
Les rendements des obligations d'Etat de la zone euro et des Etats-Unis reculent fortement jeudi matin, ces titres bénéficiant de leur statut de valeur refuge dans un contexte d'inquiétudes à propos de la dette liée à l'IA.
Vers 11h25, le taux de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans reculait de près de 10 points de base (0,1 point de pourcentage), à 5,09%, selon des données de MarketWatch. Il a chuté de près de 24 points de base par rapport au plus haut touché mercredi en séance à la suite de l'annonce d'une inflation plus élevée que prévu aux Etats-Unis en septembre. Le rendement du Bund allemand à 10 ans cédait environ 8 points de base, à 3,40%, tandis que celui de l'OAT française de même échéance perdait 12 points de base, à 4,76%.
Ce retournement de tendance sur le marché des taux trouve son explication dans les déboires du fournisseur de services d'informatique dématérialisée CoreWeave. Les investisseurs s'inquiètent de la santé financière de cette société technologique, qui a eu recours à l'endettement pour financer son développement. L'action CoreWeave, qui a chuté de plus de 15% mercredi à Wall Street, perdait 7% jeudi en préouverture.
La probabilité d'une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) en octobre a atteint un sommet à 58% mercredi après la publication des chiffres de l'inflation aux Etats-Unis, pour tomber à 27% jeudi matin, souligne Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank. Cette évolution montre "à quel point l'IA monopolise actuellement l'attention des marchés, alors que les craintes d'un durcissement plus général des conditions de crédit suscitent des doutes croissants quant à la volonté de la Fed d'agir, malgré ces chiffres [d'inflation] élevés", explique le spécialiste.
La baisse des cours du pétrole contribue également à la détente des taux. Le contrat de décembre sur le brent de mer du Nord coté à Londres baissait de 2%, à 103,98 dollars le baril.
Dans ce contexte, les investisseurs seront encore plus attentifs que d'habitude aux statistiques américaines attendues jeudi après-midi. Ils attendent en particulier les prix à la production et les ventes au détail en septembre, mais aussi les inscriptions hebdomadaires au chômage.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
