
(Agefi-Dow Jones)--Les Bourses européennes ont chuté mardi pour la deuxième séance d'affilée, alors que les investisseurs s'inquiètent de l'impact d'une guerre prolongée au Moyen-Orient sur l'inflation et l'activité.
L'indice Stoxx Europe 600 a perdu 3,1%, à 604,44 points. A Paris, le CAC 40 et le SBF 120 ont cédé 3,5% chacun. A Francfort, le DAX 40 a reculé de 3,4%, tandis que le FTSE 100 s'est replié de 2,8% à Londres.
A l'approche de la mi-séance, Wall Street perdait également beaucoup de terrain. Le Dow Jones et le S&P 500 reculaient respectivement de 1,5% et 1,3%. Le Nasdaq Composite cédait 1,4%.
Après avoir anticipé une issue rapide au conflit, les investisseurs craignent désormais que la guerre entre les Etats-Unis alliés à Israël et l'Iran ne se prolonge. "Peu importe le temps que cela prendra, tout ira bien - nous ferons ce qu'il faut," a déclaré lundi le président américain, Donald Trump, cité par Bloomberg. "Dès le début, nous avions estimé de quatre à cinq semaines [la durée du conflit]. Mais nous avons la capacité d'aller bien au-delà." "Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leurs dirigeants ont disparu. Ils veulent discuter. J'ai répondu : 'Trop tard !'" a écrit mardi après-midi le président américain sur son réseau social Truth Social.
Le repli des valeurs européennes s'est révélé encore plus généralisé que lundi. Les secteurs de la banque, du transport aérien et du luxe ont continué d'être particulièrement pénalisés. Seuls certains titres du secteur pétrolier, comme BP (+1% à Londres), sont parvenus à échapper à la baisse alors que les cours du brut poursuivent leur ascension.
+ Le coût de l'énergie continue de flamber +
Vers 17h50, le contrat de mai sur le brent de mer du Nord coté à Londres gagnait 5,9%, à 82,82 dollars le baril, après un plus haut en séance à 85,12 dollars. Le contrat d'avril sur le brut léger doux (WTI) coté au Nymex grimpait de 6,2%, à 75,67 dollars le baril. "Nous estimons que si le conflit dure plus de trois semaines, les producteurs de pétrole du Conseil de coopération du Golfe arriveront à saturation de leurs capacités de stockage et seront contraints d'arrêter leur production. Dans ce scénario, le Brent pourrait s'échanger entre 100 et 120 dollars," avertit JPMorgan.
Le contrat à terme sur le gaz européen TTF flambait de près de 15%, à 50,90 euros le mégawatt-heure (MWh), après avoir touché un plus haut en séance à 63,75 euros le MWh. Il avait déjà bondi de 39% lundi. Les investisseurs s'inquiètent des faibles niveaux de stocks de gaz en Europe, alors que le Qatar a interrompu lundi ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) à la suite d'une attaque iranienne sur ses installations. "Si les marchés du GNL commencent à intégrer dans leurs prix la perte durable de l'approvisionnement qatari, le TTF pourrait grimper vers 80 euros à 100 euros le MWh," prévient ING.
Cette flambée des coûts de l'énergie a provoqué une nouvelle hausse des taux longs des deux côtés de l'Atlantique. Vers 17h50, le rendement du 10 ans allemand gagnait 6 points de base (0,06 point de pourcentage), à 2,77%, tandis que son équivalent américain montait de 3 points de base, à 4,07% après avoir touché un plus haut à 4,12% en séance.
ACTIONS A SUIVRE:
-EQUIPEMENTIERS AUTOMOBILES: le conflit au Moyen-Orient et les prévisions de l'allemand Schaeffler ont renforcé les incertitudes pour le secteur. A Paris, FORVIA a chuté de 6,6%, de même que VALEO.
-VUSION (+2,9%): Le spécialiste des étiquettes électroniques a annoncé mardi le lancement de son programme de rachat d'actions d'un montant pouvant atteindre jusqu'à 30 millions d'euros.
-Thales (-2,5%): le groupe de technologies et de défense a annoncé mardi s'attendre à une nouvelle croissance de son chiffre d'affaires et de sa marge en 2026, alors que ses résultats ont progressé l'an dernier dans un contexte porteur pour les activités de défense. Pour autant, les perspectives de la société peuvent être jugées prudentes, en particulier sur le front de la croissance organique des ventes, souligne Oddo BHF.
-SPIE (-1,3%): le spécialiste du génie électrique et mécanique a annoncé lundi soir avoir signé un accord pour acquérir la société allemande d'automatisation industrielle ROFA Industrial Automation. Comptant plus de 1.200 collaborateurs, ROFA a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 430 millions d'euros en 2025, a indiqué Spie dans un communiqué.
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