(ABC Bourse) - Le gouvernement revoit son scénario économique pour 2026. Avec une croissance désormais attendue à seulement 0,5 %, la préparation du prochain budget se complique, tandis que Bercy table déjà sur un rebond à 1 % en 2027.

La croissance française perd encore du terrain. Ce vendredi 11 septembre, Roland Lescure a abaissé à 0,5 % la prévision de croissance du gouvernement pour 2026, contre 1 % lors de la construction du budget. Avec une inflation désormais attendue à 2,1 %, ce nouveau scénario de Bercy intervient alors que la France prépare déjà son prochain budget avec des finances publiques sous forte pression.
Cette révision ne se limite pas à un chiffre de croissance moins flatteur. Elle pèse directement sur les recettes attendues, le niveau du PIB et donc sur la trajectoire du déficit public. Le ministre de l'Économie défend cette actualisation au nom d'un principe : "Notre fil rouge est la transparence, gage de crédibilité". Le gouvernement prévoit désormais un rebond de l'activité à 1 % en 2027, accompagné d'une inflation ramenée à 1,8 %.
Une croissance à 0,5 % en 2026 qui complique les comptes de la France
Le scénario économique retenu lors de la préparation du budget 2026 reposait encore sur une croissance annuelle de 1 %. Les crises successives ont progressivement érodé cette hypothèse, jusqu'à cette nouvelle prévision divisée par deux. Elle confirme aussi que la cible officielle d'un déficit public limité à 5 % du PIB en 2026 devient beaucoup plus difficile à atteindre.
Roland Lescure n'a pas encore communiqué de nouvelle cible officielle pour le déficit. Une actualisation doit intervenir dans les prochains jours. Des économistes et parlementaires spécialistes des finances publiques s'attendent déjà à un déficit compris entre 5,2 % et 5,3 % du PIB en 2026. Un tel niveau dépasserait celui de 2025, établi à 5,1 %.
Les chiffres publiés par l'Insee la veille ont encore assombri le tableau. L'institut a ramené sa propre prévision de croissance pour 2026 de 0,7 % à 0,4 %, après un début d'année particulièrement mauvais. Les premiers trimestres ont subi la hausse des prix du pétrole, l'explosion des taux qui renchérit le coût de la dette publique et les effets d'un été caniculaire.
La marge de manoeuvre budgétaire reste étroite. La France affiche plus de 150 milliards d'euros de déficit et plus de 3 500 milliards d'euros de dette. Cette situation n'a pas permis au gouvernement de mettre en place des aides comparables à celles déployées par certains pays voisins face à l'envolée des prix à la pompe, afin d'en limiter les effets sur le pouvoir d'achat des ménages.
Le gouvernement vise 1 % de croissance en 2027
Bercy mise maintenant sur une accélération en 2027. Le gouvernement prévoit une croissance de 1 % et une inflation ramenée à 1,8 %. Mais le point de départ reste faible : l'acquis de croissance pour 2027 calculé par l'Insee s'établit pour l'instant à seulement 0,3 %.
L'Insee ne publie pas de prévisions au-delà de six mois, mais cet acquis permet déjà de mesurer l'effort nécessaire pour atteindre l'objectif gouvernemental. Un économiste, ancien de Bercy, estime que "Il faudrait 0,3 % de croissance chaque trimestre pour parvenir à 1 % sur l’année".
L'enjeu dépasse la seule évolution de l'activité. Le scénario macroéconomique sert de socle au chiffrage du prochain budget : il détermine les hypothèses de recettes et de dépenses et fixe le niveau de PIB auquel sera rapporté le déficit. Plus la croissance réelle s'éloigne des prévisions, plus la trajectoire budgétaire devient difficile à tenir.
Le gouvernement doit désormais construire son projet de loi de finances avec cette croissance réduite de moitié par rapport à l'hypothèse initiale de 2026. La prochaine actualisation du déficit dira jusqu'où cette dégradation de l'activité a déplacé la cible officielle, alors que les prévisions de Bercy pour 2027 reposent déjà sur un rebond à 1 %.
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