Les marchés financiers sanctionnent sévèrement Associated British Foods, maison mère de Primark. En cause : des prévisions jugées décevantes, des pertes colossales… et des ventes européennes en chute libre.

Mercredi matin à la Bourse de Londres, le titre d’Associated British Foods (ABF) s’effondre de 10,04 %, pour atteindre 20,16 pence vers 09h40 GMT. Une chute brutale qui reflète l’inquiétude des investisseurs face à des perspectives jugées trop timides, notamment pour l’enseigne de prêt-à-porter à bas prix Primark, fleuron du groupe britannique.
Une conjoncture instable et des prévisions décevantes
Le directeur général George Weston a souligné dans un communiqué que le contexte restait "difficile, caractérisé par la prudence des consommateurs, l'incertitude géopolitique et l'inflation", tout en se disant "satisfait de la performance du groupe au cours du second semestre". Mais cela n’a pas suffi à rassurer les marchés.
ABF prévoit une croissance annuelle très modeste des ventes de Primark, limitée à environ 1 % pour l’exercice clos le 13 septembre. Si le Royaume-Uni et les États-Unis ont affiché de bons résultats, les performances en Europe continentale sont jugées préoccupantes, avec des reculs marqués. L’entreprise reste ainsi sous pression pour inverser la tendance.
Selon Richard Hunter, analyste chez Interactive Investor, l’attention se concentre logiquement "sur le fleuron du groupe, Primark, qui représente 47 % du chiffre d'affaires global", mais qui "a du mal à progresser".
Vivergo ferme, restructurations à la clé
L’enseigne n’est pas la seule à souffrir dans le portefeuille du groupe. ABF confirme également la fermeture définitive de son usine de bioéthanol Vivergo, située au Royaume-Uni. Celle-ci fait les frais d’un nouvel accord commercial signé entre Londres et Washington fin juin, qui favorise désormais les importations américaines de bioéthanol au détriment des producteurs locaux.
Vivergo, principal producteur britannique de bioéthanol, avait prévenu dès le mois de juin qu’il ne pourrait plus fonctionner sans aide étatique. Le groupe déplore que le gouvernement "a décidé de ne pas fournir la solution nécessaire pour que (l'entreprise) puisse fonctionner de manière rentable".
À cette fermeture s’ajoute une restructuration en cours de la division sucre en Espagne. L’ensemble de ces opérations devrait "entraîner des coûts (...) et des dépréciations d’environ 200 millions de livres", soit près de 231 millions d’euros.
© AbcBourse.com. Tous droits réservés
