
(Agefi-Dow Jones)--Les rendements obligataires s'affichent en léger retrait mercredi matin, alors que les investisseurs comptent sur le rapport sur l'emploi américain de janvier afin d'y voir plus clair sur l'état de santé de l'économie américaine.
Vers 11h15, le rendement du Bund allemand à dix ans cédait 1 point de base (0,01 point de pourcentage), à 2,80%, tandis que celui de l'OAT française de même échéance était stable, à 3,40%.
L'écart de taux entre la France et l'Allemagne, le "spread", ressort ainsi à 59 points de base, toujours nettement en dessous de son dernier pic à 86 points de base le 7 octobre dernier, selon les données d'Euronext.
Au même moment, le rendement du 10 ans américain cédait 1 point de base, à 4,14%.
Le rapport sur l'emploi non agricole de janvier, décalé en raison du court "shutdown", doit être publié ce mercredi à 14h30, heure de Paris. Les économistes interrogés par le Wall Street Journal s'attendent à ce que les Etats-Unis aient créé 55.000 emplois nets le mois dernier, contre 50.000 en décembre. Ils prévoient un taux de chômage inchangé à 4,4%.
"Les investisseurs préfèrent réduire leur exposition [aux actions, ndlr] avant la publication des chiffres de l'emploi américain, un rendez-vous clé pour la trajectoire monétaire des prochains mois", commente mercredi John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion.
"Malgré des déficits budgétaires élevés [aux Etats-Unis, ndlr], l'absorption de l'offre nette de bons du Trésor américain en 2026 devrait être moins difficile que l'année dernière. Le principal facteur d'incertitude est la Fed, qui est passée d'un resserrement quantitatif progressif pendant une grande partie de l'année dernière à des achats purs et simples de bons du Trésor afin de compenser la diminution des MBS [des "mortgage-backed security", des titres adossés à des créances hypothécaires, ndlr] et de renforcer les réserves", estiment dans une note publiée mercredi les analystes de Goldman Sachs.
Le bilan de la Réserve fédérale américaine (Fed) était de 6.657 milliards de dollars au 4 février, avec environ 65% du portefeuille composé de bons du Trésor et 30% de MBS, selon une étude de Barclays publiée ce mercredi.
"Nous estimons à 1.200 milliards de dollars le montant net des coupons et à 932 milliards de dollars le montant net des bons du Trésor émis par le Trésor (après prise en compte des rachats), les nouveaux achats de la Fed visant à compenser la diminution des MBS et à augmenter les réserves devant absorber 575 milliards de dollars de bons émis au secteur privé", précisent les experts de Goldman Sachs.
Du côté de la demande, si les investisseurs institutionnels étrangers ont progressivement réduit leurs achats de bons du Trésor et sont devenus vendeurs nets au deuxième et troisième trimestres l'an dernier, "ces variations ont été relativement modestes et peu inhabituelles par rapport à la volatilité historique".
D'autre part, "la demande privée étrangère est restée solide (455 milliards de dollars d'achats nets au cours du troisième trimestre) malgré des rendements des bons du Trésor américain moins favorables sur une base couverte contre le risque de change", ajoutent les analystes de la banque américaine.
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