
Le marché obligataire évolue en ordre dispersé vendredi après la poussée de fièvre de la veille qui a vu le taux américain à 10 ans s'approcher des 5%.
Vers 11h55, le rendement du Bund allemand à dix ans gagnait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,52%, un nouveau plus haut depuis 2009. Le taux de l'OAT française était pratiquement stable, à 4,44%, tandis que le taux italien bondissait de 9 points de base, à 4,38%.
L'écart de taux ("spread") entre l'emprunt français à dix ans et le titre allemand de même échéance (Bund) poursuit sa progression à 94 points de base vers 11h55, selon les données d'Euronext. A la clôture de jeudi, soit 93 points de base, il s'agit de son plus haut niveau en clôture depuis mi-2012 et la crise de la dette en zone euro, d'après les données de Bloomberg.
Le rendement de l'obligation américaine à dix ans refluait quant à lui de 3 points de base, à 4,94%.
Les investisseurs attendent avec intérêt la publication à 14h30 des chiffres de l'inflation américaine pour le mois d'août, dernier indicateur majeur avant la réunion de la Réserve fédérale (Fed) la semaine prochaine.
Les économistes interrogés par le Wall Street Journal s'attendent à un taux d'inflation de 3,4% sur un an pour le mois dernier, inchangé par rapport à celui de juillet. Ils prévoient un léger ralentissement de l'inflation de base, à 2,4%, contre 2,5% en juillet.
L'indice des prix à la production publié jeudi Outre-Atlantique est ressorti au-dessus des attentes à 5,4% alors que le consensus tablait sur 5,3% et le chiffre précédent a été révisé à la hausse également.
"De quoi tendre un peu plus les taux américains: le taux à 10 ans fleurte désormais avec les 5% (il a atteint 4,98% ce matin) et le taux à 30 ans a atteint son plus haut niveau depuis juin 2007 à 5,38%", commente Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
"Avant la publication des chiffres d'inflation cet après-midi, les probabilités pour une hausse de taux de la Fed la semaine prochaine sont remontées à 70%. Même si ce pourcentage est élevé, il n'est toutefois par révélateur d'une certitude absolue des marchés que la Fed relèvera bien sa fourchette de taux dans quelques jours", explique-t-il.
+ La hausse des taux, un phénomène mondial +
"Pour la Banque centrale européenne (BCE) par exemple, les probabilités étaient de 99% pendant plusieurs jours avant la réunion de la banque centrale, signe que le marché était totalement convaincu qu'elle allait bien relever ses taux", souligne Alexandre Baradez.
La BCE a relevé jeudi ses trois taux directeurs de 25 points de base, sa deuxième hausse depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Lors de sa conférence de presse, la présidente de l'institution, Christine Lagarde, a présenté la hausse récente des rendements obligataires comme un phénomène mondial, qui ne se limite ni à la zone euro ni à un seul risque budgétaire, indique John Plassard, responsable des investissements chez Cité Gestion.
Christine Lagarde attribue cette hausse à la combinaison de l'offre de dette, de la demande de financement (notamment celle liée à l'intelligence artificielle) et du poids du marché américain.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
