
(ABC Bourse) - Les voitures chinoises viennent de passer un nouveau cap en Europe, et il devient difficile de parler d'un simple phénomène passager. En août 2026, elles ont représenté 11,7 % des ventes de véhicules neufs dans l'Union européenne, selon les chiffres de Dataforce cités par Bloomberg. Un record qui intervient alors que les constructeurs chinois accélèrent particulièrement sur les motorisations hybrides.
Depuis le début de l'année, leur progression change rapidement les équilibres du marché. Sur neuf mois, leur part atteint 9,9 % des ventes, contre seulement 5,2 % sur la même période l'année précédente. Derrière cette hausse, les hybrides occupent une place centrale, alors que Bruxelles cherche déjà comment répondre à cette nouvelle offensive commerciale.
Les constructeurs chinois ont trouvé avec l'hybride un puissant moteur de croissance en Europe. Ces véhicules représentent un quart des ventes de modèles hybrides, et même un tiers pour les hybrides rechargeables. Un positionnement qui leur permet aussi d'échapper aux droits de douane les plus élevés appliqués aux voitures électriques venues de Chine.
Plus de 900 000 voitures chinoises vendues en Europe en huit mois
Les chiffres donnent une idée de la vitesse à laquelle le marché évolue. Entre janvier et juillet 2026, les marques chinoises avaient déjà écoulé un peu plus de 813 000 véhicules en Europe, toutes motorisations confondues. Avec les ventes enregistrées en août, elles dépassent désormais le seuil des 900 000 unités.
La comparaison avec 2025 est saisissante. Sur l'ensemble de l'année dernière, 812 452 véhicules avaient été vendus. Il aura donc fallu seulement huit mois en 2026 aux constructeurs chinois pour dépasser largement ce volume.
Trois groupes concentrent une large partie de cette progression. BYD cumule plus de 232 000 immatriculations depuis janvier. Chery et MG suivent de très près, avec plus de 226 000 ventes chacune depuis le début de l'année.
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Cette accélération ne repose pas uniquement sur les voitures électriques. Les hybrides permettent aux constructeurs chinois de profiter d'un traitement douanier moins sévère. Les modèles électriques importés de Chine supportent des droits de douane de 10 %, auxquels peuvent s'ajouter des droits anti-subventions pouvant atteindre 35,3 %.
Bruxelles envisage de nouvelles mesures face aux hybrides chinois
L'Union européenne cherche désormais à contenir la progression des hybrides venus de Chine. Elle a déjà demandé à Pékin de limiter volontairement leur part autour de 15 % du marché. La Chine s'oppose à cette demande et considère qu'un tel plafond contreviendrait aux règles du commerce mondial.
L'Allemagne pourrait elle aussi pousser le dossier au niveau européen. D'après le Handelsblatt cité par la source, Berlin prépare un ensemble de mesures de sécurité économique susceptible d'intégrer une hausse des droits de douane sur les véhicules hybrides chinois. Le pays se trouve directement exposé à cette progression : selon Dataforce, les voitures chinoises ont représenté 6,4 % des ventes allemandes de véhicules neufs en août.
Le prochain rendez-vous se jouera aussi sur le terrain commercial. Le Mondial de l'Automobile de Paris, prévu le mois prochain, permettra aux constructeurs européens de présenter de nouveaux modèles avec l'objectif de reprendre des parts de marché sur leurs marchés domestiques.
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