
Les rendements obligataires évoluent en légère baisse lundi matin dans la zone euro, alors que les cours du pétrole se replient en attendant la conférence de presse du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, plus tard dans la journée. C'est à cette occasion que seront révélées les sanctions que comptent appliquer les Etats-Unis à l'Iran.
Vers 10h55, le contrat d'octobre sur le brent de mer du Nord coté à Londres cédait 1,4%, à 93,11 dollars le baril. Le contrat d'octobre sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex perdait 2%, à 85,30 dollars le baril. Le reflux des prix du pétrole permet d'apaiser une partie des craintes inflationnistes.
Au même moment, le rendement du Bund allemand à dix ans cédait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 3,26%. Le taux de l'OAT française de même échéance perdait également 1 point de base, à 4,12%, tandis le rendement du dix ans italien reculait de 2 points de base, à 4,07%. Son équivalent américain cédait 3 points de base, à 4,71%.
Le marché digère aussi les récentes déclarations de Scott Bessent, qui a annoncé jeudi dernier que son ministère allait au moins doubler les rachats d'obligations du Trésor à long terme. "Après la forte hausse des rendements des bons du Trésor américain à long terme observée ces dernières semaines, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a estimé nécessaire d'envoyer un signal: le gouvernement est disposé à soutenir le segment long du marché et, ainsi, à éviter un durcissement excessif des conditions financières", souligne dans une note lundi la banque privée suisse J. Safra Sarasin.
Sur plus long terme, "la conjonction de facteurs démographiques et géopolitiques devrait marquer la fin du marché haussier des titres à revenu fixe, qui a duré plus de 50 ans, la volatilité, l'inflation et les taux d'intérêt élevés devenant désormais la norme", pointe un rapport de Janus Henderson diffusé ce lundi. Sur le marché obligataire, lorsque les prix des obligations grimpent, les taux associés diminuent mécaniquement. Inversement, si les prix des obligations reculent, les taux remontent.
"Les défis démographiques, notamment dans les économies avancées, risquent d'accélérer les déséquilibres budgétaires qui se sont accumulés depuis des décennies. La démondialisation est intrinsèquement inflationniste, car les barrières commerciales limitent la concurrence et empêchent la production et les capitaux de s'orienter vers ce qui devrait être leur destination la plus efficace. Conjuguées, ces forces contribuent à une hausse du coût du capital, les investisseurs exigeant une prime de risque plus élevée sur la dette souveraine afin de compenser non seulement la détérioration des conditions budgétaires [...], mais aussi ce qui devrait être un régime d'inflation plus élevée", souligne encore ce rapport.
Plus tard dans la semaine, les investisseurs auront les yeux rivés sur le symposium de Jackson Hole, qui rassemblera les grands banquiers centraux de la planète de jeudi à samedi. Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, y tiendra un discours très attendu vendredi à 16h00 heure de Paris.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
