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Actualité publiée le 06/05/25 10:22

Malakoff Humanis prend le contrôle de Mon Petit Placement

(ABC Bourse) - Dans un climat économique où les grands groupes hésitent à investir dans les jeunes pousses, Malakoff Humanis a choisi d’aller à contre-courant. Le groupe de protection sociale annonce ce 6 mai 2025 avoir pris le contrôle majoritaire de Mon Petit Placement, une fintech lyonnaise spécialisée dans l’investissement pour particuliers. Une opération menée dans un contexte tendu pour la French Tech, où les opérations de fusions-acquisitions restent rares. Pourtant, ici, tout semble avoir été pensé pour éviter l’absorption classique : l’équipe reste en place, le nom aussi, et le fondateur garde même 15 % du capital.

Cette acquisition marque l’aboutissement d’un rapprochement amorcé dès octobre 2023, quand La France Mutualiste, devenue filiale de Malakoff Humanis en 2024 , entrait au capital de la start-up via une levée de 6,5 millions d’euros. À l’époque, Mon Petit Placement venait de dépasser les 100 millions d’euros d’encours, avec 25.000 clients en portefeuille.

Une alliance inédite dans le paysage des fintechs françaises

Les contours du deal sont clairs : Malakoff Humanis détient désormais 65 % du capital, La France Mutualiste 20 %, et Thomas Perret, fondateur de Mon Petit Placement, conserve 15 %. Ce dernier, loin de céder les rênes, repart pour un mandat d’au moins six ans. « Ce qui fait que j'ai penché pour la continuité avec le groupe, c’est la garantie d’avoir le meilleur des deux mondes : la liberté avec le soutien de Malakoff Humanis », affirme l’entrepreneur.

Le rachat n’est pas synonyme de fusion. Aucune mutualisation des fonctions supports, aucun déménagement. La fintech reste indépendante dans le choix de ses partenaires, y compris ceux qui concurrencent La France Mutualiste, comme Generali ou Apicil. « C'était très important pour nous de ne pas être intégré au groupe », insiste Thomas Perret.

Un positionnement assumé, à rebours de nombreuses opérations du secteur. Là où Société Générale revend Shine et envisage de céder Treezor, Malakoff Humanis choisit l’expansion. Ce rachat s’inscrit dans une stratégie de diversification, avec pour objectif clair : renforcer la distribution digitale des produits d’épargne individuelle, notamment en assurance-vie. « Nous renforçons les synergies existantes tout en laissant à Mon Petit Placement une totale autonomie », résume Isabelle Le Bot, DG de La France Mutualiste et membre du comex de Malakoff Humanis. 

Objectif : rentabilité, diversification et éducation financière

Cette prise de participation intervient aussi comme une bouffée d’oxygène pour la start-up, qui traversait une zone de turbulence. Après une croissance rapide, la fintech brûlait jusqu’à 150.000 euros par mois, sans parvenir à lever de nouveaux fonds en 2022. En réponse, elle a réduit ses dépenses marketing et enclenché un plan de licenciement. Puis, en 2024, une levée en crowdfunding de plus de 4 millions d’euros lui permet de regagner du souffle. L’opération avec Malakoff Humanis a même été soumise au vote des investisseurs particuliers : 79 % d’entre eux ont dit oui.

Aujourd’hui, la feuille de route est claire : l’objectif principal est d’atteindre la rentabilité d’ici 2026. Pour y parvenir, plusieurs axes stratégiques ont été définis. Il s’agit notamment d’élargir la gamme de produits d’épargne afin de répondre à une demande croissante et diversifiée. En parallèle, l’entreprise prévoit de se lancer dans le B2B2C en marque blanche, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités commerciales par le biais de partenariats. Enfin, le développement continu d’initiatives d’éducation financière reste une priorité, dans une démarche d’accompagnement et de responsabilisation des utilisateurs.

En mars 2025, Mon Petit Placement a ainsi lancé avec La France Mutualiste une application baptisée Flouze, pour démocratiser l’investissement chez les jeunes. « C’est un de nos piliers, ce sont des enjeux RSE importants pour Malakoff Humanis et La France Mutualiste. Nous nous rejoignons là-dessus », explique Thomas Perret.

Dans un marché saturé, où les fintechs peinent à survivre, Mon Petit Placement fait donc figure d’exception. S’il faudra du temps pour mesurer les effets de ce rachat, une chose est certaine : la start-up, désormais solidement adossée, compte bien continuer à tracer sa route… sans changer de cap.

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