La Commission européenne a annoncé mardi avoir pris des mesures provisoires à l'encontre de Meta en lui ordonnant de laisser libre l'accès à WhatsApp pour les assistants d'intelligence artificielle (IA) concurrents. Cet accès sera maintenu jusqu'à la fin de l'enquête de la Commission européenne.
"Cette mesure permettra d'éviter que le comportement de Meta, qui enfreint à première vue les règles de concurrence de l'UE [Union européenne, ndlr], ne cause un préjudice grave et irréparable à la concurrence sur ce marché en expansion", précise un communiqué.
"Dans des marchés qui évoluent rapidement, la concurrence peut être évincée bien avant qu'une décision finale soit adoptée. C'est la raison pour laquelle ces mesures provisoires resteront en vigueur pendant la durée de l'enquête, afin d'éviter un préjudice qui serait presque impossible à réparer", souligne Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée d'une transition propre, juste et compétitive. "Avec cette décision, nous veillons à ce que les citoyens, dans toute l'Europe, puissent continuer à choisir les assistants d'IA qu'ils souhaitent utiliser avec WhatsApp, sans que ce choix ne leur soit imposé", ajoute-t-elle, citée dans le communiqué.
Mi-avril, la Commission européenne avait envoyé à Meta une nouvelle série de griefs complémentaires dans le cadre de son enquête sur la politique de l'entreprise américaine pour l'accès des assistants d'IA tiers à WhatsApp.
La Commission reproche à Meta d'avoir potentiellement enfreint les règles de la concurrence de l'Union européenne en empêchant des fournisseurs tiers d'outils d'IA d'accéder aux utilisateurs de sa messagerie WhatsApp.
En octobre dernier, Meta avait annoncé une mise à jour de ses conditions d'utilisation pour WhatsApp qui excluait de facto les assistants d'IA tiers de l'application à compter du 15 janvier 2026. Depuis cette date, Meta AI est le seul assistant IA disponible sur WhatsApp. En décembre, la Commission européenne avait ouvert une enquête sur ces pratiques jugées potentiellement anticoncurrentielles.
La Commission avait par la suite envoyé une première communication de griefs à Meta selon laquelle "son comportement semblait, à première vue, contraire aux règles de concurrence de l'UE et elle signalait son intention d'imposer des mesures provisoires", précisait un communiqué.
Meta a présenté sa réponse à la communication des griefs début mars, avant de mettre à jour les conditions d'utilisation de WhatsApp afin de permettre aux fournisseurs tiers d'outils d'IA d'accéder à son application. Meta avait cependant décidé d'introduire une grille tarifaire pour cet accès.
L'adoption de mesures provisoires ne présage pas de la décision finale de la Commission sur le fond du dossier.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
