar et de ruée vers les actifs refuges.
Vers 16h00, le contrat à terme sur l'or pour livraison en février progressait de 4,4%, à 5.537,80 dollars l'once, selon les données de MarketWatch, après avoir touché un nouveau plus haut historique à 5.586,20 dollars. Il porte ainsi ses gains à près de 28% depuis le début de l'année. Sur un an, le cours du métal jaune a pratiquement doublé.
L'once d'or avait franchi en clôture le seuil des 3.000 dollars en mars dernier, puis celui des 4.000 dollars en octobre et le cap des 5.000 dollars lundi dernier.
"L'or prolonge sa séquence historique" dans "un climat de marché exceptionnellement tendu, dominé par la faiblesse du dollar, la crainte de dévalorisation monétaire et la montée des risques géopolitiques", souligne jeudi dans une note Jean-François Faure, fondateur du groupe AuCoffre. "Le mouvement est porté par un véritable 'debasement trade', les investisseurs se détournant des obligations souveraines et des grandes devises pour se repositionner sur des actifs tangibles. Les tensions croissantes entre les Etats Unis et l'Iran, avec un risque de dégradation rapide de la situation au Moyen Orient, renforcent la demande de valeur refuge", ajoute-t-il.
A ce titre, la demande mondiale en or, y compris de gré à gré, a pour la première fois dépassé les 5.000 tonnes en 2025, selon le dernier rapport trimestriel du World Gold Council publié ce jeudi. La demande mondiale est ainsi passée de 4.961,9 tonnes en 2024 à 5.002,3 tonnes en 2025, soit une progression de 0,8%. Une performance remarquable, alors que dans l'intervalle les cours de l'or en dollar se sont envolés de près de 66% en 2025 d'après les données de FactSet.
En face, l'offre a progressé dans les mêmes proportions mais essentiellement grâce au recyclage du métal précieux, la production des mines ayant été quasi stable.
"L'intensification des activités d'investissement a stimulé la croissance globale de la demande: les avoirs mondiaux des ETF sur l'or ont augmenté de 801 tonnes, soit la deuxième plus forte hausse jamais enregistrée, tandis que les achats de lingots et de pièces ont accéléré pour atteindre leur plus haut niveau en 12 ans", détaille le World Gold Council. En 2024, les avoirs sur les ETF or avaient au contraire légèrement reculé de 2,9 tonnes.
Globalement, l'ensemble de la demande en investissement (ETF, lingots, pièces d'or) a progressé de 84% pour atteindre 2.175,3 tonnes en 2025.
En parallèle, les banques centrales, même si elles ont levé le pied, ont encore accumulé 863,3 tonnes d'or supplémentaires dans leurs réserves sur la période (-21% sur un an).
La demande ressort par ailleurs nettement en baisse dans la joaillerie (-19% sur un an à 1.638 tonnes), tandis que la demande dans l'industrie est quasi stable (-1% à 322,8 tonnes).
+ Un dollar sous pression +
Le métal jaune profite également de l'affaiblissement du dollar, au plus bas depuis quatre ans face à l'euro. "Les anticipations persistantes de baisse des taux [par la Réserve fédérale, ndlr] et l'incertitude budgétaire et politique qui continue de régner aux États-Unis ont alimenté les opérations spéculatives sur la dépréciation du dollar, mettant à mal sa crédibilité. Conjuguée à la tolérance de Donald Trump à l'égard d'un dollar plus faible, cette situation a conduit les fonds ayant une gestion à long terme à réduire leur exposition au dollar américain, l'or apparaissant comme le principal bénéficiaire de cette évolution", juge jeudi dans une note Dilin Wu, stratégiste recherche chez Pepperstone.
Dans une décision prise à 10 voix contre 2, le comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) a maintenu mercredi soir son principal taux directeur entre 3,5% et 3,75%, soit proche du niveau jugé neutre, qui ne stimule ni ne freine l'économie. Les gouverneurs Stephen Miran, proche de Donald Trump, et Christopher Waller se sont prononcés en faveur d'une nouvelle réduction d'un quart de point.
En abaissant ses taux à trois reprises fin 2025, la Fed a tenu compte du ralentissement du marché du travail américain et des risques pour la croissance que représentent des taux d'intérêt trop restrictifs. Mais la persistance d'une inflation supérieure à son objectif de 2% par an a convaincu l'institution de marquer une pause dans cet assouplissement, malgré les appels insistants du président Donald Trump en faveur de taux bas.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
