
Le titre Medincell chute mercredi alors que la biotech a publié des résultats annuels inférieurs aux attentes des analystes au titre de son exercice décalé 2025-2026, clos fin mars, en raison d'une base de comparaison défavorable et de la faiblesse persistante du dollar.
Vers 12h20, l'action du groupe qui a développé une technologie de délivrance des médicaments par injection sous-cutanée unique au monde plongeait de 14,2%, à 24,04 euros.
Dans une note adressée mercredi à ses clients, Jefferies estime que la baisse du dollar devrait conduire le groupe à décaler d'un an, soit à fin mars 2028, son objectif d'atteinte de rentabilité.
Les variations du billet vert face à l'euro constituent un enjeu majeur Medincell. Ses seuls revenus proviennent en effet des redevances et des paiements d'étape versés en dollars par son partenaires commercial, le géant pharmaceutique israélien Teva.
Pour l'ensemble de l'exercice écoulé, ces revenus ont reculé 12% sur un an, à 24,3 millions d'euros. Un chiffre inférieur au consensus FactSet qui tablait sur 31,6 millions d'euros.
La baisse du chiffre d'affaires s'explique en grande partie par une base de comparaison défavorable, observe TP ICAP Midcap. Le groupe avait en effet profité lors de l'exercice précédent de 4,8 millions d'euros de paiement d'étape versés par Teva lié à la finalisation de l'étude de phase 3 pour l'olanzapine en injection sous-cutanée à libération prolongée (LAI), destinée au traitement de la schizophrénie chez l'adulte.
L'étude de phase 3 constitue la dernière étape des essais cliniques avant le dépôt d'une éventuelle demande de commercialisation.
Les redevances versées par Teva pour l'antipsychotique Uzedy, seul traitement du groupe actuellement commercialisé, ont progressé de 42%, à 9,3 millions d'euros, un chiffre là encore inférieur aux attentes du marché qui escomptait 10,2 millions d'euros.
"A noter que la baisse du dollar érode d'environ 15% la valeur des redevances", indique TP ICAP Midcap.
Conséquence de cette baisse du chiffre d'affaires, la perte opérationnelle s'est creusée, passant de 10,8 millions d'euros à 20,8 millions d'euros en un an. Le marché visait une perte de seulement de 9,3 millions d'euros.
La perte nette atteint quant à elle 31,3 millions d'euros après une perte de 18,4 millions d'euros enregistrée lors de l'exercice précédent. Les analystes prévoyaient une perte de 15,8 millions d'euros.
Les comptes de Medincell ont été lestés par une perte financière de 10,6 millions d'euros liée en grande partie à la revalorisation des bons souscription d'actions (BSA) accordés à la Banque européenne d'investissement (BEI), consécutive à la hausse du cours de l'action.
"Ce mécanisme devrait disparaître à l'issue de l'assemblée générale de septembre 2026 qui doit approuver le changement de cadre contractuel qui fait suite au renoncement de la BEI à l'option de vente attachée à ses BSA", tempère TP ICAP Midcap.
En mars dernier, la BEI avait en effet renoncé à son droit au règlement en cash de ses 780.00 BSA émis dans le cadre de l'accord de financement de 40 millions d'euros conclu en 2022.
+ Une trésorerie solide, des perspectives prometteuses +
Au niveau du bilan, "Medincell dispose d'une trésorerie confortable de 84,8 millions d'euros après la levée de fonds de 48,2 millions d'euros réalisée en mars dernier", souligne TP ICAP Midcap.
Pour Stifel, ce matelas devrait permettre au groupe de poursuivre son développement jusqu'à l'atteinte de la rentabilité.
Contre la tendance boursière du moment, les huit analystes répertoriés par FactSet sont tous à l'achat sur la valeur en raison des perspectives prometteuses de la biotech.
Medincell devrait en effet profiter dans les prochains mois de la poursuite de la montée en puissance des ventes d'Uzedy, de l'approbation aux Etats-Unis d'olanzapine LAI attendue au dernier trimestre 2026 avec un lancement commercial dans la foulée.
"Nous estimons que toute baisse du cours de l'action constitue une opportunité d'achat dans la perspective d'une éventuelle autorisation de mise sur le marché et du lancement de l'olanzapine", commente Jefferies.
Si l'action est chahutée mercredi, elle a bondi de 130,8% en 2024 et de 51,6% en 2024. Et les analystes affichent leur confiance avec un objectif de cours moyen de 34,88 euros.
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