
Les taux des obligations d'Etat françaises reculent lundi, après la décision inattendue de Moody's de ne pas dégrader la note de la France vendredi soir.
Vers 11h30, le rendement de l'OAT à 10 ans cédait plus de 7 points de base (0,07 point de pourcentage), à 4,96%, retombant en dessous du seuil symbolique des 5%. Il reculait plus fortement que son équivalent italien, qui perdait 3 points de base, à 4,55%. Ces derniers temps, le marché obligataire transalpin a souffert par contagion des inquiétudes à propos de la situation financière de la France. Si Rome a réussi à réduire ses déficits ces dernières années, le pays affiche toujours un endettement élevé. L'Italie avait un ratio dette sur PIB de 139,9% à la fin du deuxième trimestre, contre 119,1% pour la France, selon les données d'Eurostat, l'agence européenne de la statistique.
Dans ce contexte, l'écart ("spread") entre les coûts d'emprunt de la France et de l'Allemagne refluait à 159 points de base, contre 169 points de base vendredi soir, selon les données d'Euronext.
Moody's a déjoué les attentes en s'abstenant de dégrader sa note souveraine "Aa3" pour la France, tout en prévenant que d'importants efforts de réduction du déficit public seront nécessaires après l'élection présidentielle de 2027. Cette note, toujours assortie d'une perspective négative, suppose que le projet de budget pour 2027 sera adopté et permettra une légère réduction du déficit, a souligné l'agence d'évaluation financière vendredi soir.
Pour MUFG, le statu quo de Moody's "pourrait empêcher de nouvelles ventes [des obligations d'Etat françaises] en ce début de semaine, avant la prochaine réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE)", prévue jeudi. La banque japonaise juge toutefois prématuré d'attendre de la BCE qu'elle annonce des mesures de soutien aux marchés obligataires souverains.
Selon Pictet AM, la décision de Moody's devrait avoir un impact limité sur les coûts d'emprunt de la France. "Tout porte à croire, au regard de l'impasse politique, budgétaire et sécuritaire, que le taux de l'OAT à 10 ans va évoluer entre 5% et 6% dans les prochains mois, alourdissant ainsi le fardeau de la dette", indique Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. "Le pire reste à venir, sans porte de sortie évidente", selon lui. "La France cumule les handicaps: un Etat incapable de ramener son déficit sous les 5% du PIB, alors que d'autres pays européens, comme la Hongrie, procèdent à des ajustements bien plus drastiques; une croissance anémique; des taux d'emprunt compris entre 5% et 6%; sans compter une image durablement dégradée auprès des investisseurs étrangers", explique-t-il.
Après Moody's, le prochain rendez-vous de la France avec une agence de notation est fixé au 27 novembre, date à laquelle S&P Global rendra sa décision sur sa note.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
