
Les cours du pétrole se tassent vendredi après cinq séances de hausse, qui ont ramené le Brent au-dessus de la barre des 100 dollars, alors que les opérateurs surveillent les développements au Moyen-Orient et évaluent les conséquences sur l'approvisionnement.
Vers 17h15, le contrat à terme de novembre sur le brent de mer du Nord cédait près de 2,5%, à 104,92 dollars le baril. Le contrat d'octobre sur le baril de brut léger américain (WTI) abandonnait 2,8%, à 99,63 dollars.
Malgré l'escalade militaire des derniers jours entre les Etats-Unis et l'Iran et l'absence de progrès diplomatiques, l'analyste de Kpler, Ana Subasic, a souligné que le trafic maritime était resté "résilient au cours de la semaine dans les deux points de passage [d'Ormuz et de Bab-El-Mandeb à la sortie de la Mer Rouge], depuis le 7 septembre". "Entre le 7 et 10 septembre, 75 navires ont franchi le détroit d'Ormuz, contre 77 recensés au cours de la semaine précédente dans son ensemble", a-t-elle noté.
Mais selon elle, l'avancée des houthis, alliés à l'Iran, qui ont pris jeudi la ville portuaire yéménite de Mokha, font peser des risques futurs dans le couloir maritime sud de la Mer Rouge. L'AFP a notamment rapporté vendredi que les Houthis revendiquaient la prise de l'ensemble de la côte yéménite bordant la mer Rouge, citant un responsable gouvernemental.
"Le principal risque est que les deux couloirs de navigation principaux soient moins substituables au même moment", estime Ana Subasic. "Au cours des 24 à 72 prochaines heures, le principal point à surveiller à Ormuz sera de savoir si la campagne [du commandement central américain au Moyen-Orient] CENTCOM contre les navires-citernes liés à l'Iran se poursuit et quelle sera la réaction de Téhéran".
Dans son rapport mensuel publié vendredi, l'Agence internationale à l'énergie (AIE) a par ailleurs indiqué que l'offre de pétrole avait reculé de 1,6 million de barils par jour en août, en raison de l'interruption de l'extraction de 10 millions de barils quotidiens dans le golfe Persique, qui concentre 20% de la production mondiale.
L'agence estime que la production devrait diminuer de 5,7 millions de barils jour cette année, avant une reprise en 2027. L'AIE prévoit en parallèle une demande de pétrole en recul de 2,5 millions de barils par jour cette année, avant une augmentation de 2,6 millions de barils par jour en 2027.
Agefi-Dow Jones The financial newswire
-0-
