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Actualité publiée le 03/03/26 10:19

Le prix du gaz européen flambe à près de 60 euros le MWh, porté par les tensions au Moyen-Orient

(ABC Bourse) - Le gaz repart à la hausse. Brutalement. Ce mardi 3 mars au matin, le marché européen a vu son prix de référence bondir de plus de 30 %, frôlant les 60 euros le mégawattheure. En cause, la guerre au Moyen-Orient, la paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié au Qatar.

Vers 09h20, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence en Europe, grimpait précisément à 59,445 euros le MWh, après avoir même bondi de 33 %. Un niveau inédit depuis février 2023, bien loin toutefois des sommets dépassant 200 euros le MWh atteints au plus fort de la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine.

Détroit d’Ormuz, QatarEnergy : pourquoi le marché s’emballe

Le déclencheur est géopolitique. Le trafic maritime reste quasiment à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce énergétique mondial. Parallèlement, la compagnie publique qatarie QatarEnergy a interrompu sa production de gaz naturel liquéfié.

Certes, le Qatar ne représente que 12 à 14 % des importations européennes de GNL. Mais l’impact dépasse largement cette part directe. L’arrêt de production pourrait pousser les acheteurs asiatiques à se tourner vers d’autres fournisseurs, accentuant la pression sur l’offre mondiale et faisant mécaniquement grimper les prix.

La guerre au Moyen-Orient crée des "incertitudes économiques et financières" qu’il faut "suivre de très près", a déclaré le ministre de l’Économie Roland Lescure. Il a toutefois assuré qu’"il n'y a aucun risque d'approvisionnement à court terme" en France, "ni sur le gaz, ni sur l'essence".

Banque de France, le spectre de 2022 et les leçons oubliées

La Banque de France observe elle aussi la situation avec "une grande attention". Son gouverneur François Villeroy de Galhau a évoqué les développements sur l'énergie et sur les marchés financiers, estimant que "ce serait une erreur de prévoir aujourd'hui" un éventuel "mouvement éventuel sur les taux d'intérêt" de la BCE.

Selon lui, l’économie française aborde "ces tensions avec certains éléments favorables, une inflation basse, une croissance relativement résiliente et un secteur financier solide, avec une exposition limitée sur le Moyen-Orient". Mais prudence : "il faut un peu plus de recul", a-t-il ajouté.

Jan Rosenow, professeur à l’université d’Oxford, confie : "Cela a un air de déjà-vu. Je me rappelle avoir eu exactement les mêmes conversations en 2021, et en février 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie". Avant d’ajouter : "Nous n'avons pas vraiment retenu les leçons que nous aurions dû retenir".

 

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