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Actualité publiée le 13/10/26 08:15

LVMH voit ses ventes ralentir, sa division mode et maroquinerie chute de 5 %

(ABC Bourse) - Le géant français du luxe traverse un nouveau trimestre compliqué. Malgré la résistance de plusieurs de ses activités, LVMH voit sa croissance ralentir et sa division Mode & Maroquinerie reculer bien davantage que prévu. En cause, une clientèle chinoise moins présente et une polémique touchant Louis Vuitton.

LVMH, le groupe dirigé par Bernard Arnault, a publié lundi 12 octobre 2026 des résultats trimestriels qui risquent de refroidir les investisseurs. Sa division Mode & Maroquinerie, qui abrite Louis Vuitton et Dior, a enregistré une baisse de 5 % de ses ventes à taux de change et périmètre constants, alors qu'elle avait retrouvé une croissance de 1 % au trimestre précédent.

Sur l'ensemble du troisième trimestre, le numéro un mondial du luxe a réalisé 18,504 milliards d'euros de chiffre d'affaires, avec une croissance organique limitée à 1 %, contre 3 % au deuxième trimestre. Depuis janvier, ses revenus atteignent 57,148 milliards d'euros, soit une progression organique de 2 %. Le ralentissement de la consommation chinoise explique une grande partie de cette contre-performance, tandis que les États-Unis, l'Europe et le Japon continuent de soutenir l'activité.

LVMH pénalisé par Louis Vuitton et la chute des ventes en Chine

C'est dans son activité la plus stratégique que LVMH rencontre les plus grandes difficultés. La Mode & Maroquinerie représente 46,18 % des revenus du groupe sur les neuf premiers mois de 2026 et environ 70 % de son bénéfice opérationnel. Son chiffre d'affaires trimestriel atteint 8,245 milliards d'euros, avec une contraction organique de 5 %, alors que les analystes anticipaient une baisse proche de 2 %.

La situation s'est particulièrement dégradée en Asie hors Japon, où les ventes ont reculé de 5 % à données comparables, après une hausse de 4 % au deuxième trimestre. D'après Jefferies, les dépenses de la clientèle chinoise dans la Mode & Maroquinerie ont diminué de 15 à 19 %, avec une contraction proche de 20 % sur le marché intérieur.

À ces difficultés commerciales s'ajoute une affaire embarrassante pour Louis Vuitton. La maison française s'est retrouvée au centre d'un litige avec Molly Tea, une enseigne chinoise spécialisée dans les boissons au thé, accusée d'utiliser un motif floral trop proche de son célèbre monogramme.

Même si la justice chinoise a donné raison à LVMH, la procédure a provoqué des appels au boycott de Louis Vuitton. La polémique a pris une dimension particulière lorsque des internautes ont rapproché le motif contesté de représentations florales anciennes appartenant à la culture chinoise.

Bank of America estimait avant la publication des résultats que cet épisode pouvait coûter environ un point de croissance trimestrielle à la division Mode & Maroquinerie. La directrice financière de LVMH, Cécile Cabanis, a reconnu un effet défavorable au début du trimestre, tout en soulignant la difficulté d'en mesurer précisément l'ampleur.

Les analystes revoient leurs prévisions malgré la résistance des autres divisions

Toutes les activités de LVMH ne connaissent pourtant pas les mêmes difficultés. Au troisième trimestre, la Distribution sélective a enregistré une croissance organique de 8 %, soutenue par Sephora. Les Montres & Joaillerie ont progressé de 6 %, tout comme les Vins & Spiritueux, tandis que les Parfums & Cosmétiques ont gagné 1 %.

Le champagne a bénéficié d'une meilleure activité en Europe, tandis que le cognac Hennessy poursuit son redressement en Asie. Dans la joaillerie, les performances des grandes maisons du groupe ont également contribué à soutenir les ventes, même si Bulgari devra composer avec une base de comparaison plus difficile au quatrième trimestre.

Ces résultats contrastés alimentent des prévisions divergentes pour l'action LVMH. Bernstein conserve sa recommandation de surperformance et son objectif de cours de 480 euros, considérant que les autres divisions ont dépassé les attentes malgré la faiblesse de la Mode & Maroquinerie.

Jefferies adopte une position plus prudente. La banque américaine maintient sa recommandation de conserver le titre, mais réduit son objectif de cours de 440 à 415 euros. Elle anticipe une nouvelle contraction organique de 1,6 % pour la Mode & Maroquinerie au quatrième trimestre, avant une croissance de 2 % en 2027.

Ses projections concernant la rentabilité sont également moins favorables que celles du marché. Jefferies prévoit une diminution de la marge de 241 points de base sur un an au second semestre 2026, puis une stabilisation en 2027. Avant la publication, le consensus tablait sur une dégradation de seulement 85 points de base au second semestre, suivie d'une amélioration de 34 points en 2027.

Goldman Sachs affiche des perspectives plus encourageantes. La banque, qui a récemment commencé à suivre LVMH avec une recommandation d'achat, envisage une croissance de 4 % de la Mode & Maroquinerie en 2027, après une progression estimée à 0,9 % sur l'ensemble de 2026.

 

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