
(Agefi-Dow Jones)--Les rendements des obligations d'Etat de la zone euro progressent lundi, de même que les taux américains, alors que les investisseurs craignent une aggravation du conflit au Moyen-Orient après l'ultimatum lancé par Donald Trump à l'Iran concernant le détroit d'Ormuz.
Vers 11h45, le rendement du Bund allemand à dix ans gagnait 2 points de base (0,02 point de pourcentage), à 3,07%, tandis que celui de l'OAT française de même échéance bondissait de 11 points de base, à 3,86%, son plus haut niveau depuis juin 2009. Le taux italien prenait également 11 points de base, à 4,07%. Le taux à dix ans de l'Espagne montait quant à lui de 9 points de base, à 3,66%.
La fébrilité était également palpable outre-Atlantique où le rendement du titre du Trésor à 10 ans grimpait de 6 points de base, à 4,44%, et celui du titre à 2 ans de 10 points de base, à 4,02%.
Donald Trump a donné samedi soir 48 heures à l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, faute de quoi les Etats-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques iraniennes. Téhéran a répondu que si ses centrales étaient frappées, le pays s'attaquerait aux infrastructures énergétiques, de technologies de l'information et de dessalement d'eau des alliés américains au Moyen-Orient.
Cette nouvelle escalade brouille un peu plus les cartes sur la durée du conflit, alors que le président américain avait évoqué peu auparavant une réduction des moyens militaires américains au Moyen-Orient.
De son côté, le Wall Street Journal avait rapporté vendredi que les Etats-Unis s'apprêtaient à envoyer trois navires de guerre et plusieurs milliers de soldats supplémentaires dans la région, ce qui avait provoqué un regain de tension sur le marché obligataire.
Les déclarations contradictoires de l'administration américaine entretiennent l'aversion pour le risque sur les marchés, alors que les commentaires prudents des banques centrales poussent les rendements obligataires à la hausse, souligne Michael Brown, stratégiste chez Pepperstone.
Dans ce contexte, les investisseurs surveilleront cette semaine de nombreuses interventions de banquiers centraux. "Toute réaction, notamment de la part de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre, face à la récente réévaluation à la hausse des anticipations de taux sera particulièrement à surveiller", ajoute-t-il.
Les investisseurs n'anticipent plus de réduction des taux par la Réserve fédérale cette année, sur le marché des dérivés de taux à court terme, et ce, pour la première fois depuis le début du cycle d'assouplissement engagé en 2024.
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