(ABC Bourse) - Face à la montée en puissance des constructeurs chinois, Renault revoit l'organisation de son ingénierie en France. Le constructeur prévoit 800 départs volontaires tout en recrutant de nouveaux profils spécialisés dans les technologies de demain.

L'ingénierie de Renault entre dans une nouvelle phase de transformation. Le constructeur automobile français a annoncé un plan de départs volontaires concernant 800 ingénieurs en France d'ici la fin de l'année 2027. L'essentiel des postes concernés se situe en Île-de-France. Dans le même temps, l'entreprise prévoit de recruter entre 150 et 200 ingénieurs en CDI pour renforcer des compétences stratégiques.
Présenté mercredi aux partenaires sociaux, ce projet s'inscrit dans une réorganisation plus large destinée à rendre le groupe plus rapide et plus compétitif face à une concurrence chinoise qui gagne rapidement du terrain sur le marché européen.
Renault veut transformer son ingénierie pour gagner en compétitivité
Sur les 5 500 ingénieurs que compte Renault en France, 800 pourront quitter l'entreprise dans le cadre d'un dispositif de départs volontaires d'ici fin 2027. Le plan comprend aussi un programme de formation représentant 200 000 heures, la reconversion interne de 500 salariés et des recrutements ciblés dans le logiciel, l'intelligence artificielle embarquée et l'électrification.
Le directeur mondial des technologies de Renault, Philippe Brunet, explique que cette réorganisation vise à "simplifier" l'organisation afin d'améliorer "la vitesse d'exécution".
Selon lui, "Les constructeurs chinois sont en train d’augmenter significativement leurs parts de marché en Europe: c'était moins de 3% en 2024, c'est 8,8% à la fin du mois de mai".
Il poursuit : "Ces parts de marché s'expliquent par des produits avec des contenus technologiques significatifs et des coûts aussi très compétitifs (…) Nous, on doit être capables d'être compétitifs par rapport à cela".
Une réorganisation centrée sur les technologies de demain
Renault entend conserver le développement de ses technologies en interne malgré la pression exercée par les constructeurs asiatiques.
Philippe Brunet rappelle que "on a le défi du temps de charge des véhicules électrique (...) et puis d’autres liés à l’intégration de" l'intelligence artificielle "à la voiture".
Il ajoute également : "parce que c’est l’Europe et notre cœur de marché, notre souhait est d’avoir nos produits avec nos technologies conçues par notre ingénierie. C’est un choix courageux mais mon devoir est en retour d'offrir à l’entreprise une compétitivité sur ces technologies et la performance économique associée". Avant de préciser : "on doit encore aller plus loin dans la transformation".
Le groupe emploie aujourd'hui 11 000 ingénieurs dans le monde, dont la moitié en France, pour un effectif global d'environ 100 000 salariés. En avril dernier, Renault avait déjà confirmé son objectif de réduire de 15 à 20 % ses effectifs mondiaux d'ingénierie d'ici fin 2027.
La CGT a vivement réagi à cette annonce. Dans un communiqué, le syndicat dénonce une "logique de rentabilité" après une baisse de 20 % des effectifs de l'ingénierie française entre 2018 et 2025. Il appelle également "les salariés à s’opposer à cette politique de casse sociale". Un rassemblement est prévu devant le Technocentre Renault de Guyancourt.
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