
Les rendements obligataires s'inscrivent en net recul mercredi matin dans la zone euro et aux Etats-Unis, après la large victoire des démocrates lors des élections de mi-mandat ("midterms") outre-Atlantique.
Vers 11h30, le taux du Bund allemand à dix ans cédait 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 3,33%, d'après les données de MarketWatch. Le rendement de l'OAT française à dix ans se repliait de 6 points de base, à 4,88%, tandis que celui de son homologue italien pliait de 5 points de base, à 4,37%.
L'écart de rendement (spread) entre l'OAT et le Bund diminue ainsi pour s'établir à 157 points de base, selon les données d'Euronext. Ce niveau reste néanmoins proche des plus hauts historiques atteints cette année.
Aux Etats-Unis, le taux du titre du Trésor à dix ans chutait de 5 points de base, à 4,93%.
La vague bleue a donc bien eu lieu. Infligeant un camouflet au président américain, Donald Trump, les démocrates ont remporté la majorité absolue dans les deux chambres du Congrès, avec au moins 54 sièges au Sénat (51 sièges nécessaires pour la majorité) et 228 sièges à la Chambre des représentants (218 pour avoir la majorité), selon le dernier comptage réalisé par Associated Press et cité par le Wall Street Journal.
"Les démocrates ont dépassé les attentes de la plupart des analystes, remportant des sièges dans de nombreux Etats traditionnellement républicains où le président Trump s'était imposé avec une large avance en 2024. De plus, les candidats démocrates ont également remporté des postes clés de gouverneur dans l'Ohio, au Texas et en Géorgie", pointe dans une note mercredi Michael Krautzberger, CIO public markets chez AllianzGI.
A l'approche de la date butoir du 11 décembre pour le financement de l'Etat fédéral, "le risque de 'shutdown' reste élevé, à moins que des projets de loi de dépenses ne soient adoptés rapidement. Les dirigeants républicains devront tirer parti de leur défaite électorale pour persuader les partisans de la rigueur budgétaire de soutenir un projet de loi de réconciliation lors de la session post-électorale du Congrès sortant", estime l'expert. "Ce projet de loi permettrait probablement de relever le plafond de la dette et d'augmenter les dépenses de défense. Les démocrates, quant à eux, pourraient préférer reporter les négociations budgétaires à l'année prochaine, lorsque le nouveau Congrès entrera en fonction et qu'ils en reprendront le contrôle. Ces priorités contradictoires et le peu de temps disponible pour les négociations augmentent le risque de 'shutdown' des services publics", ajoute-t-il.
"La détermination des démocrates à lancer des commissions d'enquête parlementaires concernant les soupçons d'enrichissement personnel de Donald Trump ne manqueront pas de tendre les relations avec le président américain et réduire à néant les possibilités de coopération entre les branches législative et exécutive. La situation actuelle devrait donc déboucher sur une impasse institutionnelle sans avancée majeure sur le plan fiscal, ce qui est de nature à limiter le creusement du déficit budgétaire et donc atténuer un des facteurs qui exercent des pressions haussières sur les taux souverains américains", estime pour sa part Nabil Milali, portfolio manager multi-asset & overlay chez Edmond de Rothschild AM.
"Antagonisme politique ne rime pas nécessairement avec discipline budgétaire. Aucun des deux camps n'a politiquement intérêt à défendre l'austérité. Au contraire, chacun devrait chercher à faire avancer ses propres priorités. Un déficit élevé et les importantes émissions d'obligations du Trésor américain qui en découlent devraient donc persister, constituant un risque pour la partie longue de la courbe des taux états-uniens", juge en revanche Kevin Thozet, membre du comité d'investissement de Carmignac.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
